Serge Filippini
Serge Filippini
Découvrez Poèmes de salle de bains, un recueil intime et universel où Serge Filippini transforme les moments du quotidien en poésie pure. Une invitation à redécouvrir la beauté cachée dans les gestes les plus simples, à savourer sans modération.
Il y a quarante ans, près de deux millions de soldats français (hommes de troupe, sous-officiers, officiers) étaient retenus en Allemagne parce que leur pays n'avait su, ni préserver la paix, ni préparer la guerre. Malheur aux vaincus ! La punition fut rude : 5 ans d'absence, de séparation, de privations, d'heures gâchées à un âge où l'homme s'épanouit. Dans le cadre de cette captivité, le soldat de 40 oppose aux « ferments de dispersion » sa bonne humeur, sa compréhension, son humour, bref cette aptitude à extraire du fonds commun des Français le meilleur : l'art d'une vie libre, fraternelle, civilisée. Il en emporte la conviction que le relais transmis par-delà les miradors à tous les Français sera au rendez-vous de la victoire, d'une victoire qu'il voudrait sans palmarès dans une France qui, ne laissant aux chimères que leur juste place, saurait se réconcilier avec elle-même.
Au début, il y avait une petite fille qui aimait bien se faire attacher à un arbre. Et puis, peu à peu, cette innocente perversion érotique va se transformer en une quête éperdue d'un plaisir soumis qui fera croiser à cette héroïne en quête d'absolu des personnages de plus en plus dominants, torturés d'indicibles pulsions comme ce prêtre priapique qui veut toujours aller plus loin. Hommes, femmes se mêlent inextricablement dans un tourbillon de folie érotique qui les entraîne si loin qu'ils s'y détruisent.
Dans un hôtel perdu de Vendôme, Joseph Brentano, représentant sans envergure, croise la route d’Angèle, serveuse au passé trouble. Leur rencontre bascule dans une passion violente, où fantasmes et secrets s’entremêlent jusqu’à l’étouffement.
« Aimer sans posséder, dominer ni trahir. » Paris, au Moyen Âge. Oceano, un jeune moine, ne peut résister aux tentations de la chair. Il est dénoncé et, voulant corriger son délateur, le tue par accident. Pour expier son crime, il se retire dans le monastère de Skelig, petite île escarpée au large de l'Irlande. Il y découvre des moines qui ont abandonné la vie religieuse et s'entre-déchirent depuis le jour où leur abbé a proclamé que Dieu n'existait pas. Une moniale, Arden, l'initiera à la liberté d'aimer et à l'égalité entre hommes et femmes. Monastère est un grand roman d'aventure et de passion où les âmes et les corps se délivrent, tentent par tous les moyens d'échapper à l'hypocrisie de l'ordre moral et à la domination.
Aden, août 1880. Jules Suel, gérant du Grand Hôtel de l'Univers, a décidé de s'offrir un cliché publicitaire. Il convie quelques fidèles à poser autour de lui. Tous se prêtent au jeu, plutôt de bonne grâce. Seul un employé de la maison Bardey, un être taciturne vêtu comme un ouvrier, se fait prier - et ce personnage n'est autre qu'Arthur Rimbaud. S'inspirant de la célèbre photo retrouvée par hasard en 2010, Serge Filippini imagine les deux heures qui mènent à la prise de vue. Il entrecroise les vies des six hommes et de la femme bientôt figés dans leur portrait de groupe. Qui sont-ils, ces commerçants et ces explorateurs? Quelles obsessions, quels rêves les animent? Quels secrets sont-ils venus cacher dans la chaleur accablante et la poussière d'Arabie? Et pourquoi Rimbaud refuse-t-il l'amour qui s'offre à lui?
Plongez dans Rimbaldo et découvrez les dernières heures d’Arthur Rimbaud à Aden, en 1880, à travers une photo historique. Serge Filippini recrée avec brio les secrets, les passions et les mystères de ce cliché légendaire.
Le destin d'une femme hors normes qui n'a pas pu trouver sa place dans la France de l'entre deux guerres et qui semble incarner tous les démons refoulés d'une période noire de notre Histoire.Née à Paris en 1893, Violette Morris s'est d'abord illustrée comme estafette sur le front pendant la Grande Guerre, puis comme sportive de haut niveau, notamment en course automobile où elle gagna le Bol d'Or en 1927 devant des concurrents masculins. Mais en 1930, la Fédération féminine sportive de France la condamne pour " mauvais exemple aux jeunes filles ".Marginalisée, Violette fréquente les artistes, se fait couper les seins et s'installe avec sa compagne sur une péniche. Un homme venu la menacer y meurt sous les coups d'une arme à feu... Acquittée pour légitime défense, elle n'en devient pas moins une femme dangereuse, réputation qu'elle justifie en fréquentant les milieux collaborationnistes et allemands sous l'Occupation. A la tête d'un garage réquisitionné par la Luftwaffe tout en se livrant au marché noir, elle est accusée d'être agent de la Gestapo. Sa fin tragique sous les balles de la résistance normande en 1944 scelle le destin d'une figure hors norme qui n'a pas pu trouver sa place dans la France de l'entre-deux-guerres.Mal connu, objet d'une légende noire, le " dossier Violette Morris " méritait d'être rouvert. Une enquête minutieuse dans les archives des services secrets de la France libre, de la police, des procès en cour de justice de la Libération, et auprès des témoins en Normandie ne conclut pas à sa culpabilité. Et si Violette Morris incarnait tous les démons refoulés d'une époque ?Historienne et historienne de l'art, Marie-Josèphe Bonnet est l'auteur de : Les Relations amoureuses entre les femmes du XVIe au XXe siècle (Odile Jacob, 1995), Les Femmes artistes dans les avant gardes(Odile Jacob, 2006) et Les Voix de la Normandie combattante (Ouest-France, 2010). Elle travaille sur l'Occupation et la Résistance depuis plusieurs années, tout en poursuivant ses recherches sur l'art et le féminisme.
Militant communiste, Guy Môquet (né en 1924) est le plus jeune des vingt-sept otages de Châteaubriant fusillés en représailles à l'exécution, à Nantes, de Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de Loire-Inférieure. Il est devenu l'un des symboles de la Résistance. Avant d'être fusillé le 22 octobre 1941 avec vingt-six camarades, il avait écrit une lettre bouleversante à ses parents, lettre qui sera lue chaque année aux écoliers.Odette Nilès ne fut pas seulement la " petite fiancée " de Guy Môquet. dont elle a partagé la vie au camp de Choisel, à Châteaubriant, et qu'elle a vu partir à la mort avec ses camarades. Soixante-sept ans après, elle n'a pas oublié cette journée du 22 octobre 1941. " Guy, c'était un battant. C'était l'exemple du courage de cette jeunesse qui ne baisse jamais les bras. Même devant la mort. "L'auteur évoque aussi sa vie de militante, ses débuts dans la clandestinité, sa lutte contre les Allemands, puis son arrestation et sa survie d'un camp à l'autre. Puis ses responsabilités dans les FTP, à la Libération.Odette raconte aussi, comme elle ne l'avait jamais fait, le " coup de foudre " avec Guy. Elle révèle des facettes inconnues du jeune rebelle et des anecdotes émouvantes. Celle de cette bague, par exemple, que Guy lui fabriqua avec une pièce de 2 francs. Elle nous parle bien sûr de la mort de Guy Môquet et de la " lettre à Odette ", parvenue grâce au gendarme Rustine. Un billet griffonné pour sa bien-aimée. Elle exlique enfin pourquoi cette lettre - qu'elle a gardée secrètement pendant soixante ans - doit aujourd'hui être lue, elle aussi.
« Elle avait gardé toute la nuit Nadja serré entre les cuisses - comme si elle avait attribué à ce livre un pouvoir magique. Mais le petit volume à présent lui comprimait le ventre. Elle l'avait toujours à la main quand elle s'est levée pour aller aux toilettes. Elle a pris au passage, sur la table, un Bic noir appartenant à l'auberge. Dans le cabinet, elle a ouvert Nadja sur ses genoux à la page de titre et écrit méticuleusement J'aimerai au-dessus du nom de l'auteur, en script du même corps. Elle a tracé avec art toutes ses lettres afin que la mention nouvellement composée J'aimerai André Breton soit bien unifiée, et que ses propres caractères paraissent eux-mêmes sortir de l'imprimerie. » Né en 1950, Serge Filippini a suivi des études de lettres et de philosophie. Il est notamment l'auteur de L'Homme incendié, La Vie en double, Deux testaments et Un amour de Paul.
Paris, dans un siècle environ, n'existe plus en tant que ville. Les responsables : les guerres, le réchauffement climatique et la montée des eaux, qui recouvrent une partie de la Normandie et s'approchent de l'ancienne capitale. Laissée à l'abandon, livrée à la ruine, c'est désormais une jungle peuplée de vestiges archéologiques : l'arc de Triomphe, le Louvre, le Panthéon, des tronçons de métro aérien, la tour Eiffel décapitée par un missile...Seuls deux gratte-ciel ont survécu dans l';ex-quartier chinois du XIIIe arrondissement, dressées face-à-face comme sur un échiquier. Chacune des tours est commandée par un chef de guerre : Rob et Angst, sont plus ou moins frères ou cousins. Tous deux veulent faire renaître Paris. " Assassins " et " commandés " s';affronteront trente contre trente sur la dalle... Mais avant le combat, moult péripéties, mettant aux prises des enfants purs et des enfants tueurs, un manteau miraculeux brodé de deux couleuvres entrelacées, une vierge rêvant d'être l'Épouse mystique qui enfantera la renaissance de l'Europe... Une atmosphère médiévale et futuriste baigne le Combat des Trente, roman gothique inspiré d'un épisode réel de la guerre de Cent ans.
Rome, 1989. Relevant le défi lancé dans les années 70 par Pasolini, un romancier (Paul Saulino) s'attaque à l'écriture d'un film sur la vie de saint Paul. Il a été engagé pour ce travail par un producteur (Hugo Lhomme) qui est aussi son ami et son mentor. Au cours d'une visite sur le lieu du martyre de l'apôtre, Paul croise Eden Pym, une jeune actrice aux yeux d'ange, au corps de top model, mais à l'esprit névrosé et tourmenté par les problèmes de foi. Au-delà de l'aventure sexuelle, Paul entrevoit la possibilité d'être heureux avec Eden. Cependant il est contraint de présenter sa nouvelle maîtresse à Hugo qui, aussitôt, voit en elle la star du futur film. A qui Eden se donnera-t-elle ? A Paul comme amante ? A Hugo comme actrice ? Ou choisira-t-elle son chemin de Damas et la foi ? Serge Filippini, né en 1950, romancier, est l'auteur, entre autres, de L'Homme incendié (1990), et du Roi de Sicile (1997).
Dans les Abruzzes, à la fin du XIIIe siècle. Charles II d'Anjou est roi de Sicile en titre et en droit, mais non en fait, car il a perdu son île, tombée aux mains des Espagnols après le massacre dit " des Vêpres siciliennes ". Pour la récupérer, il a besoin d'un traité avec l'Espagne ratifié par le Pape. Le traité est à portée de sa main. En revanche, il n'y a plus de pape depuis deux ans, et le conclave est trop déchiré pour en élire un... Charles veut pourtant essayer de forcer les cardinaux à dépasser leurs querelles et à choisir un pontife. Pour parvenir à ses fins, il arrache à sa solitude un pauvre ermite qui finit par monter sur le trône sous le nom de Célestin V. Hélas ! L'ermite n'a accepté d'être élu que pour mieux refuser de régner. Retourné à sa réclusion volontaire, il entrera dans l'histoire comme le seul pape ayant abdiqué sa charge... Et Charles ne mettra jamais les pieds en Sicile ! Le drame est livré au lecteur sous la plume de Phèdre, un esclave lettré devenu écrivain officiel des Anjou. A son libre récit se mêle l'évocation d'amours et amitiés avec ceux qui gouvernent alors le sud de l'Italie : une poignée d'hommes et de femmes attachés à l'oeuvre commune, mais où chacun doit composer avec ses ambitions, ses opinions et désirs. Comment ne pas voir, dans ces pages, un écho à nos passions vivantes ?