Philippe Jullian
Philippe Jullian
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Et si la passion de collectionner révélait bien plus que de simples objets ? Les collectionneurs de Philippe Jullian explore avec ironie et finesse les obsessions, les manies et les rêves cachés derrière chaque collection.
Paris, fin XIXe siècle : Jean Lorrain, dandy sulfureux et poète maudit, incarne l’excès et le génie de la Belle Époque. Philippe Jullian en dresse un portrait aussi savant que flamboyant, mêlant vie mondaine, scandales et création littéraire.
Entre autobiographie et ode aux objets d’art, La brocante de Philippe Jullian invite à explorer un univers où chaque bibelot raconte une histoire.
Après Paris et Londres, Philippe Jullian s'attaque à New York, à cette société internationale faite de milliardaires et de ceux qui les aident à mener la « dolce vita » du Mexique à Venise, de Park Avenue à l'avenue Foch. Café-Society est le récit picaresque de la carrière de Lupe, tour à tour intime d'une vendeuse de Dior, d'un assistant de Visconti et d'une poétesse anglaise, enfin rédactrice d'un magazine féminin. Laide et irrésistible, Lupe déchaîne une guerre entre les solides cohortes de Gomorrhe et les frivoles estafettes de Sodome. Au cours de ces escarmouches sont exposés les dessous d'un fameux musée et de plus d'une carrière rendue célèbre par la publicité. On y rencontre Dali et une célèbre « commère », bien d'autres encore, sur lesquels les lecteurs s'amuseront à mettre des noms. Mystérieuse, élégante, l'héroïne traverse imperturbable les situations les plus scabreuses pour atteindre, après un chemin semé de drames et de dollars, la plus grande consécration mondaine à Saint-Louis des Invalides. Elle nous emmène dans des tripots et dans un salon de la rue de Grenelle, dans les bars de la troisième avenue et dans les cabanas du Lido. Sa rivalité avec la divine Mrs. Drexel pour le plus somptueux garçon de Floride divisera la Café-Society. Partout sur son passage les éléments hétéroclites de ce monde, dont le seul lien est le besoin de s'amuser répètent : « Lupe est fabuleuse... divine... folle... » Commères emperlées, douairières increvables. gigolos fatigués et baronnes équivoques, tous se déchaînent dans une danse macabre formant des couples dont la fantaisie se rit de la morale.
Découvrez Elmer Gantry, le roman culte de Sinclair Lewis, Prix Nobel 1930, où un charlatan ambitieux manipule la foi et l’hypocrisie pour conquérir l’Amérique puritaine. Une satire mordante, toujours actuelle, sur le pouvoir et la religion.
Paris, fin XIXe siècle : Sarah Bernhardt, icône intemporelle, défie les conventions et fascine l’Europe entière.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Une originalité profonde ; un goût très sûr, qu'agaçaient les poncifs et les modes ; une verve piquante qui, jointe à une lucidité souvent cruelle, rendait ses mots redoutables ; tel était Philippe Jullian. C'est un souvenir de son adolescence, provinciale et morose, qu'évoque la première nouvelle qui donne son titre à ce recueil. Les visites florentines et Les délices de Vienne rappellent les premiers séjours de Philippe Jullian à l'étranger, l'Italie découverte avec ravissement en 1947, et Vienne, où il s'était trouvé lors des funérailles du cardinal Innitzer, dont le faste l'avait ravi. De Vienne à Prague, il n'y a pas loin et c'est cette ville que Philippe Jullian décrit dans La flûte enchantée. On y retrouve les personnages de ses albums de croquis, ceux qu'il dessine au retour d'une de ces foires aux vanités que sont les réceptions officielles. En 1975, il écrivit un bref livre de souvenirs, souhaitant, comme dans la nouvelle À grandes guides, qu'après sa mort ses meubles fussent vendus aux enchères et ses cendres éparpillées dans les salles de cet hôtel de la rue Drouot, où il avait passé tant d'heures à guetter les objets insolites qui enchantaient sa fantaisie. Ce livre, étrangement prémonitoire, était un adieu à cette vie qu'il devait volontairement quitter le 25 septembre 1977, laissant derrière lui une oeuvre trop personnelle pour ne pas lui survivre. Ghislain de Diesbach
Un grand nom, une belle fortune, une jolie silhouette, infiniment d'esprit et de goût auraient suffi à faire du comte Robert de Montesquiou-Fezensac un des hommes les plus agréables de son temps, mais une intransigeante passion pour la beauté, autant qu'une impitoyable insolence, isolèrent - au milieu de la fête Fin de Siècle - cet arbitre des élégances poétiques et mondaines. Descendant de d'Artagnan, Montesquiou devint, grâce à Huysmans, le prince des décadents, et prêta ses gilets à Dorian Gray ; pour le Paon de Chantecler, Rostand lui emprunta sa voix et son panache. Quant à Proust, qui avait tant appris au cours d'une amitié de vingt années, il en fit le baron de Charlus. Sous tant de caricatures, Philippe Jullian a retrouvé le poète qu'aimèrent Mallarmé et Verlaine ; le modèle de Whistler, de Boldini et de Helleu ; le critique qui lança le Modern' style. Philippe Jullian a également suivi le poète dans des recherches qui furent imitées par Apollinaire ou Roussel, et jusque dans de singulières expériences spirites. Observateur de la vie parisienne, l'auteur a replacé son héros du côté de Guermantes, comme à Sodome et Gomorrhe ; il nous transporte dans les demeures de Versailles et de Neuilly, où l'on pu entendre les premières mélodies de Fauré et de Debussy, où l'on rencontra Anna de Noailles et Barrès, Anatole France ou Rodin. À côté de l'esthète, se dresse donc un Montesquiou à la verve mordante, un chroniqueur qui tient à la fois de Pétrone et de Tallemant des Réaux, Philippe Jullian en a retrouvé les modèles dans cette équivoque et scintillante Belle Époque, dont Montesquiou demeure une des plus extraordinaires figures. La famille de Robert de Montesquiou ouvrit ses archives à Philippe Jullian qui, le premier, dépouilla le fonds Montesquiou, dans lequel il découvrit des lettres d'amis aussi variés que Hérédia ou Cocteau, Sarah Bernhardt ou Colette, Henry James ou Whistler, Mallarmé ou Raymond Roussel.
Dandy ironique et amer, artiste ardent et généreux ; ami tendre, amant assez indifférent ; épouvantail des bourgeois mais peintre officiel, chef des romantiques mais se voulant plus classique que son ennemi Ingres, cent contradictions se réunissent en Delacroix. Beaucoup viennent de son hérédité, les autres d'une secrète passion que trahit sur la toile un cri, une blessure, passion qui terrassait ou exaltait tour à tour cet homme si complexe. Philippe Jullian, après avoir étudié la formation du peintre, a retrouvé les sources de ce « lac de sang » qui teinte les scènes de rapt et de carnage dans lesquelles s'est complu Delacroix, jusqu'à ce que la volonté d'être un classique sublime cette passion en la seule violence des couleurs et du dessin. Ce sadisme, curieusement allié au patriotisme, fut le grand ressort de cette oeuvre plus aimée des écrivains que des peintres. Cependant Renoir lui emprunta sa palette, Gustave Moreau ses héros et Odilon Redon ses idées ; il est avec Turner le seul peintre romantique. L'auteur qui connaît bien les deux pays qui ont influencé Delacroix, l'Angleterre et le Maroc, a discerné dans l'un, les sources d'inspiration, dans l'autre une vision qui permet à Delacroix de rendre l'Antiquité vivante. Philippe Jullian, chroniqueur de la vie parisienne, nous mène sur les pas de Delacroix dans les ateliers et les salons du Paris romantique. On rencontre Stendhal et Balzac, George Sand et ce cher « petit Chopinski », quelques femmes charmantes : princesses polonaises voluptueuses, mélomanes et parisiennes qui surent contenir la passion de ce fauve délicieux. C'est souvent Delacroix, lui-même, qui prend la parole par son Journal et par ses lettres, déchiré entre le besoin de gloire et la solitude, l'ennui et le plaisir, dernier homme de la Renaissance égaré dans la Comédie humaine.