Raymond Kévorkian
Raymond Kévorkian
1915. Les Arméniens, parfaitement intégrés à l'Empire ottoman, sont exterminés par les radicaux du gouvernement unioniste turc. Bilan : 1,5 million de victimes arméniennes, sujets ottomans, persans et russes. Au printemps 1915, la population arménienne ottomane est victime d'un génocide - arrestations massives, déportations et massacres - planifié et exécuté par le parti au pouvoir à Istanbul, le Comité Union et Progrès. Longtemps contesté, le génocide des Arméniens ne fait plus aucun doute mais Ankara continue d'exercer des pressions pour empêcher sa reconnaissance officielle. Cent ans après, trois historiens ont uni leur force pour concevoir la première synthèse sur l'extermination d'un peuple qui fait entrer l'humanité dans l'âge des génocides.
En 1970, le chancelier allemand Willy Brandt s'agenouillait devant le mémorial du ghetto juif de Varsovie. En 1986, les États-Unis ont fait des excuses aux citoyens américains d'origine japonaise internés collectivement après l'attaque sur Pearl Harbor (1941). En 1990, l'URSS reconnaissait que les massacres de Katyn (1940) perpétrés contre des milliers d'officiers polonais avaient été commis par le régime stalinien. En 1993, par la déclaration de Kono, le Japon présentait des excuses à la Corée pour l'usage forcé durant la Seconde Guerre mondiale de plusieurs centaines de milliers de " femmes de confort ". En 2010, le Premier ministre britannique, David Cameron, s'excusait en Irlande parce que lors du Bloody Sunday (1972), les forces de l'ordre britanniques avaient tiré sur une manifestation pacifique de catholiques. Tous ces États admettent leur responsabilité. Seule la Turquie, qui s'est fondée sur un crime de masse, présente un siècle après les faits ses condoléances aux " petits-enfants " des victimes en omettant de mentionner que l'anéantissement de la population arménienne a été organisé par le gouvernement jeune-turc. Livre de référence organisé chronologiquement, le Mémorial a pour ambition de refléter la totalité des connaissances actuelles sur le génocide des Arméniens. Accompagné de photos, de cartes et de tableaux, il rassemble des centaines de textes de l'époque, officiels ou privés, accompagnés des commentaires et analyses des auteurs. Préface de Gérard Chaliand