Rolland
Rolland
Dans Problèmes de la poétique de Dostoïevski Bakhtine fait apparaître le roman dostoïevskien comme espace polyphonique où des voix porteuses de sens et d'existence s'affrontent et se composent. Il le fait ainsi apparaître, dans sa structure formelle même, comme espace de, l'interhurmain (Buber) et l'offre dès lors à une interprétation philosophique nouvelle. Mais c'est la pensée d'Emmanuel Lévinas qui est requise pour que l'on comprenne la manière dont l'interhumain se structure chez Dostoïevski : il s'y joue comme rapport à l'autre homme, qui, « plus près de Dieu que moi » (E.L.), me commande et m'oblige, qui, Très-Faible et Très-Haut, m'est à la fois le Désirable et l'Indésirable. Il s'y noue finalement autour de l'épreuve ultime du meurtre, j Meurtre au bout duquel cependant s'éclaire le visage d'une Sonia, s'éclaire le Visage humain où est inscrite l'interdiction du meurtre. Le roman déploie ainsi l'interhumain comme espace où, dans le risque de l'excès du mal, un Bien passe énigmatiquement. Il déploie littérairement la Question de l'Autre.
Alors que notre société aspire à plus d'autonomie et à un minimum d'autorité, à ce qu'on lui donne le sens de la course et qu'on lui lâche la bride, alors qu'une formidable vitalité de création parcourt le pays, nos entreprises, nos familles sont confrontées à une crise sans précédent, tant le décalage entre les aspirations individuelles et le fonctionnement des institutions et des organisations est devenu grand. « Rien n'est plus comme avant... » Cette réalité semble échapper à certains dirigeants technocrates, devenus maîtres dans l'art d'édicter des règlements et s'accrochant au principe d'autorité ; comme elle semble échapper aux tenants de notre système social, scolaire, universitaire et de pouvoir qui, en reproduisant à l'identique ses élites, continuent à réguler la société en fonction de son passé, non de ses besoins actuels et futurs. Halte-là ! nous lancent Gabrielle Rolland et Hervé Sérieyx. Pour ne pas aller dans le mur, nous devons accepter de remettre en cause la conception de nos organisations et du pouvoir, savoir passer de la pyramide au réseau, du fonctionnement par territoire à un fonctionnement transversal, des luttes de pouvoir à un traitement pragmatique des problèmes. Un tel mouvement fera éclater notre façon de gérer notre temps, notre vie, et en particulier la place des femmes dans la société. Il impliquera un rééquilibrage des rôles et permettra à chacun de vivre une vie à trois temps : vie professionnelle, vie sociale, vie privée. Serons-nous capables de le faire ? Faisons le pari que c'est possible. Car nous ne pouvons pas nous offrir le luxe en cette fin de siècle d'une société spécialisée où les hommes et les femmes choisissent des voies parallèles. La complémentarité de leurs approches, de leurs valeurs, de leurs priorités est la clé d'une transformation vitale. Passant aux travaux pratiques, dans Colère à deux voix, une femme et un homme, en colère parce qu'ils sont à la fois acteurs et observateurs de leur temps, portent sur cette nécessaire révolution culturelle un regard à la fois semblable et différent.
Roi du Ring (Le) T1Graine de champion est le 1er tome du Roi du ring, un diptyque signé Gigault et Rolland, qui, à travers le parcours de Tobias, nous plonge dans l'univers du catch, rarement mis en scène par la bande dessinée. Ce 1er épisode du Roi du ring nous propulse au tout début de l'histoire : quand Tobias, pour ses dix ans, assiste à un spectaculaire gala de catch. Émerveillé, il décide que, plus grand, il sera champion du monde de la discipline. Rien que ça ! Avec la complicité amusée de son grand-père, il se plie alors à un entraînement de fer pour préparer son glorieux avenir. Étonnamment, cette toquade d'enfant persiste : devenu adulte, Tobias a toujours la même passion et le même but. Mais parviendra-t-il à réaliser son rêve ? Le Roi du ring s'annonce comme récit d'apprentissage aussi chaleureux que touchant ; cette série fait partie des projets soutenus par MMC-BD.