Rémi Huppert
Rémi Huppert
Une jeune Russe émigrée qui écrit pour ne pas se perdre, un professeur d'économie à Nanterre égaré dans l'existence, un ancien du Viêt-nam reconverti dans le jazz ; trois destins qui se croisent, trois mondes qui se heurtent et se nouent en rencontres tragiques, avec pour leitmotiv Léningrad, ville immobile, nostalgique, objet du souvenir. Voici l'itinéraire contrasté d'un voyage où chacun va s'éprouver, ressentir le vide qui le cerne et pressentir ce qui l'aurait pu combler. Parmi eux seule la jeune femme parviendra au terme de la traversée, parce que seule elle sait, du savoir de son peuple, endurer la souffrance, seule elle a, en partage avec lui, un lieu et une histoire où faire retour. Roman de l'exil ? Constat de l'impossible mariage des cultures ? Variation sur la vanité et la fausseté du désir de l'ailleurs ? Ce récit âpre et sans concession est tout cela et encore une leçon d'humilité derrière laquelle se profile l'ombre de l'âme russe.
2004 : Eric, le narrateur, se souvient de son séjour au Laos et au Vietnam trente ans auparavant, à la fin de la guerre, tandis qu'il y remplissait une mission humanitaire. Il évoque les relations d'amitié qu'il entretenait avec la famille de Bac Ky Sinh, procureur au parquet de Saigon, avant les événements dramatiques de 1975, qui les sépareront. La jeune Xuan, fille du juriste, prend le chemin de l'exil ; son père sera arrêté et jugé. Xuan -qui se prononce "Swann"- deviendra le "petit cygne" d'Eric.