Paul Feval Fils
Paul Feval Fils
Paul Féval fils (1860- 1933) H. J. Magog (1877-1947) "Dans la lumineuse spirale de l'escalier de verre descendant de la terrasse une gracieuse silhouette s'enfonçait, se fondait, devenait de plus en plus vague ; elle cessa d'être distincte au bout de quelques minutes, quand l'épaisseur des dalles de cristal de plusieurs paliers successifs se fût interposée entre elle et les yeux admiratifs qui la suivaient. Alors, Jean Chapuis releva la tête, s'éloigna de quelques pas et vint s'accouder au bord de la terrasse de la Villa féerique, demeure du célèbre Oronius, le savant père de cette exquise Cyprienne qui venait de le quitter et dont il était l'heureux fiancé. À ses pieds - c'est-à-dire au bas des hauteurs de Belleville sur lesquelles était érigée la troublante Villa de cristal, où se trouvait le laboratoire du plus grand et du plus mystérieux des savants - le Paris du vingtième siècle s'étendait. La vingt-deuxième heure venait de sonner. Aux époques périmées on eût dit : c'était la nuit... Mais, la nuit existait-elle encore pour la capitale des États-Unis d'Europe, parée, grâce à la science d'Oronius, de tous les miracles consécutifs aux adaptations de ses merveilleuses découvertes ? Du haut de la Tour de 1500 mètres, - qui avait remplacé la légendaire Tour Eiffel, timide essai d'une science métallurgique à ses débuts, un soleil artificiel projetait sur toute la vallée de la Seine les torrents d'une lumière aussi éblouissante que celle du jour." Dans le Paris de l'an 2000, Jean Chapuis travaille avec le célèbre et mystérieux Oronius afin de rendre le monde meilleur. Il est fiancé avec Cyprienne, la fille du savant. Tout allait pour le mieux jusqu'au jour où un ancien rival d'Oronius, Otto Hantzen, décide de "refaire le monde" selon ses critères...
Paul Féval fils (1860-1933) "Le 30 mars 1577, vers les six heures du soir, la route qui conduisait alors de l'ermitage de Meudon à Paris, en passant par le village de Vaugirard, était suivie par trois groupes de voyageurs qui semblaient n'avoir entre eux aucun lien. Le premier de ces groupes se composait de quatre personnes à cheval ainsi disposées : en tête un vieil écuyer, au milieu deux dames, en queue une suivante. Comme celles dont il conduisait la marche, l'écuyer Cortansio, - un homme de soixante ans d'âge, pour le moins, - était couvert du haut en bas d'une épaisse couche de poussière, preuve que le voyage, s'il touchait à son terme, avait été commencé depuis de nombreux jours. Des deux dames allant côte à côte derrière ce peu redoutable défenseur, l'une se tenait droite et imposante sur sa selle, rehaussant encore, s'il est possible, la majesté d'un buste aux admirables proportions ; l'autre, sans être plus petite, n'avait pas le même port altier. C'était Mme la marquise de Villeneuve-Marsan et sa fille Solange." Amour et complots à la cour du roi Henri III. Ier tome : "Les mignons du roi" 2e tome : "La trinité diabolique" Série de 4 tomes
Paul Féval fils (1860-1933) "Sur la route d'Espagne, vers minuit, la lune éclairait la galopade furieuse de nombreux cavaliers. On était en septembre 1718. Le temps était beau, les chemins ne se creusaient pas de trop d'ornières, et les chevaux pouvaient fournir tous leurs moyens. Ils galopaient si vite dans la nuit, sous les blafards rayons, qu'on eût cru voir passer une de ces chevauchées de la Mort des vieilles légendes d'Allemagne. Les rares paysans debout à cette heure se signaient en tremblant, et les bandes de malandrins qui, à cette époque, ne marchaient et n'agissaient que dans l'ombre, s'écartaient, ne cherchant pas même à tirer leurs rapières pour attaquer. Bien leur en prenait, d'ailleurs, de se tenir sur cette prudente réserve, les bons soins à donner à leur sécurité personnelle leur ayant dès longtemps enseigné le devoir de n'agir qu'à coup sûr et sans danger. Il y avait deux troupes : l'une de poursuivis, l'autre de poursuivants." Paul Féval fils continue les aventures du Bossu, héros créé par son père Paul Féval. Le chevalier de Lagardère, accompagné de ses deux acolytes Passepoil et Cocardasse, se lance à la poursuite du prince de Gonzague qui a enlevé Aurore... A suivre : "Mariquita"
Paul Féval Fils (1860-1933) "Avant 1789, le voyageur qui entrait dans Paris par la route de l'Est, après la traversée du remuant et populeux faubourg Saint-Antoine, se trouvait soudainement saisi par une vision lugubre. Derrière une ceinture de fossés où stagnait une eau verdâtre, s'érigeait une titanique construction dont les pierres, noircies par quatre siècles, oppressaient lourdement les alentours. Cela avait la forme d'un immense sarcophage. Huit tours crénelées nouaient la ceinture des courtines et un bastion triangulaire poussait sa pointe vers le faubourg. C'était la Bastille. Vieille forteresse, élevée jadis contre l'Anglais, et qui, après avoir défendu Paris, semblait maintenant le menacer. Richelieu, en effet, inaugurant en cela, comme en toutes choses, venait de transformer l'antique château royal en une prison d'État. Qu'est-ce que cela, une prison d'État ? Tout simplement un lieu sûr où, pendant trois siècles, les maîtres du jour - ministre ou favorite - pourront envoyer, selon leur bon plaisir, quiconque gêne ou déplaît. Point de procès, point de formalités embarrassantes... surtout point de bruit. On entre là parfois sans savoir pourquoi ; on reste sans savoir jusqu'à quand ; et si l'on en sort enfin, c'est sans savoir comment." Tome III Suite de "Martyre de reine"
Paul Féval fils (1860- 1933) H. J. Magog (1877-1947) "Dans le laboratoire du savant Oronius, un haut-parleur vibra et retentit. Une voix de stentor jeta ces mots : - Nous sommes sur la piste... Mais en quel étrange pays !... Et brusquement la voix s'interrompit ; un bruit de friture suivit, décevant Oronius qui haletait. Le savant ne venait-il pas de reconnaître la voix de son fidèle serviteur Laridon, parti depuis des semaines, en compagnie de son noir acolyte, Julep, le nègre pommelé, à la recherche de Jean et de Cyprienne Chapuis, le gendre et la fille du savant, disparus au cours d'un voyage aérien. Le son de cette voix familière avait donné un instant de joie et d'espoir au père angoissé. Enfin ! il allait savoir !... Et voici que la communication s'interrompait, manifestement coupée ou « brouillée » sur cette exclamation énigmatique et bien faite pour aiguillonner l'angoisse du père : - En quel pays étrange !... De là à conclure que Jean Chapuis et Cyprienne se trouvaient engagés dans une aventure terrifiante et qu'ils couraient des dangers, il n'y avait qu'un pas, déjà franchi par l'imagination du savant. Ce qui l'affolait et l'inquiétait surtout, depuis qu'il était sans nouvelles de ses enfants, c'était l'impuissance inexplicable de ses ordinaires moyens d'investigation psychique. Aidé de ses merveilleuses découvertes, son puissant esprit rayonnait ordinairement dans l'espace, s'y promenant au gré de sa volonté et suffisant à toutes les investigations. Mais, cette fois, il ne découvrait rien... il ne voyait rien..." Cinquième et dernier mystère de demain. Laridon et Julep partent à la recherche de Jean et Cyprienne qui ont disparu...
Paul Féval fils (1860- 1933) H. J. Magog (1877-1947) "Au commencement du vingt-et-unième siècle, personne ne l'ignore mais nous nous permettons de le répéter pour le cas où certains l'auraient oublié, l'agglomération Yokohama-Tokio était devenue l'une des capitales les plus modernes du monde. Son importance et le développement qu'elle avait pris ne venaient pas seulement du rang occupé par le Japon dans le monde asiatique. - Et c'était le premier rang puisque l'ancien Mikado portait présentement le titre de Président des États-Unis d'Asie. - Mais ils découlaient encore du fait que la puissante république, après avoir ressuscité et galvanisé l'indolence des jaunes, marchait en tête de la Civilisation. Autant que Paris ou Londres, plus que Rio-de-Janeiro ou New-York, Yokohama était donc une ville cosmopolite. C'est dire que le moindre événement y attirait une foule bigarrée, comptant autant d'Européens que d'Asiatiques, sans parler des Américains, des Australiens et des Africains de toutes couleurs. Telle était celle qui se pressait certain après-midi dans la plus spacieuse des salles de l'Hôtel des Ventes. Les vastes proportions de cette salle avaient déterminé ce choix, et il s'expliquait encore non seulement par l'énorme affluence de public, mais aussi à cause des dimensions de l'objet qui allait affronter le feu des enchères. Long d'une douzaine de mètres, large de deux, avec une hauteur égale, une sorte de monstre fossilisé s'allongeait, dans un box surélevé de trois marches, au milieu de la foule des curieux." "Les mystères de demain" III Le "Snaky", vaisseau de Hantzen et Yogha, les ennemis du savant Oronius, va être vendu aux enchères... Celui-ci désire l'acquérir mais un vieux fakir le convoite également... De nouvelles aventures en perspective...
Paul Féval fils (1860- 1933) H. J. Magog (1877-1947) "- Un vrai miroir ! Si c'était gelé, ça ferait une patinoire épatante. Par malheur, le temps n'est pas à la gelée. Ça, non ! Penché vers la mer, en prononçant ces mots, avec une nuance de regret, le personnage qui traduisait ainsi à haute voix ses impressions de voyage, s'épongea le front. Le groupe cosmopolite qui l'entourait opina du bonnet. Groupe cosmopolite, avons-nous dit. Il se composait, en effet, d'une jeune Chinoise, d'un singulier nègre et d'un fort gracieux spécimen de la race blanche. La Chinoise se nommait Mandarinette. Nous aurons bientôt à préciser dans quelles circonstances bizarres elle avait été introduite en cette société. Le nègre, lui, avait nom master Julep ; son corps, jadis uniformément noir, comme doit l'être celui d'un honnête descendant de Cham, présentait d'étranges bigarrures qui faisaient de sa peau une carte d'échantillons de toutes les couleurs. Il devait cette originale enveloppe non à des teintures superficielles, mais bel et bien à des essais de décoloration de la peau, pratiqués sur lui par son maître, le plus grand savant de cette époque. D'ailleurs, constatons-le, Julep était on ne peut plus fier de sa polychromie." Les mystères de demain II. Après les événements auxquelles ils ont échappés, Jean et Cyprienne, accompagnés de leur fidèle groupe, partent en croisière pour retrouver le savant Oronius, père de Cyprienne. Celle-ci ne croit pas qu'il soit mort dans l'explosion de son laboratoire et qu'il l'appelle...
Paul Féval fils (1860-1933) "Plus loin que la courtille du Temple, au delà des villages de Popincourt, de Bagnolet et de Belleville, en un site sauvage et tourmenté, se dressait, à cette époque, le massif squelette du château de Chaumont. Bâti par Adhémar de Roye, en 1364, et déjà plus que délabré à l'avènement de François Ier, ce fief féodal avait été définitivement livré aux corbeaux et aux hiboux, après la mort du dernier seigneur de Roye, tué à Marignan. De 1515 à 1569, Chaumont, continuant à s'effriter, ne reçut aucune visite marquante, tout ce qu'il recélait de précieux ou d'utile ayant été déménagé depuis longtemps et les pillards les plus audacieux ne se souciant guère d'aller se risquer sous ses murailles branlantes. Mais, en cette dernière année, une nombreuse troupe de bohémiens était venue s'y installer. Elle s'était emparée de cette ruine sans aucune autorisation et, durant des mois et des mois, chacun s'était employé à consolider les parquets, à redonner du jeu aux herses, à étayer ce qui restait encore debout. Bien plus, sur les indications de la reine gipsy, une femme à la beauté troublante, la tribu s'était employée à pratiquer un travail mystérieux dont le résultat devait porter l'effroi aux alentours. Un soir, en effet, le lac situé sous les murs du château s'était soudain éclairé comme si une lumière diabolique se fût allumée sous ses eaux." Complots et amours dans le royaume du roi Henri III. 3e tome : "L'homme au visage volé" 4e tome : "L'éborgnade" Série de 4 tomes
Paul Féval fils (1860-1933) "Au mois de mai 1844, mourut, à Paris, un vieil homme immensément riche, qui portait sans bruit un nom des plus illustres. Il possédait, en Valachie, toute une population de paysans serbes et tziganes qui cultivaient ses domaines, vastes comme un royaume, mais il vivait, seul et triste, dans une toute petite chambre d'un vieil hôtel, situé rue Pavée, au Marais. Bien des gens croyaient qu'il était seulement un maigre locataire dans cette maison quasi-royale, cousine du Louvre, et qu'un Valois avait fait bâtir, au XVIe siècle, pour le fils de la plus charmante créature qui ait été jamais la maîtresse d'un roi. On l'appelait le bonhomme Michel, tout court, mais ses lettres de décès invitèrent l'élite du faubourg Saint-Germain aux « convoi, service et enterrement du haut et puissant prince Michel Paléologue. » C'était, ce bonhomme, le descendant direct des empereurs d'Orient. Peu de jours avant sa mort, une autre cérémonie avait réuni une demi-douzaine de témoins dans sa chambre à coucher. Il y avait là un Courtenay de la branche grecque, deux Comnène, un Lusignan et un Rohan. Deux évêques, dont l'un appartenait au rite catholique grec et l'autre à l'Église catholique romaine, étaient présents, revêtus de leurs habits pontificaux." En 1907, ce roman a été réédité avec comme auteur : Paul Féval fils. En réalité c'est un roman écrit par Paul Féval père et édité, pour la première fois, en 1875.
Paul Féval fils ( 1860-1933) "La Grange-Batelière avait commencé par s'appeler la Grange-Bataillière (Granchia-Batiliaca), en souvenir, dit le moine Abbon, du Champ-de-Mars qui, au IXe siècle, s'étendait dans tout l'espace compris entre Montmartre et Paris. Vers l'an 1620, ce champ de joutes ayant disparu, la dénomination de Bataillière n'avait plus sa raison d'être, et peu à peu se transforma en Grange-aux-Bateaux ou Batelière. Le motif en est facile à trouver. La Grange était, en effet, située au milieu des terrains bas et marécageux où se réunissaient tous les petits ruisselets descendus des Prés-Saint-Gervais, mais surélevée elle-même, elle était entourée d'eau remplissant les anciens fossés et semblait bâtie dans une île. La Grange-Batelière était alors le rendez-vous des Parisiens qui voulaient faire une partie de campagne. Pour y parvenir, on hélait la fille du fermier, - laquelle était fort jolie, suivant la chronique, - et celle-ci venait vous passer sur un bateau peint en vert. On trouvait chez elle du pain, du beurre, du lait, des oeufs, des poulets et du jambon, en assaisonnant le tout de gaieté et d'amour, les parties à la Grange-Batelière étaient délicieuses. Au XVIe siècle, dans ce fief important qu'était la propriété du comte Guy de Laval, on y faisait une grande consommation de pâtisseries et de vin du cru, et la Grange-Batelière devint, de ce fait, la Grange au Gastelier. Sous Louis XV, elle avait repris son nom ordinaire, mais le grand égout, qui avait remplacé le ruisseau de Montmartre, au lieu d'assainir le quartier déjà si marécageux, n'avait fait qu'y apporter des émanations fétides." Fait suite au diptyque "Les chevauchées de Lagardère" - "Mariquita". Cocardasse et Passepoil, les fidèles amis de Lagardère, ont fort à faire avec de nombreux spadassins soudoyés par le prince de Gonzague qui continue à comploter avec son factotum Peyrolles....
Paul Féval fils (1860-1933) "Sur une des places de l'orgueilleuse Burgos, patrie du Cid, un cercle s'était formé autour de deux jeunes filles, des gitanitas. L'une d'elles dansait à ravir le fandango et, pour l'admirer, il n'y avait pas que des muletiers, des aguadors et des duègnes : l'hôtel de la Capitainerie générale avait toutes ses fenêtres ouvertes, garnies de señoritas qui jetaient des piécettes blanches et cessaient de jouer de l'éventail pour applaudir. Burgos aime la musique, le son des tambours, les clochettes qui tintinnabulent. La légende du Campéador a mis dans le coeur de chacun de ses habitants une poésie vague qui, ne trouvant pas toujours à rythmer le cliquetis des é
Paul Féval Fils (1860-1933) "La semaine sainte de 1682 allait s'achever. Les cloches de Guastalla étaient parties pour Rome, afin de recevoir la bénédiction pontificale, et les petits enfants regardaient avec curiosité les campaniles de la cité ducale, en se demandant si vraiment leurs sonores habitantes en robe d'argent ou de bronze avaient pris le chemin des alouettes et des pigeons. Les parents, qu'ils fussent riches ou pauvres, disaient, en hochant tristement la tête : - Pourvu qu'elles ne reviennent pas juste à point pour sonner le glas de Monseigneur le duc ! On dit qu'il va bientôt passer ? Ceux qui, ce soir-là, traversaient la place Santa-Croce se signaient en regardant le palais ducal où se mourait lentement le bon vieux seigneur. Les derniers rayons d'un couchant printanier glaçaient de rose la façade de marbre blanc où ne s'éclairait encore aucune fenêtre. - Un jeune homme est arrivé tantôt de France, affirmaient certains notables. C'est peut-être un médecin de la Cour... À Versailles, tant de savants défendent les jours de Sa Majesté Louis XIV... S'il allait sauver notre bien-aimé suzerain ? D'autres disaient : - C'est le fils de ce vilain Monsieur de Peyrolles. C'est « tout craché » le portrait de ce birbante ! Que le diable les crève !" Paul Féval Fils reprend les aventures du célèbre héros "le Bossu" créé par son père.
Paul Féval Fils (1860-1933) "Resté seul, Richelieu se redressa. Floué ? oui. Vaincu ? non ! Si, par la fuite du Chevalier, la reine lui échappait encore une fois la partie n'était pas finie. À vrai dire, il semblait difficile, après tout ce temps perdu, d'empêcher les fugitifs de franchir le détroit. Mais le pouvoir du grand ministre ne tombait pas aux frontières. En Angleterre, il avait des moyens d'action qui, pour être occultes, n'étaient pas moins terribles, bien au contraire. La conversation qu'il venait d'avoir avec l'amie de Mazarin lui hantait l'esprit. - Cette comtesse de Suttland est à moi maintenant. La lettre que porte à son frère M. d'Artagnan contient des arguments sonnants qui m'assurent de Mac Legor. Par lui, j'ai Cromwell et ses Puritains. « C'était fatal, les enfants du vieux laird Mac Diarmid devaient être à moi. Tel père... Un sourire funèbre passa sur la sombre figure du maître. - J'y songe, Mazarin paraît en savoir long sur ce petit Chevalier, il m'a demandé le silence à son sujet devant la comtesse. Donc, elle le connaît, ou s'y intéresse." Tome IV. Suite de "Le secret de la Bastille" et fin du cycle "D'artagnan contre Cyrano".
Paul Féval Fils (1860-1933) "Sous la garde bienveillante et discrète du lieutenant d'Artagnan, la duchesse de Chevreuse s'acheminait sur Saint-Germain-en-Laye. L'amie d'Aramis portait encore son costume de cavalier, le vêtement sombre de M. Bernard. Depuis leur départ de Berny, sa prisonnière n'avait plus desserré les lèvres. Il la sentait absorbée par une préoccupation secrète, à laquelle il ne devait pas être étranger, car certains regards, jetés à la dérobée, de son côté, par Mme de Chevreuse n'avaient pas échappé à son oeil perspicace. L'attention de d'Artagnan avait été mise en éveil par deux petits faits. D'abord, il avait surpris la duchesse déchirant un papier (le billet de Mazarin), dont la lecture paraissait lui causer une vive émotion. Puis, il l'avait vue se baisser devant le foyer éteint et s'approcher d'un des pylônes de la porte pour tracer au charbon, sur la muraille, des signes mystérieux. Quelques minutes après, le mousquetaire s'étant glissé à son tour près du pylône, n'y avait plus trouvé que les traces de caractères brouillés. Une main furtive avait effacé les mots écrits par la duchesse. - Défiance ! pensa d'Artagnan. Il y a du Mazarini là-dessous. « Point de doute, parbleu ! seul, le damné Italien a pu glisser un mot à la duchesse, derrière le dos du Cardinal. Seul, il est capable d'avoir inventé cette diabolique façon de répondre à sa lettre. Le maître fripon doit préparer un tour de sa façon, où tout le monde sera joué : le ministre et sa belle ennemie tous les premiers !" Tome II Suite de "Le chevalier Mystère"
Paul Féval Fils (1860-1933) "Un matin d'avril de l'an 1641 - le roi Louis Treizième portant la couronne des lys, et Armand Duplessis, Cardinal-Duc de Richelieu tenant le sceptre - les gardes de faction à la Capitainerie du Louvre virent déboucher du quai de l'École un jeune homme, à l'allure militaire, qui se dirigeait de leur côté d'un pas rapide et dégagé. Le nouvel arrivant portait le pourpoint à collet de buffle, traversé d'un baudrier de cuir, les grandes bottes passant le genou et le haut chapeau à bord relevé piqué d'une seule tête de plume, qui formaient la tenue de campagne des soldats de l'armée des Flandres. Une longue et fine rapière à coquille ronde, suspendue à son baudrier, complétait cet accoutrement martial. Arrivé près des factionnaires, il porta la main au bord de son feutre en guise de salut et interpella cavalièrement en ces termes : - Holà ! camarade ! pouvez-vous me dire si M. de Guitaut est au Palais ? Celui à qui s'adressait plus particulièrement cette question était un beau garde, en costume de parade : revêtu de la casaque brodée et coiffé du large feutre à grand panache. Sans répondre, il toisa dédaigneusement ce porteur de rapière, qui osait se présenter chez le Roy comme dans un camp - botté et éperonné - et qui se leurrait du fallacieux espoir d'être admis, en cet équipage, près M. le Capitaine des Gardes de la Reine." Ecrit avec Maximilien Lassez. Tome I Que s'est-il passé pendant les 20 ans qui séparent les 2 romans d'Alexandre Dumas : "Les trois mousquetaires" et "Vingt ans après" ?
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.