Nicolas Offenstadt
Nicolas Offenstadt
Petit État de 16 millions d'habitants, la République démocratique allemande (RDA) n'a vécu que 41 ans. Née de la guerre froide, en 1949, disparue en 1990, elle n'en a pas moins suscité bien des espérances, celles d'une « autre Allemagne », et nourri de grandes ambitions, y compris sur la scène internationale.Pendant des années, Nicolas Offenstadt a sillonné l'ex-RDA pour écouter ses habitants, observer les traces de ce monde éphémère, et ramasser ses archives abandonnées. Son ambition est de reprendre l'histoire de cette nation dans une perspective globale mais aussi de rendre compte de la façon dont ses citoyens ont subi, modelé ou rejeté les contraintes d'un régime autoritaire, jusqu'à la chute finale. Raconter l'histoire de la RDA, c'est revenir sur un demi-siècle d'histoire européenne et mondiale.Le travail de l'auteur ne s'arrête pas à la chute du mur de Berlin. Il analyse également les années qui ont suivi l'unification et esquisse des réponses aux questions actuelles : que reste-t-il de la RDA aujourd'hui ? Pourquoi ses territoires voient-ils fleurir l'extrême droite ?
L'objet de l'historiographie est d'explorer les conceptions de l'histoire, les pratiques et les manières de faire des historiens : comment ils interrogent le passé, avec quels outils et pour en comprendre quoi. Dresser aujourd'hui un panorama des recherches en histoire, c'est ainsi montrer comment cette discipline s'est constituée au fil du temps, mais aussi présenter l'histoire telle qu'elle se pratique aujourd'hui, en France et dans le monde. La nouvelle histoire mondiale (global history) ou encore l'histoire du genre (gender) illustrent le renouvellement récent des approches. En découvrant la fabrique de l'histoire, cet ouvrage questionne la place de l'historien dans nos sociétés si consommatrices d'histoire(s) et de « mémoire ». Une « Histoire de l'histoire » comme discipline en somme, qui éclaire notre rapport parfois douloureux au passé, et bien souvent aussi notre présent. À lire également en Que sais-je ?... [[Que_sais-je:L'histoire_culturelle-L'histoire culturelle]], Pascal Ory [[Que_sais-je:Le_Paléolithique-Le paléolithique]], Boris Valentin
L'ancienne RDA fascine, tant par son histoire méconnue que par son esthétique. Le nombre et l'ampleur des bâtiments à l'abandon en ex-Allemagne de l'Est frappent le promeneur. Combinats, cités d'habitation, Maisons de la culture... Trente ans après la chute du mur de Berlin, ce paysage fantôme est à lui seul digne d'intérêt tant il raconte d'histoires passées. Mais lorsqu'on pénètre à l'intérieur de ces lieux, c'est tout un monde disparu qui apparaît.L'historien Nicolas Offenstadt a pratiqué une véritable « exploration urbaine » - « URBEX » - en pénétrant plus de 250 lieux fermés, interdits ou délaissés. Il n'y a là aucun défi mais la volonté d'écrire une histoire de l'abandon : un parcours visuel et intellectuel dans l'histoire de la RDA telle qu'elle se donne à voir aujourd'hui. Chaque lieu présenté est éclairé par une analyse, appuyée sur des recherches de première main, des témoignages des anciens de l'Est et les travaux les plus à jour.
Que reste-t-il d'un pays disparu depuis plus de vingt-cinq ans et dont l'effacement est toujours un enjeu social et politique ? Sur les tables des videgreniers, par terre dans les hangars ou dans les entreprises délaissées, la République Démocratique Allemande (RDA, 1949-1990) est aujourd'hui un pays à la brocante, un pays à l'horizontal. Ce livre invite à un voyage sur les traces de ce pays disparu. Dans les usines ou les écoles à l'abandon, il arrive que l'on récupère des dossiers individuels, des empreintes des vies de l'époque. Les traces ce sont aussi les milliards d'objets du temps du socialisme qui ont connu de nouveaux destins depuis la chute du Mur. L'enquête suivra ceux qui célèbrent, aujourd'hui, le souvenir de la RDA, et ceux qui veulent la faire revivre un peu. À travers tous ces chemins, à travers la pratique de l'exploration urbaine (Urbex), l'historien raconte les expériences sensorielles et personnelles de ces troublantes rencontres avec un monde disparu, toujours porté par ceux qui l'ont vécu, proposant ainsi une ample réflexion sur les traces et la mémoire.
« Véritable encyclopédie raisonnée permettant une progression aléatoire et riche » (Page des libraires). La version numérique enrichie du beau-livre best-seller La Grande Guerre : une synthèse vivante, inédite et très illustrée par deux historiens de référence. Les personnages clés, les lieux emblématiques, les objets ou encore les mots qui l'ont accompagnée... Le vade-mecum indispensable pour comprendre la Grande Guerre. Enrichissements inclus :des clips vidéos montrant les lieux emblématiques du conflit ;des clips vidéos montrant les lieux de mémoire du conflit ;des clips vidéos avec des interviews des archéologues du conflit ;des clips vidéos avec des interviews d'artistes et de dessinateurs ayant travaillé sur le thème de la Grande Guerre. Coédition Albin Michel / Comité du Centenaire 14-18. Un ouvrage de la collection EPUB+ Les Beaux-Livres numériques enrichis Albin Michel.
Longtemps, la nation a été le lieu par excellence d'un usage intensif de l'histoire. Elle apparaît aujourd'hui comme une échelle parmi d'autres, souvent moins investie que le local ou le régional et fragilisée par l'émergence de niveaux supranationaux. Cette nouvelle configuration bouleverse l'économie des usages de l'histoire. Il en résulte notamment une concurrence des passés tandis qu'un nouveau type d'historicité se développe dans lequel « rendre présent » voire « sortir du temps » l'emportent sur l'esquisse d'un devenir commun et où le patrimonial prend le pas sur l'historique. La situation des historiens professionnels s'en trouve modifiée. Elle est affectée tant par la démultiplication des producteurs d'histoire que par la concurrence des associations à vocation mémorielle ou patrimoniale. Fondé sur une série d'études topiques, l'ouvrage analyse comment s'opère la confrontation des mémoires et des histoires qui singularise la scène contemporaine et les enjeux historiographiques et civiques qui en découlent.
Et si le Moyen Âge avait inventé sa propre forme de débat public ? Ce livre collectif, dirigé par deux grands médiévistes, interroge la pertinence de la théorie de Jürgen Habermas pour comprendre les échanges politiques.
Les crieurs publics semblent aujourd'hui faire partie du folklore. Ils évoquent le bon temps des communautés de proximité, au point que, non sans nostalgie, la fonction renaît ici et là. Au Moyen Âge, les crieurs avaient en revanche un rôle crucial. Chargés de porter la parole des autorités, le roi, le seigneur ou la ville, ces hommes du « petit peuple » parcouraient les routes, les rues et les places pour annoncer et lire à haute voix les ordres et les règlements. Plutôt que d'envisager ces crieurs publics comme de simples agents administratifs, ce livre défend une thèse : ils sont des acteurs-clés de la politique médiévale. Et la proclamation en place publique, un moment central du gouvernement médiéval. C'est à travers la figure d'un de ces crieurs, Jean de Gascogne, valet de la ville de Laon dans le second xve siècle, que chemine la démonstration. Le défi porte ainsi sur la capacité de l'historien à restituer, au plus près, les pratiques et les expériences de ces gens de peu pour comprendre la possibilité de déploiement d'un véritable espace public, qui laisse place à la critique. Chemin faisant, En place publique donne à voir les expériences possibles de vie des humbles au Moyen Âge, de ceux qui laissent si peu de traces. Jusqu'où peut-on aller pour retrouver les voix du peuple ?
« Rien ne poussera plus sur cette terre » écrit le simple soldat Clerfeuille en évoquant le Chemin des Dames et les ravages de l'artillerie, pourtant deux semaines avant le déclenchement de la fameuse offensive du 16 avril 1917. Après deux ans et demi de guerre, et malgré la défiance de plusieurs généraux, le gouvernement soutient le plan du commandant en chef Nivelle : prendre le plateau du Chemin des Dames, percer le front et l'emporter. Près d'un million d'hommes sont rassemblés pour cette immense opération qui eut des conséquences fondamentales sur le déroulement de la guerre et même au-delà en façonnant le mythe Pétain (celui qui redresse les erreurs de Nivelle). Car, dès les premières heures, la bataille se transforme en un épouvantable calvaire pour les soldats, confrontés à des positions allemandes en contre-haut, bien organisées dans un dédale de galeries et cavernes, insuffisamment détruites par l'artillerie : 135 000 hommes sont hors de combat en dix jours... Les assauts dans la boue et la neige, face à des pentes imprenables, transforment l'espoir en boucherie. L'échec de l'offensive ouvre rapidement la voie à de nombreux débats et discussions et rend la mémoire de l'événement particulièrement trouble. D'emblée très gênante, la bataille ne parvient pas à être nommée. Selon les objectifs elle est bataille de l'Aisne, du Chemin des Dames, offensive Nivelle... On nie d'abord l'échec évident du projet ; on écarte ou minimise l'événement dans l'écriture de la guerre, de nos jours encore, d'autant plus qu'il fut à l'origine des mutineries - ici revisitées - qui secouèrent l'armée française peu après. Pour saisir toute la portée de l'événement, jusqu'à aujourd'hui, il fallait un travail d'équipe : 17 historiens, entre l'archive et le terrain, ont mené une enquête qui est un essai d'histoire totale : tous les aspects de l'expérience combattante sont passés au crible de l'analyse la plus à jour : bombardements, corps à corps, combats aérien ; les bouleversements sur le site même sont étudiés à travers la reconstruction et la constitution du site en lieu de mémoire Sans doute fallait-il aussi la fiction et l'image pour dire ce que fut le « Chemin des Dames » : Didier Daeninckx et Arlette Farge ont prêté leur plume pour y contribuer.