René Depestre
René Depestre
Bonjour et adieu à la négritude marque un tournant dans la pensée de René Depestre : après des décennies de combat pour la dignité noire, l’auteur haïtien propose une réflexion audacieuse sur l’après-négritude.
Loin des états de siège et d’alerte, En état de poésie invite à redécouvrir la force des souvenirs d’enfance et la puissance libératrice des mots. René Depestre y célèbre la poésie comme un remède universel, entre tendresse et révolte.
Au sens génétique, culturel, politique, voire éducatif, le métissage est en passe de devenir le principal moteur de l'Histoire, à l'heure où la mondialisation rend les êtres humains de plus en plus communicants entre eux. Le métissage s'affirme partout comme le mode de fonctionnement de l'imaginaire des États, des groupes et des individus qui les composent. Sur les bobines de ce général métier à métisser, j'ai enroulé la trame singulière de mon itinéraire de poète et de romancier. Les textes réunis dans ce volume n'ont pas été mis bout à bout, de façon expéditive. Ils ont, entre eux, des liens évidents. L'histoire de mes formes d'esprit et de sensibilité précède - par coups de sonde et comme force d'appoint - le roman-fleuve de ma traversée du vingtième siècle. Les souvenirs de mes rencontres avec Césaire, Breton, Mabille, Senghor, Lopes, Guillén, Che Guevara, à travers des confidences et des révélations, serpentent au long de petits essais et de trois entretiens qui confient à l'imprimé la spontanéité de l'humour et de l'instantanéité pris sur le vif. Ces textes examinent donc les mythes et les réalités, les faits et les rêves qui, de 1945 à nos jours, ont irrigué mon aventure humaine, en synergie avec la substance chaude, folle, dramatique, malgré tout exaltante et épique, de la fin de siècle et de millénaire que l'Histoire fait aux diverses humanités de la planète...
Plongez dans Rage de vivre, l’intégrale des œuvres poétiques de René Depestre, figure majeure de la littérature haïtienne et francophone.
Auteur d'une oeuvre considérable en vers et en prose, René Depestre, âgé aujourd'hui de 97 ans, est une figure tutélaire de la littérature des Caraïbes. Écrivain engagé qui a dû fuir Haïti, son pays natal, pour échapper à la dictature, il a longtemps vécu à Cuba épousant la cause révolutionnaire, notamment au côté de Che Guevara. Ami de Césaire et de Glissant, inspirateur du concept de créolité qui se substituera progressivement à celui de négritude, Depestre vit en France depuis les années 1980. L'anthologie Journal d'un animal marin donne à saisir l'étendue et la puissance de sa poésie lyrique. Ce poète de l'effusion et du chant, chantre de "l'érotisme solaire" et de l'élan vital envers et contre tout, emporte le lecteur par son souffle et un flot d'images vigoureuses.
Auteur d'une oeuvre considérable en vers et en prose, René Depestre, âgé aujourd'hui de 97 ans, est une figure tutélaire de la littérature des Caraïbes. Écrivain engagé qui a dû fuir Haïti, son pays natal, pour échapper à la dictature, il a longtemps vécu à Cuba épousant la cause révolutionnaire, notamment au côté de Che Guevara. Ami de Césaire et de Glissant, inspirateur du concept de créolité qui se substituera progressivement à celui de négritude, Depestre vit en France depuis les années 1980. L'anthologie Journal d'un animal marin donne à saisir l'étendue et la puissance de sa poésie lyrique. Ce poète de l'effusion et du chant, chantre de "l'érotisme solaire" et de l'élan vital envers et contre tout, emporte le lecteur par son souffle et un flot d'images vigoureuses.
Jacmel, en Haïti. En 1938, au moment du Carnaval. C'est la fin de Germaine Villaret-Joyeuse, la chère marraine du narrateur et, en même temps, les noces de l'éblouissante Hadriana Siloé. Conduite à l'église, Hadriana pousse un oui hallucinant de détresse et s'écroule, morte, aux pieds de l'officiant. Mais nous sommes au pays vaudou et il n'y a pas de mort qui tienne. À peine enterrée dans sa belle robe blanche, Hadriana se prête au rituel de la métamorphose, et renaît sous l'espèce mythique d'une zombie. Dès lors, le jeune narrateur laisse se débrider son humour et son imagination, dévoilant la scène haïtienne dans toute sa fantaisie, sa sensualité, sa magie démontée et son désordre. Comme si la joie de vivre et la terreur de passer à trépas relevaient d'une seule et même énergie.
La tante Zaza, à la beauté légendaire, emmène son jeune neveu en vacances à la campagne. Il a seize ans et, ingénument, elle lui fait partager son lit. L'inévitable se produit. Zaza, plus tard, périra dans un incendie, mais son souvenir adorable restera vivant. On retrouve dans ces dix nouvelles la même verve caraïbe, le même érotisme heureux qui appartiennent à l'auteur du Mât de cocagne. Prix Goncourt de la Nouvelle 1982
La tante Zaza, à la beauté légendaire, emmène son jeune neveu en vacances à la campagne. Il a seize ans et, ingénument, elle lui fait partager son lit. L'inévitable se produit. Zaza, plus tard, périra dans un incendie, mais son souvenir adorable restera vivant. On retrouve dans ces dix nouvelles la même verve caraïbe, le même érotisme heureux qui appartiennent à l'auteur du Mât de cocagne. Prix Goncourt de la Nouvelle 1982
"Ce divertissement pourrait s'appeler "neuf histoires d'amour". Le narrateur de ces fictions libertines a assez d'esprit et de malice pour commencer par le récit non d'un fiasco mais d'un échec : la jolie guide qui lui fait parcourir la Chine ne veut rien savoir. Toutes les autres rencontres se terminent à la joie contagieuse des deux participants. Il y a aussi la Haute-Savoie et les sports d'hiver, l'express Paris-Prague, la Yougoslavie, un Japon de rêve, et Cristina, ardente Brésilienne infidèle. La fête de l'érotisme solaire se termine à perte de vie en Haïti, comme il se doit, par le "conte de sorcier", feu d'artifice final. Ces textes débordants d'ivresse de vivre, de rires et de conquêtes sont parallèlement nourris par les problèmes qui secouent notre pauvre univers : racisme, guerres, captivités, terrorismes et autres infamies d'État." René Depestre.
Pour fêter dignement le retour de son fils au pays, Popa Singer, matriarche éclairée et indéboulonnable, armée de sa seule machine à coudre et de son utopie personnelle, est bien résolue à résister à sa manière à l'Ubu Roi des Tropiques, le plus atrocement absurde que les Grandes Antilles aient subi : Duvalier, alias Papa Doc. Popa Singer va raconter l'histoire de ce duel à Jacmel, ville natale de l'auteur, comme García Márquez racontait le Macondo de la famille Buendia dans Cent ans de solitude. Tout le récit tient dans une éloquente dialectique entre la monstruosité aberrante de Papa Doc et cette « maman-bobine de fil » qui « fera planer son cerf-volant enchanté dans l'azur féminin de l'histoire, en mère nourricière, ravie d'alimenter en brins de toute beauté la machine Singer à coudre les beaux draps d'un réel-merveilleux germano-haïtien. » La fantaisie rabelaisienne se propage en nomenclatures fantasques qui sont en soi des morceaux de bravoure dignes du Mangeclous d'Albert Cohen. S'il témoigne avec une joyeuse férocité de l'épouvantable caprice du président à vie, le romancier des enjouements amoureux, styliste hors pair et maître d'une langue incomparablement inventive, mêlant allègre faconde et humour au vitriol, ne lâche rien de son verbe en transe ludique, véritable incendie d'allusions et de métaphores pour dire un monde de folie. Prix Goncourt de la nouvelle pour Alléluia pour une femme-jardin (1982), Prix Renaudot pour Hadriana dans tous mes rêves (1988), René Depestre, né en 1926 à Jacmel en Haïti, nous revient avec le fougeux Popa Singer, en immense écrivain porté par une rage de vivre intacte.
Henri Postel, homme d'action d'une île tropicale écrasée sous la dictature de Zoocrate Zacharie (surnommé le Grand Électrificateur des âmes), s'est fermement opposé au tyran. On l'a déchu de son mandat de sénateur et contraint, pour l'avilir, à gérer un piteux bazar dans un quartier populaire de la ville. Il s'inscrit au grand concours annuel du mât de cocagne suiffé qui lui permettrait non seulement de remporter un triple trophée - un gros chèque, des objets de valeur, un fusil mitrailleur -, mais surtout d'aider sa cité à avoir une conscience approfondie de ce qu'un individu, même isolé et apparemment vaincu, peut faire pour retrouver l'estime de ses concitoyens et leur redonner le goût perdu de l'action collective. La savoureuse verve de l'écrivain franco-haïtien René Depestre se met au service de la satire, de la révolte et de l'amour.
On trouvera sous ce titre, voulu par l'auteur, les divers éléments qui composent le "Journal" que René Depestre a tenu durant son séjour à Cuba, de 1964 à 1978. Ce document, entièrement inédit, est exceptionnel sur le plan biographique : il constitue un journal intime, souvent très personnel, qui s'organise parfois en roman d'apprentissage. Il l'est également au niveau historique et sociopolitique, René Depestre s'y révélant en témoin capital mais aussi en acteur, maintes fois critique, de la révolution cubaine. D'une écriture originale, mêlant vision lyrique et lucidité réaliste, ce Cahier d'un art de vivre est surtout l'oeuvre d'un esprit passionnément épris de son époque, qui en témoigne en philosophe tout autant qu'en poète.
Par la publication de ce recueil inédit de René Depestre, les Éditions Seghers poursuivent leur travail en direction des poésies francophones."Certains poètes contemporains donnent l'impression de n'être que des cerveaux, de purs produits de matière grise tarabiscotée. Quelques mots sur une page, des collisions verbales aléatoires, un vague tropisme mallarméen, un culte du mot seul, une religion de la phrase pour elle-même, une manie du blanc et de l'espace, de quoi générer un autisme de bon aloi, et s'assurer qu'on ne sera pas lu, aimé, compris", écrit Michel Onfray dans la préface de ce recueil.
Plongez dans l’œuvre poétique complète de René Depestre, figure majeure de la littérature haïtienne et francophone. Rage de vivre rassemble soixante ans de poésie engagée, sensuelle et révolutionnaire, pour un voyage unique à travers le XXe siècle.
Par cette rencontre à deux voix, Gaël Faye nous invite à voyager dans l'univers poétique de René Depestre. C'est un parcours entre révolte et tendresse, plein d'ironie, de malice et de joie de vivre, partagé par deux humanistes qui se vouent un mutuel et profond respect. Les voix touchantes du "vieux nomade" et du "jeune talent" font résonner la force et la modernité des poèmes de René Depestre, bouleversant témoignage d'un écrivain qui a habité la terre en poète, selon l'expression d'Hlderlin. © 2006 Éditions Seghers (P) 2018 Éditions Thélème