Raphaela Averkorn
Raphaela Averkorn
Depuis quelques années les historiens s'intéressent également à l'histoire de la sociabilité qui comprend plusieurs aspects. Un des aspects est celui de la sociabilité de la table. Le but de cette étude est de donner une impression de ce qu'on pourrait appeler la sociabilité à table. On peut l'analyser à partir des festivités de toutes sortes qui se déroulaient à des occasions spéciales, c'est-à-dire regardons par exemple de plus près les mariages, baptêmes, funérailles et les repas des corporations et des métiers. Cette étude se consacre à l'analyse de sources qui viennent d'une région géographique assez restreinte qui comprend les villes de Brunswick, Duderstadt, Gttingen, Hanovre, Hildesheim et Lüneburg. Quant aux sources il faut avouer qu'elles ne sont pas très abondantes. Quand un chroniqueur parle par exemple d'un mariage célébré à la cour des ducs de Brunswick, il évoque surtout l'effet politique de cette union et parle longuement des invités célèbres sans montrer un intérêt plus concret pour le banquet de mariage et les plats servis. Il faut donc chercher ailleurs pour trouver des sources qui donnent des renseignements plus précis concernant notre sujet. Heureusement nous disposons de diverses ordonnances urbaines ainsi que des statuts de corporations qui nous renseignent en détail sur les règlements concernant les banquets. De plus, il y a le plus ancien livre de cuisine en bas allemand qui date du xve siècle et le journal d'un maire de la ville de Hildesheim qui relate ses expériences personnelles.
Quelle image plus omniprésente que celle du clerc dans la littérature populaire de la fin du Moyen Âge ? De toutes les classes sociales évoquées, le clergé vient en tête lorsque l'on s'intéresse à des textes comme les Cent Nouvelles nouvelles, les Évangiles des Quenouilles, la Farce de Maistre Pierre Pathelin et Maistre Mimin estudiant. Ce n'est pas toujours avec respect que ces personnages sont traités, bien loin de là. La littérature médiévale n'a rien à apprendre sur la catharsis, et, fréquemment, la classe intellectuelle dirigeante est tournée en dérision. Les intellectuels au Moyen Âge n'ont pas bonne presse. Pourtant, le clergé séculier est souvent lui-même à l'aval de ces descriptions peu flatteuses dont nous traiterons ici. Cette situation peut donc, à première vue, relever du paradoxe. Comment, en effet, un groupe dominant et marginal peut-il fournir à la critique populaire déjà existante dans la rue d'autres éléments de dédain ? Cultiverait-on déjà le culte de l'écrivain incompris ? S'agit-il, au contraire, d'une critique acerbe émanant de l'intérieur-même du groupe qui la couve en son sein ? Doit-on y voir des querelles intestines d'ordres monastiques, de chapelles intellectuelles dignes du Nom de la Rose ?