Richard Rognet
Richard Rognet
Entrez, entrez dans mon domaine ! elles sont au rendez-vous, six fois risquées, six fois nommées, me livrant de ma vie la triste connaissance, me poussant sans répit de la crainte au soupçon, entrez, je les désigne, les recense, je les honore, entrez, je les révère. Qu'elles soient, l'une à l'autre attachées, mémoire insaisissable, sens de la nuit qui me devance à chaque mot versé parmi dissonances et fragments ! Ariane, Béatrice, Flore, Laure, Léda Ophélie : en chacun de ces noms, je m'inscris, me perds, me situe, m'efface, me disperse, m'accuse, me justifie, et surtout, me métamorphose. Je remercie mes amis Maurice Scève, Jean Racine et Gérard de Nerval pour leur aide et leur complicité. R.R.
"Toujours ce même combat au coeur des ténèbres. Pas de pitié, pas de gratitude, pas de consolation. On s'acharne à tout contredire alors que volent en éclats les miroirs où aucun de nos gestes n'a su prendre le temps de s'allier aux mouvements si purs des plantes, des herbes, des fleurs, chères à ceux qui aiment tant se pencher sur elles et se persuader que routes, chemins, sentiers, espèrent des pas précautionneux et des regards aussi limpides que ceux qu'adresse le ciel à l'obscurité maladive de nos paroles." Des proses sensibles et pleines de charme où la voix du poète se bat contre les tourments et résonne comme les pas au cours d'une promenade élégiaque dans les quatre saisons.
"Toujours ce même combat au coeur des ténèbres. Pas de pitié, pas de gratitude, pas de consolation. On s'acharne à tout contredire alors que volent en éclats les miroirs où aucun de nos gestes n'a su prendre le temps de s'allier aux mouvements si purs des plantes, des herbes, des fleurs, chères à ceux qui aiment tant se pencher sur elles et se persuader que routes, chemins, sentiers, espèrent des pas précautionneux et des regards aussi limpides que ceux qu'adresse le ciel à l'obscurité maladive de nos paroles." Des proses sensibles et pleines de charme où la voix du poète se bat contre les tourments et résonne comme les pas au cours d'une promenade élégiaque dans les quatre saisons.
Au départ simple matériau destiné à l'archevêque Angelo Cato, les souvenirs de Philippe de Commynes, au fil de leur rédaction, sont devenus une oeuvre autonome, marquant la naissance d'un genre inédit : celui des Mémoires, où l'historien, non seulement acteur et témoin de l'Histoire, s'en fait aussi le juge et l'arbitre. Dans les six premiers livres, qui relatent le règne de Louis XI, trois portraits se détachent et s'entrelacent : ceux de Louis XI, de Charles de Bourgogne, dit le Téméraire, et du mémorialiste en personne. À travers le duel entre la force du Téméraire, que Commynes abandonna en 1472, et la ruse de Louis XI, qu'il rejoignit alors et dont il fut le conseiller pendant plus de dix ans, c'est le destin tragique de la maison de Bourgogne qui est suivi pas à pas. Tout à la fois récit historique, autojustification, recueil de conseils politiques, de maximes et de réflexions sur la condition humaine, cette somme autobiographique annonçant les Essais de Montaigne livre un éclairage irremplaçable sur la seconde moitié du XVe siècle.
Qu'il écrive court comme dans ses derniers recueils ou qu'il tente comme ici un vers plus ample et d'une texture plus dense, la tonalité de Richard Rognet est élégiaque et son champ d'application celui que lui fournit la nature. Mais comme elle, il ne cesse de renouveler son art par une observation quotidienne qu'enrichissent les souvenirs et une réflexion sur la vie, le temps qui passe, la mort. Son poème est discret, d'une sensibilité aiguë, toujours 'entre abandon et veille' comme le souffle qui le traverse.
Richard Rognet est sans doute un de nos derniers et de nos meilleurs poètes élégiaques. Ses Frôlements infinis du monde sont tout entiers baignés par le sentiment de la Nature que le poète interroge et qui l'éclaire et le console de la solitude et de la mort qui rôde. C'est un seul long poème en vers libres, une sorte de méditation écrite dans une langue très simple et très souple, et d'une grande douceur mélancolique. On est loin ici de tous les modernismes contemporains, et cependant au coeur même de la poésie.
Richard Rognet est sans doute un de nos derniers et de nos meilleurs poètes élégiaques. Ses Frôlements infinis du monde sont tout entiers baignés par le sentiment de la Nature que le poète interroge et qui l'éclaire et le console de la solitude et de la mort qui rôde. C'est un seul long poème en vers libres, une sorte de méditation écrite dans une langue très simple et très souple, et d'une grande douceur mélancolique. On est loin ici de tous les modernismes contemporains, et cependant au coeur même de la poésie.
Richard Rognet serait-il notre dernier poète élégiaque? La tonalité tendre et mélancolique des poèmes de son nouveau recueil nous invite à le penser. Sa thématique tourne autour d'un promeneur solitaire dans la nature automnale où tout s'achemine, non sans beauté ni éclat, vers sa fin. C'est le temps des deuils (sa mère, le père, un ami) et des souvenirs, le temps des relectures (Jammes, Pessoa, Guyon) et des inventaires. Nul désespoir ici cependant, mais un appel à plus d'attention, de mansuétude et de tendresse pour les vivants et pour les morts. Tout l'art de ce poète se manifeste dans un accord parfait de sincérité des sentiments et de délicatesse de l'expression.
Plongez dans l'analyse approfondie de l'économie turque en 2012 avec Études économiques de l'OCDE : Turquie 2012.
Qu'il écrive court comme dans ses derniers recueils ou qu'il tente comme ici un vers plus ample et d'une texture plus dense, la tonalité de Richard Rognet est élégiaque et son champ d'application celui que lui fournit la nature. Mais comme elle, il ne cesse de renouveler son art par une observation quotidienne qu'enrichissent les souvenirs et une réflexion sur la vie, le temps qui passe, la mort. Son poème est discret, d'une sensibilité aiguë, toujours 'entre abandon et veille' comme le souffle qui le traverse.