Olivier Sylvestre
Olivier Sylvestre
Après dix années passées dans l'antre de la bête, un intervenant nous ouvre la porte de son centre de répit pour toxicomanes, avec sa sonnette stridente et sa vitre pare-balles, sa lasagne, ses larmes et ses espoirs fous, malgré tout. Au contact de multiples vies marquées par la rue, la consommation, l'abandon, Olivier nous entraîne dans leur univers déconstruit. Chronique fabriquée, mémoires imaginaires, impossibles chevauchées dans les rues de Montréal, ces récits sont ceux d'un intervenant à tout jamais transformé par les moments surréalistes qu'il a partagés avec ces êtres plus grands que nature, pendant un petit vingt-quatre-quarante-huit heures. Et de toutes les fois où il a reconnu une part de lui-même en eux.
À plusieurs rassemble quatre pièces créées par et avec des jeunes dans différents contextes d'écriture et de médiation culturelle. Il est spécialement conçu pour des pédagogues à l'affût d'une parole vive et décomplexée, foncièrement jeune et animée du désir d'aimer et de vivre en liberté, dans un monde en sursis. Dans Je voudrais te dire que, le discours de 23 interprètes est enfin livré sans fard aux adultes qui gouvernent leur vie. Dans L'Aquarium, ce sont une douzaine d'ados en sortie scolaire qui affrontent l'incapacité de révéler leurs sentiments à l'être aimé. Dans Un deux trois quatre cinq six, une soirée entre amis vient sceller le destin du groupe après qu'un nouveau se retrouve victime d'une mauvaise blague. Et dans Malika a disparu, la disparition d'une influenceuse vient bouleverser le quotidien de ses suiveurs, forcés de tout confesser. Ces pièces résultent de la mise en commun des idées et des envies des jeunes qui ont contribué à les écrire ; elles permettent de faire connaître la scène à un grand groupe d'interprètes, que ceux-ci soient élèves, étudiant·es en art dramatique, participant·es à des troupes amateurices, ou désirant échafauder à leur tour leur propre matière à jouer.
Dans un geste d'autodéfense salutaire, deux jeunes femmes se créent un forum en ligne et se promettent de ne plus jamais quitter leur caméra. Or, leur espace féminin suscite la convoitise et elles en perdent le contrôle et les codes de conduite. Chacun veut son bout de cette « île impénétrable »... qui le devient de moins en moins. Par un habile jeu de mise en abyme, Les sentinelles met en scène la naissance et la mort d'un forum, lieu de réclusion virtuel où on pense être « bien plus en vie que le monde dehors ». Mais qui comprend vraiment les rouages de ces univers en marge de la vie, ces réseaux et ces applications auxquels nous vouons le plus clair de nos existences ? Et est-ce réellement possible de s'en affranchir ?