Roger-Henri Guerrand
Roger-Henri Guerrand
Dans une première partie : loger les classes laborieuses, un problèmes de police sociale et de philanthropie et dans la seconde : l'accession à la propriété immobilière ou la location sous le patronage des classes dirigeantes. « Copyright Electre »
Les vécés n'ont pas toujours été fermés de l'intérieur, la preuve en est cette histoire des lieux d'aisances, du Moyen Âge à nos jours. Avant de devenir objet d'interdits imposés par l'hypocrite morale bourgeoise du XIXe siècle, les " besoins naturels " pouvaient se satisfaire sans honte ni fausse pudeur. L'étron fut une matière poétique pour ne rien dire de la jubilation provoquée par le libre échappement des " zéphyrs ". Rabelais, continuateur des trouvères du Moyen Âge, ne fut pas le seul écrivain à se rouler dans la " chose " : le siècle des Lumières a connu un âge d'or de la littérature scatologique. Avec l'avènement des bourgeois conquérants, il faut se retenir en permanence : le corps doit être contrôlé et enserré dans des règles " rationnelles ". Hygiénistes, urbanistes et architectes s'occupent sérieusement des " commodités ", la répression corporelle et par conséquent sexuelle s'en trouve renforcée.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Voici enfin le fameux « bidet », que les étrangers pensent être une invention aussi française que le béret et la baguette de pain. Ils ont bien raison de nous créditer de cette création majeure ! Si l'on ne connaît ni le nom de son inventeur, ni la date de son invention, le bidet est - sans conteste - l'oeuvre des meubliers parisiens du siècle de Louis XV ; en cette période de libertinage, il joua le rôle de « confident des dames », avant de devenir, après bien des péripéties, l'indispensable objet du confort sanitaire moderne. Associé aux choses du sexe, à la nudité et à l'intimité, aux thérapies vénériennes et aux « funestes secrets » des familles, le bidet demeure pourtant, depuis sa création, l'objet de toutes les fascinations et de toutes les suspicions. Parce qu'il évoque un petit cheval et un enfourchement, il restera, malgré son importante diffusion, un objet trivial au nom impudique à prononcer. L'histoire de cet « indicible violon » restait à écrire, car personne encore ne l'avait osé. C'est le mérite de cet ouvrage pionnier, oeuvre de deux chercheurs qui n'ont pas craint les difficultés de l'entreprise ; entre l'inventaire technique, et la tentation de propos teintés de légèreté, ils ont réussi la gageure d'un travail à la fois documenté et amusant.
Roger-H. GUERRAND a dirigé, de 1949 à 1954, le "Manoir de Boncourt", première maison de vacances ouverte aux étudiants par le C.O.P.A.R., service social de l'Université de Paris. Il termine actuellement à l'École des Hautes Etudes, sous la direction de Paul-Henry Chombart de Lauwe, une thèse sur les origines du logement social.