Nicolas Weill-Parot
Nicolas Weill-Parot
Que la violence y ait régné sans partage, que les puissants y aientexercé une impitoyable domination sur les faibles, que la justice y aitété cruelle et expéditive, qu'une religion fanatique y ait régenté la viedes hommes, à peine tempérée par les superstitions les plus extravagantes,qu'on n'y ait eu que de très approximatives connaissancesdans les domaines de la science, de la médecine ou de l'hygiène,qu'on y ait méprisé les femmes et méconnu tout ce qui était étrangeraux frontières de l'Occident, pour la majorité d'entre nous, celane fait aucun doute : le Moyen Âge, interminable parenthèse entreles accomplissements de l'Antiquité et les merveilles de la Renaissance,est le point de référence obligé lorsqu'on veut dénigrer lestemps obscurs auxquels nous avons échappé pour accéder enfin à lamodernité.Autant d'idées reçues que les plus grands spécialistes français de laquestion contestent avec force. Nous permettant d'aller, enfin, à larencontre de cette période charnière dans l'histoire de l'Europe : lemoment où elle s'est constituée, avec des formes de vie politique etsociale qui ont perduré jusqu'à nos jours.
Dans les sources médiévales, le vol humain est rarement abordé de front : la tentative catastrophique du moine anglais Eilmer de Malmesbury, la machine à voler rêvée par Roger Bacon ou la nef flottant au-dessus de l'air imaginée par Albert de Saxe et Nicole Oresme font figure d'exceptions célèbres. Pourtant, cette question des vols fut un véritable défi intellectuel pour la pensée médiévale. Qu'ils soient portés par la force naturelle des oiseaux, par les esprits (âmes, anges ou démons) ou encore par l'ingéniosité humaine, les vols mettent en jeu de riches spéculations explicites ou indirectes. Et ce fut une gageure pour la science scolastique de penser le possible maintien d'un corps lourd dans l'air par projection, grâce au feu ou à l'air chaud, grâce au magnétisme ou par l'effet de l'horreur du vide. Dans cet essai historique original, Nicolas Weill-Parot enquête sur la confrontation de la science avec la magie, la technique ou la théologie. Travaillant au plus près de nombreuses sources, il trace une nouvelle histoire de la pensée du vol dans les airs : celle de la conceptualisation scientifique d'une réalité inaccessible.
L'intersection entre science et technique est-elle, pour le Moyen Âge, scientifiquement pertinente ? Quels rapports établir entre pensée technique et pensée scientifique, qui sont souvent étudiées indépendamment l'une de l'autre ou, au mieux, selon un modèle historiographique hérité du XIXe siècle faisant de la technique une simple application de la science ? Ce volume, réunissant les recherches d'historiens des techniques et d'historiens des sciences, d'archéologues et de philosophes, propose un examen attentif des modalités de ce croisement à travers des contextes et des démarches spécifiques. L'ouvrage embrasse le domaine de la médecine et celui de la construction, la production des draps, des métaux, des alliages métalliques et l'alchimie, la mesure des champs et celle du monde, l'élaboration des instruments scientifiques et celle des machines hydrauliques. - Catherine Verna est professeur en histoire médiévale à l'Université Paris 8. - Joël Chandelier est maître de conférences d'histoire médiévale à l'Université Paris 8. - Nicolas Weill-Parot est professeur à l'École Pratique des Hautes Études.