Nicole Fouché
Nicole Fouché
Cet ouvrage, fruit d'un doctorat soutenu, en 1987, à Paris-I, est une étude quantitative et qualitative de l'émigration alsacienne aux États-Unis de 1815 à 1870. Il dresse une sociologie et une géographie du phénomène. Il s'intéresse à toutes les étapes de l'émigration : départ, traversée, installation. Malgré toutes les difficultés qui caractérisèrent à l'époque, l'émigration aux Etats-Unis, les Alsaciens, tout au long du XIXe siècle, restèrent fidèles à cette destination. Ils avaient de bonnes raisons de quitter l'Alsace, mais, surtout, ils prenaient pied dans un pays où les chances de développement économique ainsi que de progrès social étaient très ouvertes et très réelles. L'épisode de la colonisation du Texas par Henri Castro ne représente que 4% de l'émigration alsacienne aux États-Unis : l'importance de cet intermède mouvementé et haut en couleur se mesure plus à sa dimension symbolique qu'à sa réalité objectivement quantifiable.
Les Français émigrent-ils ? Où vont-ils ? Quels sont les Français qui émigrent ? Paysans ? Artisans ? Citadins ? Ruraux ? Autant de questions que l'on peut se poser auxquelles la présente étude lente d'apporter quelques éléments de réponse. Étant donné Faire sur laquelle opère le C.R.H.N.A., priorité a été accordée aux Etats-Unis et au Canada, auxquels sont consacrés la plupart des articles. Il a pourtant semblé intéressant de dépasser ce cadre géographique du côté de l'Algérie, afin de faciliter une approche comparative. Restreindre l'étude aux seuls États-Unis aurait limité le phénomène migratoire au risque de le déformer, voire de le trahir. Cet ouvrage présente plusieurs méthodes d'investigation du phénomène « émigration française » : essai statistique sur la série des passeports de Bordeaux, histoire orale et interview des Basques de Baïgorri, analyses de sources variées et jusqu'à ce jour peu ou pas utilisées telles que les archives militaires (arrondissement de Sarrebourg en Lorraine), archives de la police parisienne en 1848, celles de la préfecture de la Seine. Les auteurs ont aussi utilisé des sources plus classiques, celles du mini stère des Affaires Étrangères, les séries M des Archives départementales, et des sources imprimées (récits et commentaires de voyageurs français aux États-Unis) pour en tirer des informations nouvelles sur l'émigration française. La variété des sources et les différentes méthodes d'approche font l'originalité du présent volume. Elles contribuent à donner une image concrète de l'émigration et montrent bien les différentes voies d'accès à la connaissance du sujet.
Seconde moitié du XIXe siècle. Sous l'impulsion de l'Anglaise Florence Nightingale qui s'était distinguée lors de la guerre de Crimée, la profession d'infirmière connaît un formidable élan progressiste. Elle vit même une révolution essentielle : fondation d'une véritable formation, nouvelles méthodes de travail, encadrement accru permettent alors au métier de gagner en efficacité, en professionnalisme, en cohésion. Une mutation qui inspirera rapidement les États-Unis et des femmes américaines progressiste qui promouvront à leur manière ces idées et se feront un devoir et une mission de les transmettre. Ce sera le cas, mais plus timidement, en France, grâce à l'action de la Française Anna Hamilton. Hélas, loin de s'imposer dans l'Hexagone, notamment aux lendemains d'une Première Guerre mondiale qui a pourtant permis de prendre conscience des avancées anglo-américaines dans le domaine du soin, ce modèle ne sera pas entièrement repris. Pour quelles raisons ? Retour sur l'histoire de la profession d'infirmière de part et d'autre de l'océan à travers les liens transatlantiques, les débats d'idées, les idéologies sous-jacentes, le genre et les appartenances religieuses qui s'affrontent.
Sans Europe, pas d'États-Unis ni de Canada..., sans ces derniers, plus d'Europe très vraisemblablement, et depuis longtemps. Car si le Vieux Continent et l'Amérique du Nord ne constituent pas une communauté transatlantique, ils sont néanmoins depuis plus de cinq siècles intimement et pour ainsi dire existentiellement liés. Au-delà du rappel des faits marquants dans l'ordre militaire et diplomatique, les auteurs décrivent les mouvements migratoires, les flux commerciaux et financiers, les transferts culturels et les représentations mutuelles des deux espaces. Ils mettent en lumière le mouvement de balancier qui, depuis toujours, voit ces espaces s'attirer ou se rejeter, et se construire l'un par rapport à l'autre. Cet ouvrage qui conjugue histoire et étude des civilisations aborde un pan fondamental de l'étude des relations internationales et apporte un éclairage nouveau sur le couple Amérique du Nord/Europe. Jacques Portes est professeur d'histoire nord-américaine à Paris 8. Nicole Fouché est chargée de recherches du CNRS à l'EHESS-CENA. Marie-Jeanne Rossignol est professeur de civilisation américaine à Paris VII. Cécile Vidal est maître de conférences à l'EHESS-CENA.