Patrick Ferryn
Patrick Ferryn
Les ouvrages d'archéologie mystérieuse foisonnent. Si leurs auteurs ont bien l'intuition d'un passé fabuleux, ils s'y prennent souvent maladroitement pour en convaincre le lecteur. Il est essentiel, croyons-nous, d'établir avant tout une sorte de catalogue signalétique des grandes énigmes. Ainsi, pour essayer de comprendre le fait mégalithique, il est bon, d'abord, d'analyser au maximum les caractéristiques remarquables de certains sites, comme Stonehenge ou les alignements hollandais. Pour comprendre les pyramides d'Égypte, il faudrait aussi s'enquérir de la personnalité des pharaons, des caractéristiques de leurs règnes, des problèmes de chronologie, et retenir les mesures réelles aux dépens des élucubrations. Et pour situer les pièces à conviction que sont la mécanique d'Anticythère, les piles de Bagdad, les disques pî ou ceux de Bayan-Khara Uula, il faut d'abord rassembler tout ce que nous en savons au juste. Cela a paru en son temps, mais dispersé au hasard des publications -pas toujours en rapport avec l'archéologie d'ailleurs-, et souvent sans retenir l'attention. Le travail du groupe de recherche KADATH est précisément de retourner aux sources. L'archéologie mystérieuse ne risque rien ; plus on la déblaie de ses scories, plus apparaît le véritable fantastique, celui de la réalité : connaissances astronomiques venues on ne sait d'où, traditions faisant état d'événements impossibles pour l'époque, constructions cyclopéennes. Après lecture de cette anthologie-loin d'être exhaustive-mais après seulement, on est en droit de rêver sur ces dieux qui laissèrent partout leur empreinte sur des populations médusées.
En bordure de la montagne bourbonnaise, à 25 km à l'est de Vichy, le hameau de Glozel devint tout à coup célèbre au printemps de 1924, lorsqu'un jeune cultivateur, Émile Fradin, découvrit des objets néolithiques en labourant un champ. Ce site fut considéré comme l'un des « faux » archéologiques les plus célèbres. Mais cette opinion, longtemps partagée par la majorité des archéologues et par le grand public, a été remise en question, à partir de 1974, grâce à une nouvelle méthode d'analyse : la thermoluminescence. Si les nouvelles datations semblent avoir authentifié le gisement de Glozel, elles n'ont pas permis d'en percer le secret : les céramiques et les ossements couverts de signes inconnus, les représentations d'animaux anachroniques gardent tout leur mystère. Faisant le point sur cette mémorable controverse, qui divisa le monde savant de l'entre-deux guerres, les auteurs de ce livre font revivre l'historique de l'affaire de Glozel. Une affaire qui sortit largement du cadre des préoccupations scientifiques, et qui prit parfois des allures de roman policier. Ils se penchent sur la mystérieuse écriture et, passant en revue les objets les plus caractéristiques du musée d'Émile Fradin, ils suggèrent aux lecteurs de nouvelles théories.