Rene Marill Alberes
Rene Marill Alberes
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Découvrez une plongée unique dans l'univers du roman français des années 1960 à 1970, à travers le regard aiguisé d'un critique littéraire d'exception.
Plus qu'un esthète, André Gide est - avant tout - un moraliste. L'affaire de Gide, a été de remplacer une morale par une exigence. Il a consacré son oeuvre à l'art de gouverner la vie. Mais, dans cette fonction et dans cette tradition des moralistes français, il entra au moment où une révolution allait bouleverser les principes de cet art. André Gide a vécu toute une crise et toute une révolution, qui ne sont pas encore terminées. Il sortit de l'adolescence au moment où étaient sur le point de s'écrouler les conventions qui protégeaient et assuraient la vie des hommes. Il fut, avant même que naquît notre siècle, la vigie qui devina, sur la ligne d'horizon, la zone de tempêtes et de cyclones, où la boussole allait devenir inutile. Plus tard, le mousse devint capitaine. N'avait-il pas été un des premiers à comprendre que, dans la mer dangereuse où entrait l'humanité, il allait falloir apprendre à vivre et à gouverner sans boussole ? Il a repris, dans la vie morale, la méthode des anciens explorateurs. Après quelques siècles, où les routes étaient tracées et balisées par des notions sûres, survient un temps qui ramène les moralistes aux aventures de l'Odyssée. Gide n'est pas parti - dans la vie et dans la pensée morale - en capitaine muni de cartes, mais, après un cataclysme idéologique qui modifia la configuration des terres conquises par l'homme, en pionnier et en explorateur.
René Marill Albérès est né en 1921, à Perpignan. Normalien. Docteur ès lettres. Missions en Amérique du Sud, secrétaire général de l'Institut français de Buenos-Aires, puis professeur à l'Institut français de Florence. R.M. Albérès a publié deux grands ouvrages de littérature comparée, L'aventure intellectuelle du XXe siècle, et Histoire du roman moderne ; de nombreux essais, de Portrait de notre héros à Bilan littéraire du XXe siècle ; et, aux Éditions universitaires, des études sur Sartre, Unamuno, Nerval, ainsi qu'un Kafka en collaboration avec Pierre de Boisdeffre. Il tient le feuilleton des Nouvelles littéraires, et occupe la chaire de littérature française à l'Université de Fribourg.
René Marill Albérès est né en 1921, à Perpignan. Ancien élève de l'École normale supérieure, Docteur ès lettres, avec une thèse sur Giraudoux, d'abord secrétaire général de l'Institut français de Buenos-Aires (1946-1954), puis professeur à l'Institut français de Florence. Actuellement, professeur à l'Université de Fribourg (Suisse), tient le feuilleton des Nouvelles Littéraires. Spécialiste des littératures européennes modernes, auteur de l'Aventure intellectuelle du XXe siècle, de l'Histoire du roman moderne. Romans : Velléda, L'autre planète. A publié, dans la collection Classiques du XXe siècle, un Gérard de Nerval, un Unamuno, un Michel Butor, et un Kafka en collaboration avec Pierre de Boisdeffre.
Le récit d'imagination est presque absent d'une époque où le roman est devenu une analyse. Pourtant, autant que raconter une vie ou rapporter des faits, il lui est possible de construire une vérité autonome, d'être non un commentaire de la réalité, mais un Monde possible contemporain du nôtre, comme celui du Graal fut contemporain du Moyen Age et celui des pastorales contemporain de Louis XIII. Parmi les mondes possibles qui peuvent aujourd'hui voguer de conserve avec notre monde réel pour en recueillir les angoisses et les problèmes, le plus exaltant pourrait naître de cette imagination nouvelle et vertigineuse que nous offrent la science et les paradoxes de la pensée moderne. Il est piquant qu'un critique attentif comme R.M. ALBÉRÈS à toutes les formes du roman contemporain songe à le renouveler par un appel à l'imagination pure. Nous livrant ici, comme il le dit, des « exercices », Il construit des récits où il a cherché la netteté et le dépaysement d'un univers mythologique moderne. Sans cesser de faire vivre des êtres réels, l'auteur utilise des thèmes inspirés de la fiction scientifique pour découvrir des paradoxes historiques et humains. Si L'AUTRE PLANÈTE commence par un voyage en fusée, le conte confronte un homme d'aujourd'hui avec ceux qui sont nos contemporains invisibles. Les jeux de l'espace et du temps permettent, dans SI J'ÉTAIS A VARENNES..., à l'Histoire de s'interroger sur son sens et à un homme de se ménager une rencontre avec lui-même, tandis que, dans un style plus traditionnel, LE BAL DE LA LIGNE rappelle les contes d'Edgar Poe.
Dans l'aventure du genre romanesque, nous assistons depuis 1920 à des mutations aussi spectaculaires que celles de la vie organique au tertiaire et au quaternaire. Nous voici dans un charnier où cohabitent reptiles, oiseaux et premiers mammifères. Nos goûts personnels comptent peu ; on peut aimer le bon roman psychologique et sociologique, le petit roman cruel, le roman d'aventures ou de reportage. Peu importe. Car à moins de se réfugier dans ses goûts et de s'en tenir à un certain type de roman - ce qui est parfaitement admissible -, l'homme qui actuellement lit quinze romans parus dans l'année ne peut éluder la confrontation que notre temps lui propose. C'est à son intention que je livre ici quelques séquences d'images, d'idées et de réflexions, qui m'ont semblé significatives : un film et une sorte de montage où se succèdent les épisodes signifiants des mutations du roman. Ce film a une valeur d'information et d'illustration, il ne prétend pas être une étude exhaustive et ces Métamorphoses du roman ne constituent pas une Histoire du roman nouveau. Seulement quelques traits. Mais si ce montage cinématographique doit avoir comme dernière étape ce que l'on appelle le nouveau roman, il n'est pas superflu de donner une place prééminente à ce qui l'a précédé. Le nouveau roman ne constitue pas une création absolue, mais l'expression plus systématique de diverses inventions et de divers courants qui s'imposent avant lui. On peut donc trouver ici l'occasion de rappeler, et parfois de révéler, en s'arrêtant sur Proust, Musil ou Durrell, les grandes créations qui en Europe ont préparé cette tendance littéraire française, ou de deviner celles qui la prolongeront.
Avant-propos Chapitre 1. Le radicalisme argentin : origines et caractères Chapitre 2. Le néo-radicalisme sous les dictatures Chapitre 3. La création de l'UCRI et la scission du radicalisme Chapitre 4. L'UCRI, un parti condamné Chapitre 5. Arturo Frondizi Chapitre 6. L'éclosion du frondizisme Chapitre 7. Le frondizisme à l'assaut du pouvoir : recherches de la base et du sommet Chapitre 8. Les frondizistes et les éléments d'une idéologie du développement Chapitre 9. Le frondizisme et l'UCRI au pouvoir Chapitre 10. Le frondizisme dans la tourmente Conclusion.