Nathalie Coutelet
Nathalie Coutelet
A la fin XXe siècle, des artistes noirs commencent à se produire dans le spectacle français. Ils s'inscrivent dans le dialogue entre les cultures et dans le questionnement du système républicain universaliste. Le Clown chocolat, Habib Benglia, Féral Benga, Joséphine Baker en sont quelques exemples. Quelle est la situation des artistes noirs de France, leur traitement médiatique et artistique, leur insertion professionnelle ?
De 1871 à 1936, des débuts de la IIIe République au Front populaire en passant par la « Belle Époque » et les « Années folles », les Folies-Bergère dominent le monde du music-hall parisien. Elles exploitent l'engouement pour les diversités anthropologiques, en mettant l'accent sur l'étrangeté et sur l'anormalité. On peut y applaudir des exhibitions de curiosités, telles que les femmes-canons, les hercules ou les géants, y découvrir des numéros « circassiens » ou redécouvrir la tradition des fêtes foraines avec la présence de femmes à barbe, de contorsionnistes et d'hommes-troncs. Les danseurs, qui deviennent une partie essentielle du spectacle à partir du début du xxe siècle, apportent à leur tour des pratiques nouvelles, étranges tout autant qu'étrangères. Dans ce couple antinomique de fascination et de dégoût se construit l'immense succès des Folies-Bergère et de leur revue à grand spectacle, que l'auteur analyse au prisme de l'attitude de la population vis-à-vis des formes variées de l'étrangeté. Nathalie Coutelet enseigne au département théâtre de l'université Paris 8. Spécialiste du spectacle populaire, elle a notamment publié Démocratisation du spectacle et idéal républicain (2011) et travaille sur l'histoire du spectacle et de la mise en scène au tournant du XIXe et du XXe siècle.