Pierre Aubry
Pierre Aubry
1673, Goa. Quand un jeune médecin français, Charles Dellon, tombe aux mains de l’Inquisition portugaise, c’est le début d’un cauchemar de quatre ans. Son récit, publié en 1687, choque l’Europe et devient un manifeste contre l’intolérance.
Fin XVIe-début XVIIe siècle : Anglais et Hollandais voguent à l'assaut de l'empire établi depuis un siècle dans l'océan Indien par les Portugais, afin de récupérer tout ou partie du commerce des épices. En 1601, des marchands de Saint-Malo envoient deux navires, le Croissant et le Corbin, à Sumatra. Sur le Croissant, se trouve François Martin de Vitré, apothicaire fin observateur de la nature et des gens, qui publiera le récit de son voyage, à la demande d'Henri IV qui voulait inciter les Français à découvrir les Indes orientales et leurs trésors. Il s'agissait également de s'attaquer au monopole commercial des Hollandais, qui désormais supplantaient les Portugais sur mer et sur terre et s'appropriaient l'archipel indonésien et ses richesses. S'inspirant de l'ouvrage original de François Martin de Vitré, les auteurs complètent leurs travaux précédents sur les grandes expéditions maritimes, pacifiques ou guerrières.
Il s'agit ici d'une enquête menée par deux médecins, férus d'histoire et spécialistes en médecine tropicale, qui tentent d'identifier rétrospectivement la nature exacte de la maladie dont souffraient le négus d'Éthiopie et l'un de ses fils, à la toute fin du XVIIe siècle, au point de faire appel à un médecin français établi au Caire. En se basant sur les aventures du docteur Poncet, d'après ses propres écrits, il s'agit d'évoquer des hypothèses diagnostiques, à la lumière des données acquises de la médecine, de l'épidémiologie des maladies - dont la présence a été attestée en Éthiopie de manière irréfutable - et de notre expérience professionnelle. Scorbut ? Lèpre ? Leishmaniose ? Syphilis ? Autre dermatose ?
Pour les médecins auteurs de ce livre, l'apport de l'oeuvre d'Alexandre-Olivier Exquemelin, Histoire des aventuriers flibustiers qui se sont signalés dans les Indes, se situe bien au-delà de ce qu'il rapporte sur la flibuste et les flibustiers, qui a déjà fait l'objet de nombreuses études. Au-delà de la description de son activité de chirurgien et surtout de naturaliste, il dévoile un intérêt scientifique peu commun à son époque chez un chirurgien embarqué, flibustier de surcroît. S'il décrit quelques observations cliniques de chirurgie pratiquée dans les circonstances particulières et souvent traumatiques de la flibuste, il écrit un long chapitre sur son activité de naturaliste, affirmant ainsi sa curiosité pour la botanique et la zoologie. Exquemelin est passé à la postérité grâce à cet ouvrage, dont la première édition est parue en 1678. Ces écrits sont une source précieuse pour l'histoire tourmentée des Caraïbes pendant la seconde moitié du XVIIe siècle.
Les grands voyages d'exploration entrepris par la France dès le XVIe siècle furent d'emblée grevés par une lourde mortalité parmi les équipages, d'où la nécessité de « médicaliser » les navires ainsi que les implantations des colons dans de nouvelles terres. Les premiers médecins, chirurgiens et apothicaires qui partirent sur les océans à partir du XVIe appartenaient tous à la Marine. Où et comment étaient-ils formés ? Quelle fut leur vie à bord des vaisseaux, puis à terre aux colonies ? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions, en étudiant leur formation dans les hôpitaux de la Marine et dans les écoles de chirurgie navale des ports de Rochefort, Toulon et Brest, puis à l'École de santé navale de Bordeaux. Puis, il traite de la formation des médecins militaires ayant participé aux opérations outre-mer, au Val-de-Grâce et à l'École de Strasbourg ; sans oublier les médecins du Roi, affectés aux colonies et les chirurgiens de plantations en charge de la santé des esclaves.
Ce livre traite du rôle des médecins dans les expéditions menées par la France en Extrême-Orient, du XVIe à la première moitié du XXe siècle. La présence de la France y avait débuté avec la Compagnie des Indes Orientales et les missionnaires au Siam et au Vietnam. La France a ensuite occupé militairement le Vietnam, puis toute l'Indochine. Enfin, elle a été présente en Chine au côté d'autres puissances étrangères, en particulier de la Grande-Bretagne. Les médecins ont lutté contre les maladies infectieuses, notamment contre la peste, et ont participé à la révolution pastorienne. Ils ont également été explorateurs, anthropologues, naturalistes.Une contribution experte et importante à l'histoire de la découverte par la France de l'Extrême-Orient (Siam, Indochine, Chine, Japon), ainsi qu'à l'histoire de la médecine.
Ce livre traite du rôle des médecins et apothicaires dans les expéditions menées par la France du XVI e au XIXe siècle dans les océans Indien et Pacifique, qui ont entraîné des conflits larvés et des luttes d'influence sur mer et sur terre, principalement entre la France et la Grande-Bretagne, puis des guerres avec les populations autochtones comme la guerre franco-tahitienne de 1843-1847 et les révoltes des Kanaks en Nouvelle-Calédonie (1878). Médecins, chirurgiens et apothicaires embarqués étaient également des naturalistes chargés de rapporter des spécimens de plantes et d'animaux, afin d'enrichir les collections royales et le Muséum d'histoire naturelle. Les maladies infectieuses demeuraient un fléau permanent et une cause majeure de décès, ainsi que le scorbut de mer. Une contribution experte et importante à l'histoire de la découverte des Indes et des îles de l'océan Pacifique, ainsi qu'à l'histoire de la médecine.