Pierre Masson
Pierre Masson
Henri Thomas n'a que 17 ans lorsqu'il prend l'initiative d'entamer avec André Gide, devenu modèle et maître à penser d'une nouvelle génération d'intellectuels, une correspondance qui durera vingt ans. L'itinéraire créatif de Thomas émerge dans cet échange, de ses débuts litté
Composée de près de 150 lettres échangées entre 1928 et 1950, cette correspondance s'est développée principalement à partir de 1943, date à laquelle Jean Amrouche ayant conquis à Tunis l'amitié de Gide devient l'un de ses interlocuteurs privilégiés. Une première période permet surtout de faire connaissance avec Amrouche, ce Kabyle qui vient à Gide sans rien renier de sa culture, et qui espère même la développer au contact de l'influence française. La seconde période (120 lettres entre 1943 et 1950) constitue un document d'histoire littéraire, dans la mesure où la fondation de l'Arche en 1943 va d'abord unir les efforts des deux hommes à Alger, puis entraîner Amrouche dans le maquis éditorial parisien. L'autre grande affaire de ces relations est la préparation, puis la réalisation des entretiens radiophoniques, Amrouche inventant un genre qui allait être sa plus belle réussite. De façon plus discrète se révèle une dimension historique : après les démêlés de Gide avec les communistes, c'est Amrouche qui se trouve de plus en plus écartelé entre son amour de la culture française et sa fidélité à ses origines. Au total, c'est un dialogue complet qui s'établit, donnant à la figure du dernier Gide un éclairage nouveau en la replaçant dans l'atmosphère de l'après-guerre.
« Je tire la barre, et laisse au lecteur le soin de l'opération ; addition, soustraction, peu importe : j'estime que ce n'est pas à moi de la faire », note Gide, arrivant à la fin de la rédaction des Faux-Monnayeurs. Première oeuvre qu'il ne qualifie plus de « récit » ou de « sotie » et qui bouscule les règles romanesques de l'époque, elle est particulièrement difficile à résumer, tant les intrigues et les points de vue s'enchevêtrent. Dans cette nouvelle édition de l'essai paru en 1990, révisée et complétée par des annexes, Pierre Masson prend en charge « l'opération » : il aide le lecteur à démêler les noeuds grâce à une analyse minutieuse de la structure du roman, de la foule des personnages et du symbolisme de la mise en scène. Éclairant également les allusions personnelles égrenées au fil du texte, il s'attache à révéler la singularité du regard gidien.
Les rapports entre nationalisme, littérature et plus généralement esthétique sont au coeur de ce volume, quatrième de la série « L'Action française. Culture, société, politique ». Comme son principal objet est la sphère littéraire, historiens, historiens ou théoriciens de la littérature ont été sollicités pour étudier revues, institutions et figures plus ou moins connues, favorables, réservées, voire hostiles au mouvement d'Action française. Quelle part la littérature - roman, théâtre, poésie - tient-elle chez les maurrassiens et quelle fonction lui assignent-ils ? Maurras, avant d'être un doctrinaire politique, a été critique et journaliste, et ces activités ont façonné sa manière et son style. Lui-même invite à revenir sur les rapports entre politique et littérature quand il évoque son itinéraire dans Quand les Français ne s'aimaient pas : « Les Lettres nous ont conduit à la Politique, [...] notre nationalisme commença par être esthétique. »
André Gide était loin de se douter, ce 5 octobre 1920, vers quels horizons l'entraînerait sa rencontre avec Marcel de Coppet (1881-1968), haut fonctionnaire de l'administration coloniale.De projets de voyages communs en discussions littéraires, de confidences intimes en questionnements politiques, leurs liens se tissent et se renforcent au fil des courriers échangés, ponctués par les retrouvailles et les nombreuses interventions de celui qui a suscité leur rencontre : Roger Martin du Gard. Mais le grand sujet qui réunit Coppet et Gide, c'est la question coloniale. Le premier tente d'imposer une vision juste et humaine de la présence française en Afrique. Le second, scandalisé par ce qu'il découvre, se lance dans la dénonciation des abus individuels ou institutionnels, apportant ainsi un soutien sans faille à son ami.Replacées dans leur contexte historique et biographique, les 102 lettres contenues dans cet ouvrage constituent un fonds documentaire qui n'éclaire pas seulement la pensée gidienne en matière d'engagement, qu'il soit politique ou amical, mais plus largement le débat autour du colonialisme dans l'entre-deux-guerres.
Le 21 novembre 1912, le manuscrit de Marcel Proust, alors connu sous le nom du Temps perdu, est rejeté par La Nouvelle Revue française. Cette décision, dont André Gide endossera la responsabilité, est à l'origine d'une solide réputation d'inimitié entre les deux hommes. Mais limiter à cette anecdote la relation entre les deux écrivains, c'est méconnaître tout ce que leur correspondance nous enseigne : « Le refus de ce livre restera la plus grave erreur de la N.R.F., et [...] l'un des regrets, des remords, les plus cuisants de ma vie. » Cet aveu de Gide, dans un courrier adressé à Proust plus d'un an après le rejet de son manuscrit, inaugure un dialogue qui se poursuivra jusqu'à la mort de ce dernier. Un dialogue complexe, parfois marqué par des désaccords profonds. Car si leur culte de l'art et leur désir d'affirmer leur sexualité auraient pu les rapprocher, leur vision de la littérature était opposée, et le trop explicite Proust allait devenir suspect aux yeux de Gide, à l'engagement plus raisonné. C'est l'histoire de cet échange, tantôt passionné, tantôt distant, que Pierre Masson, l'un des plus grands spécialistes d'André Gide, reconstitue dans cet ouvrage.
C'est presque à la même époque qu'André Gide découvrit la passion du voyage et celle de l'écriture ; qu'il ait ensuite établi entre ces deux activités, des rapports féconds ne serait pas étonnant, et ne le distinguerait guère de toute une catégorie d'écrivains nomades qui proliféra avec l'essor de la colonisation et des moyens de transport. Mais il se trouve que ces rapports furent aussi d'opposition, le bonheur du voyage devenant sous sa plume l'expression d'un destin ironique ou tragique, toujours décevant, parfois cruel. S'interrogeant sur les causes de cette contradiction, cet ouvrage s'efforce de montrer l'existence d'une véritable stratégie du voyage gidien : lisible autant dans la structure des oeuvres que dans leur organisation thématique ou symbolique, elle permet à son auteur de vivre et de dire ce que la société et une part de lui-même condamnaient au silence. Chargé à la fois de révéler et de dissimuler, le voyage est ainsi au coeur de l'ambiguïté gidienne. Partant des rapports historiques de Gide avec le voyage, c'est donc en fait dans une relecture de son oeuvre que nous sommes embarqués, voyageant à notre tour à la poursuite d'un éternel absent.
Barton Brock est directeur de la campagne d'un sénateur américain nommé Joe Crump. Peu scrupuleux, il juge que tous les coups sont permis, raison pour laquelle il recrute une jeune serveuse nommée Elizabeth de Carlo afin de compromettre l'adversaire de Crump, don Juan notoire. Mais Elizabeth a plus d'un tour dans son sac...
Les officiers de la police tribale navajo, Bernadette Manuelito et Jim Chee, enquêtent sur deux affaires apparemment déconnectées, l'une près de Shiprock, l'autre à Monument Valley. Une femme qui disparaît, un gangster sans pitié, un tumulus qui pourrait bien être une tombe, des cartons remplis de terre, un mystérieux incendie qui éclate spontanément au milieu de nulle part, autant d'énigmes et d'obstacles pour le duo de policiers (également couple dans le civil). Bernie et Jim bénéficieront grandement de l'expérience du Légendaire Lieutenant Leaphorn pour mener à bien leur enquête.