Paul Aron
Paul Aron
Poète, romancier, plasticien et grand voyageur, Christian Dotremont (1922-1979) est une figure majeure des avant-gardes européennes de la seconde moitié du XXe siècle. La critique et les études littéraires ont abondamment commenté le rôle cardinal qu'il a joué dans la création et l'animation de CoBrA, la richesse d'une oeuvre aimantée par la révolution, la maladie et l'amour, de même que le coup de génie qui fait aujourd'hui son renom : le logogramme. Réunissant des spécialistes de diverses disciplines, le présent ouvrage fait le pari d'explorer des aspects moins connus de son parcours créatif et propose une série d'études caractérisées par le décentrage ou le changement de focale. Certaines dévoilent les effets de contexte informant les pratiques d'exposition et le travail graphique de Dotremont, qui gagnent à être repensés dans l'historique du curatorial et du linguistic turn. Aux côtés de réalisations telles que ses inventions typographiques, des contributions mettent en lumière un ensemble de projets inaboutis : ainsi le mur Cobra-Forêt, des tentatives d'incursion dans le monde du cinéma expérimental ou des recherches autour des graphismes musicaux. D'autres encore, centrées sur les premiers logogrammes ou les portraits photographiques du poète, permettent d'introduire une distance - ou une certaine nuance - quant aux mythologies qui entourent Dotremont, dessinant le profil d'un artiste qui affiche sa spontanéité tout en restant pleinement conscient de ses moyens et de son image. Richement illustré, augmenté de lettres inédites et de textes retrouvés, ce volume exploite la manne documentaire que fournit le fonds Christian Dotremont, confié aux soins des AML par la Fondation Roi Baudouin. La collection Archives du Futur fut dirigée par Marc Quaghebeur de 1979 à 2018. Elle est actuellement dirigée par Laurence Boudart et publiée sous la responsabilité des Archives & Musée de la Littérature.
De l’artisan au médecin, en passant par l’enseignant ou l’ouvrier, Les poètes de métier révèle un pan méconnu de l’histoire littéraire : celui des hommes et femmes qui, tout en exerçant un métier, ont choisi de célébrer leur quotidien en vers.
De tous les mouvements artistiques qui ont marqué l'histoire du XXe siècle, le surréalisme est celui qui s'est imposé le plus durablement dans l'imaginaire collectif. Son projet était, il est vrai, d'une envergure rare : ses artistes se sont lancés dans une quête sans fin, qui permettrait de « changer la vie » sous toutes ses formes.Voici 100 mots, comme 100 « repères », pour présenter les priorités cardinales du surréalisme, les moyens de son existence, les formes de son organisation, en France et aussi à l'étranger. Cent mots, d'« aphorisme » à « tracts », d'« érotisme » à « scandale », pour restituer la diversité et la richesse du mouvement fondé par Breton, Aragon, Éluard et leurs amis proches. Un mouvement littéraire, mais aussi politique sans être inféodé, ouvert aux arts plastiques, au cinéma, à la photographie, et à toutes les formes de la pensée et de l'inconscient.
Établissant passerelles et connexions entre toutes les composantes de la création théâtrale - écriture, jeu d'acteur, scénographie, mise en scène, idéologies, contexte économique et politique - ce livre, publié à l'initiative du Théâtre national de la Communauté française de Belgique, tente d'écrire l'histoire globale d'un art fondamentalement complexe et collectif. Au fil d'une approche chronologique en quatre périodes, de 1830 à nos jours, l'ouvrage de synthèse de Paul Aron montre comment, après avoir subi pendant longtemps l'influence des tournées parisiennes et du théâtre français, le théâtre belge de langue française progressivement s'émancipe et s'affranchit. Paul Aron (né à Bruxelles en 1956), est enseignant-chercheur de littérature belge et française. Docteur en philosophie et lettres de l'Université libre de Bruxelles, il est directeur de recherche au Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) et professeur de littérature et théorie littéraire à l'Université Libre de Bruxelles. Il s'intéresse à l'histoire de la vie littéraire, principalement des xixe et xxe siècles, aux relations entre les arts et entre la presse et la littérature.
Le pastiche est mal considéré dans le monde des Lettres parce qu'il va à l'encontre de l'esthétique de l'originalité qui domine depuis le romantisme, et qu'il a souvent été lié avec les genres « bas » (comique et burlesque) heurtant le « bon goût ». Ce livre s'attache à en réévaluer l'histoire en considérant le pastiche, non plus seulement comme une tournure d'esprit individuelle ou une éphémère transgression ludique des grands modèles, mais comme une attitude constante dans la vie littéraire française. On découvre alors des pratiques qui perdurent depuis la Renaissance ou, plus exactement, depuis que des auteurs « modernes » sont devenus la cible de leurs contemporains. Le pastiche touche à des questions essentielles concernant l'art, le style, les transformations d'un texte, le statut social des auteurs, l'identité des écrivains. Un sujet transversal, aussi passionnant que peu abordé.
Présenter le symbolisme comme un mouvement littéraire, principalement poétique de la fin du XIXe siècle n'est pas faux mais terriblement réducteur. En matière d'analyse des mouvements culturels, on distingue les appellations littéraires intrinsèques, celles revendiquées par les acteurs eux-mêmes (comme le Parnasse ou le surréalisme), des appellations extrinsèques, construites après-coup par la critique (comme le classicisme ou le préromantisme). De ce point de vue, seul le symbolisme littéraire a effectivement adopté ce nom - mais de manière peu structurée et avec beaucoup de scepticisme. Pour autant, nous ne pouvons ignorer les autres arts dont les oeuvres ont été consacrées comme symbolistes par l'usage contemporain, ni faire l'impasse sur les effets de modes autour de certains thèmes et manières qui relèvent du symbolisme.Au travers de 100 notions clés, cet ouvrage permet de mettre en perspective ce qui, de Mallarmé à Claudel, de Verlaine à Maeterlinck, de Wagner aux Préraphaélites, structure le mouvement symboliste, en marque les choix esthétiques et techniques, les obsessions, les territoires, les thématiques.
L'enseignement littéraire serait en crise. Cet ouvrage souhaite montrer la nécessité de cet enseignement, à la fois comme facteur d'épanouissement personnel et comme plaisir. Il en retrace l'histoire, en développe les enjeux pour notre temps présent. C'est un plaidoyer constructif et enthousiaste en faveur de l'enseignement littéraire.