Pierre Piazza
Pierre Piazza
Photographies face/profil, signalements descriptifs, fichiers, expertises, exploitation de marques, de traces et d'indices matériels les plus infimes... A partir de la fin du XIXe siècle, les forces de l'ordre commencent de plus en plus systématiquement à recourir à de nouvelles techniques et à la science afin de rendre plus efficaces leurs méthodes et leurs investigations. Alphonse Bertillon - qui deviendra le premier directeur du service de l'Identité judiciaire de la Préfecture de police de Paris - joue un rôle clef dans ce processus. Dix chapitres thématiques exposent et analysent ici le caractère capital de ses apports tant dans le développement de pratiques rationnelles d'identification des personnes qu'en matière de criminalistique. L'ouvrage éclaire aussi les multiples enjeux auxquels renvoie alors ce basculement décisif de la police vers la voie des applications scientifiques, notamment à travers la mise en valeur d'une riche iconographie composée de plus de 150 documents d'époque originaux. Ont contribué à cet ouvrage : Pierre Piazza, Martine Kaluszynski, Stéphanie Sotteau Soualle, Stéphanie Solinas, Laurent L?pez, Jean-Marc Berlière, Marc Renneville, Jean-Lucien Sanchez, Bruno Bertherat, Teresa Castro, Emmanuel Filhol, Ilsen About, Diego Galeano, Mercedes García Ferrarri, Yann Philippe, Roger Mansuy et Laurent Mazliak.
La biométrie est présentée aujourd'hui comme la solution technologique la plus appropriée pour faire face aux menaces inédites auxquelles l'Occident est (ou serait) confronté. Dans ce contexte, ce livre vient rappeler l'effort constant de l'État pour mieux identifier les personnes à des fins policières, administratives et politiques.De l'Ancien Régime à la France contemporaine, en passant par la Troisième République et Vichy, l'ouvrage retrace le cheminement mouvementé et les enjeux des processus d'identification. Il montre gue depuis la période absolutiste, l'État s'est efforcé de fixer sur papier sa propre population, des marginaux jusqu'aux citoyens les mieux intégrés.Les auteurs font également la lumière sur les pratiques d'encartement de certaines catégories d'individus, dans l'URSS stalinienne ou la France des Trente Glorieuses. On retiendra le cas des étrangers, dont la mise à l'écart administrative contribue à délimiter l'espace national tout autant qu'à prévenir de supposés périls.Des initiatives régionalistes au refus britannique d'une mise en carte des citoyens, les résistances ont été constantes. Ainsi, la défiance envers l'encarte-ment paraît-elle plus gue jamais d'actualité, à l'heure où la traçabilité des personnes sur internet et la biométrie s'imposent comme des exigences sécuritaires.