René Lévy
René Lévy
Au temps de la haine raciale qui traverse la France à la fin de la IIIe République et sous l'occupation allemande, neuf écrivains français-juifs sont confrontés aux nationalistes qui dénient la sincérité de leur engagement pour la patrie, jettent à la vindicte leurs livres qui connaissent le succès par ailleurs, s'intégrant pleinement dans la littérature française et son histoire, avant de subir les affres de l'ignorance, puis de sombrer dans l'oubli.
Citoyens d'Allemagne sous la République de Weimar, ou de l'Empire Austro-Hongrois, ils vivent dans ces deux pays hostiles, dont les populations jettent sur eux un regard discriminatoire, les désignant comme juifs et les excluent de leur société. S'ils ne veulent pas être vus ou lus comme auteurs juifs, il leur faut se délester du judaïsme ancestral, emprunter pour leurs écrits la langue allemande pratiquée par les grands écrivains. L'ouvrage s'attache à 9 personnalités : Karl Kraus, Ernst Kantorowicz, Alfred Dblin, Joseph Roth, Theodor Lessing, Alfred Kantorowicz, Anna Seghers, Hannah Arendt et Arthur Koestler. En 1933, dès que commence la persécution des Juifs, ces affranchis du judaïsme deviennent les premières cibles. Et ceux d'entre eux, épris de germanité, désormais floués, devront vite se décider à l'exil. Sinon, ils n'auront d'autre choix que le suicide ou attendre d'être assassinés par ceux-là même qu'ils vénéraient.
Après une étude portant sur les écrivains espagnols sous le régime franquiste (2013), sous le régime nazi (2014), René Lévy s'intéresse aux romanciers et poètes russes sous la dictature stalinienne. Anna Akhmatova, Pasternak, Babel, Mandelstam, tant d'autres. Porteurs d'une vérité immuable, ces écrivains nous parlent de leurs livres, leurs cris résonnent en nous aujourd'hui, forcent notre émotion.
Allemande en lutte contre Hitler, Margarete Buber-Neumann échappe aux nazis en se réfugiant à Moscou, en 1935. Avec cet ouvrage René Levy nous raconte le parcours de cette communiste rebelle, insoumise à Staline qui en paiera le prix par une déportation en Sibérie. Livrée aux Allemands, elle est détenue cinq ans à Ravensbrück. En 1949, elle apporte son témoignage sur l'existence des camps en URSS. Rescapée non broyée, elle est de cette nature exceptionnelle qui fait face aux périls, aux revers pour vivre coûte que coûte dans la vérité.
Après les quatre études publiées sur les écrivains confrontés aux dictatures nazie, franquiste, stalinienne, fasciste italienne, ce 5e volet est consacré aux écrivains français sous le régime de Vichy, à découvrir la face lumineuse des uns, la face sombre des autres: ceux qui résistent, combattent et meurent pour avoir rédigé des brûlots, ces petits écrits chargés d'explosifs, ceux qui adhèrent, collaborent, mettent leur talent au service des oppresseurs...
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul?; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. À Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante?; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source?; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.
Ce portrait de la Suisse par le sociologue René Levy est un classique et reste un guide incontournable. Cette synthèse est offerte ici par l'auteur dans une version entièrement revue et actualisée. Elle décrit donc jusqu'à nos jours un ensemble d'évolutions à long terme: les mutations méconnues d'un pays réputé pour sa stabilité. En vérité, l'imbrication internationale de la Suisse l'affecte à tous les niveaux: dans la qualité de vie, la distribution des avantages, l'existence familiale. Elle bouleverse le travail. Elle met en jeu le sort des entreprises. Les autorités politiques voient diminuer leur champ d'action et leur crédit. L'immigration ou le progrès technique substituent aux conflits de classe, peu exacerbés en Suisse, de nouvelles exclusions. On voit apparaître, dans les tenaces traditions cantonales, des mouvements politiques hors structures qui cherchent leur définition. L'habitat déborde les territoires administratifs. Voici les individus et les groupes dans un balancement entre intégration et exclusion, en quête de nouveaux moyens d'action, manifestant un besoin pressant de valeurs adaptées à notre temps.