Samy Cohen
Samy Cohen
Qui décide vraiment de la politique étrangère française ? La Monarchie nucléaire lève le voile sur les coulisses du pouvoir sous la Ve République, entre mythe du président tout-puissant et réalité d’un système complexe.
Baignant dans un environnement hostile, en butte à des attaques terroristes récurrentes, la démocratie israélienne s'est maintes fois vue reprocher son manque d'humanité, son indifférence aux victimes civiles ennemies. Ses dirigeants s'en sont toujours défendus, soulignant, au contraire, leur respect constant des valeurs morales et du droit international. Tsahal serait l'« armée la plus morale au monde ». Où est la vérité ? Israël est-il du côté des démocraties qui s'efforcent de respecter la « morale de la guerre », ou des États qui la violent ? À rebours des idées reçues, ce livre-enquête scrute l'histoire d'Israël, des années 1930 à aujourd'hui, à travers le prisme de la morale, montrant une réalité complexe, celle d'un pays oscillant entre brutalité et retenue, entre crimes de guerre et actes d'humanité. C'est l'identité même d'Israël qui est explorée ici, sans concessions et sans parti pris.
Baignant dans un environnement hostile, en butte à des attaques terroristes récurrentes, la démocratie israélienne s'est maintes fois vue reprocher son manque d'humanité, son indifférence aux victimes civiles ennemies. Ses dirigeants s'en sont toujours défendus, soulignant, au contraire, leur respect constant des valeurs morales et du droit international. Tsahal serait l'« armée la plus morale au monde ». Où est la vérité ? Israël est-il du côté des démocraties qui s'efforcent de respecter la « morale de la guerre », ou des États qui la violent ? À rebours des idées reçues, ce livre-enquête scrute l'histoire d'Israël, des années 1930 à aujourd'hui, à travers le prisme de la morale, montrant une réalité complexe, celle d'un pays oscillant entre brutalité et retenue, entre crimes de guerre et actes d'humanité. C'est l'identité même d'Israël qui est explorée ici, sans concessions et sans parti pris.
L'abondante littérature qui analyse les dérives populistes dans le monde laisse curieusement de côté Israël, où elles sont pourtant patentes. À plusieurs reprises au cours des douze dernières années, cette démocratie s'est trouvée au bord du gouffre. Retraçant la trajectoire de la « seule démocratie du Proche-Orient », de sa naissance aux années Netanyahu, Samy Cohen montre combien elle est hybride, fragile et fragmentée. La société a éclaté en deux camps. L'un, attaché aux valeurs libérales, est prêt à des compromis avec les Palestiniens, quand l'autre, sensible aux sirènes nationalistes et religieuses, reste indifférent à l'État de droit. Qui l'emportera ? C'est l'avenir de la démocratie israélienne qui est en jeu. Samy Cohen, directeur de recherche émérite à Sciences Po (CERI), est l'auteur notamment de Tsahal à l'épreuve du terrorisme (Seuil, 2009, Prix du Grand livre 2009 des professeurs et maitres de conférences de Sciences po) et Israël et ses colombes. Enquête sur le camp de la paix (Gallimard, 2016).
Existe-t-il encore un camp de la paix en Israël ? Au début des années 1980, il occupait une place centrale, jusqu'à faire descendre dans la rue des centaines de milliers de personnes. Mais depuis, il semblait décliner alors que le conflit israélo-palestinien s'enlisait dans la violence, surtout avec la seconde Intifada. Aujourd'hui, il peine à se faire entendre et à mobiliser en masse. Ce livre en retrace l'histoire, avec ses succès et ses échecs. C'est surtout après la guerre des Six jours que le mouvement de la paix prend forme, aussitôt confronté aux partisans d'une colonisation à outrance des territoires conquis. Mais son étoile pâlit à mesure que la question palestinienne s'invite dans le débat national et que les attentats-suicide sapent la confiance dans le processus de paix engagé par Yitzhak Rabin. Le terrorisme a déstabilisé une opinion publique de plus en plus obsédée par sa sécurité ; le sentiment gagne que les "colombes" mènent un combat aussi illusoire qu'inactuel. Pourtant, le mouvement de la paix n'a pas disparu. Il s'est métamorphosé, donnant naissance à une multitude de petites organisations d'une vitalité insoupçonnée, y compris en Israël même : forum de familles endeuillées, associations de réservistes, de médecins, de juristes, des vigies des droits de l'homme et même d'anciens hauts responsables de la diplomatie et de la sécurité. Ce sont ces héros, nombreux et souvent méconnus, que cette enquête fait découvrir.
Existe-t-il encore un camp de la paix en Israël ? Au début des années 1980, il occupait une place centrale, jusqu'à faire descendre dans la rue des centaines de milliers de personnes. Mais depuis, il semblait décliner alors que le conflit israélo-palestinien s'enlisait dans la violence, surtout avec la seconde Intifada. Aujourd'hui, il peine à se faire entendre et à mobiliser en masse. Ce livre en retrace l'histoire, avec ses succès et ses échecs. C'est surtout après la guerre des Six jours que le mouvement de la paix prend forme, aussitôt confronté aux partisans d'une colonisation à outrance des territoires conquis. Mais son étoile pâlit à mesure que la question palestinienne s'invite dans le débat national et que les attentats-suicide sapent la confiance dans le processus de paix engagé par Yitzhak Rabin. Le terrorisme a déstabilisé une opinion publique de plus en plus obsédée par sa sécurité ; le sentiment gagne que les "colombes" mènent un combat aussi illusoire qu'inactuel. Pourtant, le mouvement de la paix n'a pas disparu. Il s'est métamorphosé, donnant naissance à une multitude de petites organisations d'une vitalité insoupçonnée, y compris en Israël même : forum de familles endeuillées, associations de réservistes, de médecins, de juristes, des vigies des droits de l'homme et même d'anciens hauts responsables de la diplomatie et de la sécurité. Ce sont ces héros, nombreux et souvent méconnus, que cette enquête fait découvrir.
Les secrets de fabrication de l'interview (comment établir une relation de confiance, formuler les bonnes questions, éviter les erreurs grossières) à partir des témoignages de chercheurs et journalistes ayant réalisé des enquêtes dans les sphères de la politique extérieure et intérieure, de l'économie et de la culture. « Copyright Electre »
Depuis sa création, Israël a connu plusieurs vagues de terrorisme : celle des " fedayins " infiltrés à partir de l'Égypte ou la Jordanie dans les années 50; celle de Septembre Noir dans les années 70 ; celle menée contre des villages au nord d'Israël en 1974 ; celle des années 90 après les accords d'Oslo ; celle de la seconde Intifada, enfin, marquée par une vague d'attentats-suicides sans précédent. Comment Tsahal – l'armée israélienne – a-t-elle mené sa lutte contre le terrorisme? A-t-elle su gérer ce type de conflit " au sein des populations "? Le bilan, en demi-teinte, ne trouvera grâce ni aux yeux des inconditionnels d'Israël ni à ceux de la cause palestinienne. L'armée israélienne n'a pas choisi la stratégie du pire, celle de la violence extrême, mais elle a commis plusieurs erreurs. Elle n'a pas assimilé les règles implacables de la " guerre asymétrique ". Depuis la création de l'Etat en 1948, elle a privilégié la doctrine de la " riposte disproportionnée ", inappropriée à ce type de conflit. Celle-ci a mal rempli sa fonction dissuasive et a entraîné le pays tout entier dans une situation chaque fois plus inextricable. Mais pourquoi cette persistance ? Cette enquête s'appuie sur une documentation abondante recueillie en Israël, ainsi que sur de nombreux entretiens effectués auprès d'officiers et de simples soldats, de responsables de haut niveau de la lutte anti-terroriste, d'hommes politiques, de journalistes et de membres d'ONG. Samy Cohen, directeur de recherche au Centre d'études et de recherches internationales (Sciences Po), est spécialiste des questions de politique étrangère et de défense. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages et de nombreux articles parus dans des revues spécialisées, notamment anglo-saxonnes.
Le président de la République contrôle-t-il véritablement la politique de défense de la France? Depuis quelques années, bien des analystes en doutent et dénoncent la mainmise des généraux et du " complexe militaro-industriel " sur la décision politique. Des actes lourds de conséquence, comme l'aide militaire à l'Irak ou le lancement de coûteux programmes d'armements, n'auraient été décidés que pour satisfaire l'appétit des militaires et des capitaines d'industrie. Plusieurs années d'enquête, au cours desquelles plus d'une centaine de personnalités civiles et militaires ont été interrogées, révèlent que cette thèse, pour séduisante qu'elle soit, manque de sérieux. Ce livre conteste non pas l'existence des groupes de pression mais l'étendue de l'influence qui leur est généralement attribuée. La plupart des grandes orientations politico-stratégiques ont été prises par le pouvoir civil, souvent contre l'avis de l'armée. C'est lui le véritable responsable. C'est lui qui a décrété la baisse des effectifs conventionnels et dispensé aux ingénieurs des crédits massifs pour la réalisation et la modernisation de la de la force de dissuasion nucléaire. C'est lui qui a doté la France d'une industrie militaire forte et qui est l'initiateur d'une grande politique d'exportations qu'il contrôle presque sans limites. Le responsable des ventes d'armes à l'Irak, c'est lui, et c'est lui encore qui a couvert par son silence les ventes d'obus à l'Iran, pays contre lequel il avait décrété l'embargo. Les opérations militaires en afrique ou au Proche-Orient ont presque toutes eu lieu à l'instigation des civils de l'Elysée, de la Défense ou du Quai d'Orsay, les militaires se tenant généralement sur la réserve. Nul ne s'étonnera dès lors de retrouver les représentants de l'exécutif au coeur des scandales politico-militaires, qui, depuis l'affaire des vedettes de Cherbourg jusqu'à l'affaire Luchaire, ont, à plusieurs reprises, ébranlé la crédibilité de l'Etat. Responsable politique, militaire industriel: chacun à sa place doit contribuer à la cohérence de la défense nationale. Mais la prééminence du politique donne à ce dernier une responsabilité particulière. Encore faut-il qu'il assume ses choix. Ce n'est pas le moindre mérite de ce livre de montrer à quel point la volonté politique a fait défaut ces dernières années et d'attirer l'attention sur les grands dossiers qui devront être traités sous le prochain septennat afin que la France puisse prétendre tenir son rang. Samy Cohen est chercheur à la Fondation nationale des sciences politiques (CERI) et enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris. Il est l'auteur de: De Gaulle, les gaullistes et Israël (A. Moreau, 1974), Les Conseillers du Président (PUF, 1980) et La Monarchie nucléaire, les coulisses de la politique étrangère sous la Ve République (Hachette, 1986).