Nicolas Vatin
Nicolas Vatin
Sujets ottomans nés à Mytilène, les frères Oruç et Hayr ed-Dîn Barberousse s'exilèrent au Maghreb en 1513. Ils se firent bientôt un nom dans la course contre les chrétiens mais se distinguèrent des autres corsaires turcs en fondant un royaume d'Alger. En 1519, Hayr ed-Dîn en fit hommage au sultan ottoman et reste son vassal jusqu'en 1533, date à laquelle il le rejoignit à Istanbul. Devenu pacha, directeur de l'Arsenal et à l'occasion commandant de la flotte, il conquit Tunis (temporairement) et les îles de l'Égée, battit une ligue chrétienne à Prévéza et hiverna à Toulon lors de la campagne franco-ottomane de 1543-1544. Mort en 1546, il devint le saint patron des marins ottomans. Sur l'ordre de Soliman-le-Magnifique, Hayr ed-Dîn confia à un certain Murâdî le soin de rédiger sa biographie, les Gazavât-i Hayr ed-Dîn Pasa. C'est un ouvrage de propagande rédigé pour être de lecture plaisante. C'est aussi, avec un complément sur les dernières années du héros dû au même auteur, une source historique exceptionnelle sur les Barberousse, mais également sur les corsaires turcs et la marine ottomane, sur l'arrivée des Ottomans au Maghreb et sur la politique occidentale de Soliman-le-Magnifique. Ce livre fournit la traduction d'après l'original turc ottoman de ce récit qu'on peut lire comme un roman d'aventures, avec des notes et une importante introduction historique qui renouvellent sur de nombreux points nos connaissances et notre compréhension de la geste des Barberousse.
Après avoir dû abandonner ses positions en Syrie, l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem s'installa à Rhodes dans la première décennie du xive siècle. Il y demeura jusqu'en 1522, date à laquelle le sultan ottoman Soliman le Magnifique s'empara de la place après un siège de plusieurs mois. Cette présence à Rhodes et dans son archipel - le Dodécanèse - influença les chevaliers, qui devinrent des pirates redoutés. Ils créèrent un véritable petit État chrétien à la frontière des puissances musulmanes. L'ordre, à la fois religieux et militaire, devait en effet s'opposer à ses voisins « infidèles », mais il avait également à gérer un territoire et une population qui entretenait des liens réguliers et pacifiques avec Turcs et Arabes. Cette situation explique l'importance de l'empreinte des chevaliers à Rhodes, où ils contribuèrent à construire une société et une économie originales. Les témoignages de leur oeuvre architecturale, bien conservés, sont impressionnants. Les chevaliers de Rhodes avaient su créer une « Rhodes des chevaliers », qui se développa au cours de deux siècles d'une histoire mouvementée. « Patrimoine de la Méditerranée » : une collection qui se propose de retrouver l'esprit des lieux, de les faire revivre à travers leur histoire, de susciter l'imagination du passé. Chaque ouvrage, s'appuyant sur les acquis les plus récents de la recherche, s'organise autour d'un thème privilégié.
À l'aube du 29 mai 1453, après un siège spectaculaire de presque deux mois, les troupes du sultan ottoman Mehmed II entraient dans Constantinople, mettant fin à l'empire millénaire de Byzance. Un monde basculait, et Constantinople devint capitale ottomane. L'événement fit à l'époque grande impression et fut par la suite surchargé de significations dans l'histoire universelle : on y voyait notamment, avec la consécration de la puissance ottomane, la fin du Moyen Âge et les débuts de l'époque moderne. Ce livre remet en perspective ce moment catalyseur, et de la façon la plus vivante qui soit : par les textes. Pour la première fois en français, il rassemble les sources grecques, ottomanes et occidentales, mises en contexte et éclairées à la lumière des derniers états de la recherche. Elles témoignent ensemble de la bataille, de ses suites immédiates et de sa postérité à plus long terme, jusque dans ses dimensions légendaires. À partir des points de vue les plus divers, ces textes de ton, de nature et d'origine très différents dévoilent ainsi toute la complexité de l'événement : une invitation à en repenser le sens.