Raimon Panikkar
Raimon Panikkar
Raimon Panikkar, décédé en 2010 à l'âge de 91 ans, a été l'un des plus grands théologiens chrétiens de notre temps. D'origine indo-espagnole, cet érudit charismatique était devenu l'un des acteurs les plus audacieux du renouveau spirituel de l'Église et du dialogue entre l'Orient et l'Occident. À travers ces entretiens, Gwendoline Jarczyk nous initie avec clarté à sa pensée féconde, dont la notion centrale est le cosmothéandrisme, cette expérience qui unit les dimensions inséparables de la réalité que sont l'Homme, le Monde et Dieu. Au fil des pages, la réflexion se construit autour de nombreux thèmes : la femme, l'enfer, la responsabilité, l'éthique de la science, le salut, l'injustice, le mal, etc. On découvre alors que cet homme fut un chercheur aussi passionné qu'ami de la rigueur, un homme de sagesse attentif à la vie, un homme d'une foi sans mélange dans les valeurs de la relation.
Personne qui aspire de tout son être à atteindre le but ultime de la vie, en renonçant à tout ce qui n'est pas indispensable. Ainsi défini, le moine, monachos, est l'expression d'un archétype, d'un modèle universel, qui répond à une dimension constitutive de la vie humaine. La quête d'une «bienheureuse simplicité», qui présida à l'émergence des monachismes chrétien, hindou ou bouddhiste, n'est en aucune manière le monopole des "moines", au sens traditionnel. Partant de cette audacieuse affirmation, Raimon Panikkar, l'un des plus grands théologiens chrétiens contemporains, tente dans cet Eloge du simple de déterminer un "canon du disciple", décliné en neuf sutras ou principes fondateurs : primauté de l'être sur l'avoir et le faire, silence, plénitude de la personne audelà de l'individu... Sans esquiver aucun des problèmes actuels du monachisme traditionnel, il s'interroge sur les possibilités de retrouver, dans notre monde moderne, le sens d'une "complexité harmonieuse". Grâce à son incomparable érudition et à une expérience intérieure inspirée par les religions orientales autant que par le christianisme, Raimon Panikkar dégage ainsi un "modèle interculturel" du moine, qui pourrait servir de référence à tout homme, car chacun est appelé à découvrir un jour son unité intérieure.