Ridha Chennoufi
Ridha Chennoufi
Depuis l'apparition des premières enquêtes en France sur les minorités sexuelles dans les années 1980 et 1990, de nouvelles générations de chercheur·ses ont contribué à élargir le champ des recherches sur ces populations. Marquées par les enjeux de santé dans un contexte d'épidémie du VIH, les premières enquêtes s'intéressaient aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, leurs pratiques sexuelles et leurs modes de vie. Plus récemment, la reconnaissance légale des couples de même sexe a permis l'émergence de travaux sur la conjugalité. Les recherches ont ensuite porté sur d'autres minorités de genre et de sexualité et sur des thématiques plus diversifiées. Cet ouvrage aborde les questions d'ordre méthodologique que pose l'émergence des minorités de genre et de sexualité dans les enquêtes statistiques et, plus largement, les sciences humaines et sociales. Élaborer des outils pour saisir des expériences spécifiques conduit souvent à questionner les impensés des techniques d'enquête en matière de genre et de sexualité. La faible proportion de ces populations, la difficulté d'en cerner les contours, le manque de connaissances sur leur répartition dans l'espace social posent la question de leur représentativité et du respect de leurs singularités. À partir d'enquêtes existantes, les autrices et auteurs analysent les techniques de production de données sur ces groupes sociaux souvent difficiles à atteindre. Ces contraintes méthodologiques nécessitent des outils, des indicateurs et des dispositifs d'enquête spécifiques. La réflexion sur les catégorisations vise à rendre visible les dynamiques démographiques de populations minoritaires et plus largement à saisir les évolutions de l'espace des possibles sexués et sexuels.
Issu d'une journée d'étude, cet ouvrage aborde les questions d'ordre méthodologique que pose l'émergence des minorités de genre et de sexualité dans les enquêtes statistiques et plus largement les sciences humaines et sociales. À partir d'enquêtes existantes, les auteurs analysent les techniques de production de données chiffrées sur ces populations, souvent difficiles à atteindre. Ce type de contrainte méthodologique nécessite des outils et des dispositifs d'enquête spécifiques. Comment étudier les personnes homo-bisexuelles et trans dans les enquêtes de sciences sociales ? Quelle proportion de la population représentent-elles ? Ont-elles des caractéristiques sociodémographiques et plus largement des expériences sociales qui les distinguent des personnes hétérosexuelles ? L'essor récent des enquêtes en France concernant les minorités de genre et de sexualité a conduit de nouvelles générations de chercheurs à élargir le champ des recherches menées dans les années 1980 et 1990, marquées par les enjeux de santé, et qui privilégiaient les gays et leurs modes de vie. La reconnaissance légale du couple de même sexe a permis à l'émergence de travaux sur la conjugalité. Les recherches sur les minorités de genre et de sexualité ont porté sur d'autres minorités et sur des thématiques plus diversifiées. Leur petit nombre, la difficulté d'en cerner les contours, le manque de connaissance sur leur répartition dans l'espace social pose la question de la représentativité des données. Élaborer des outils pour saisir des expériences spécifiques conduit souvent à questionner les impensés des techniques d'enquête en matière de genre et de sexualité. L'ouvrage, organisé en trois parties, couvre trois axes de recherche: les enjeux de mesure; les expériences différenciées et les catégories d'enquête. Destiné aux chercheurs en sciences sociales, il offre un état des lieux et des analyses pertinentes permettant de mieux saisir les expériences de ces groupes et ouvrir de nouvelles perspectives de recherches.