Sikou Niakaté
Sikou Niakaté
Avoir un fils - Neuf récits intimes sur l'éducation des garçons et la construction de la masculinité
Quel modèle de masculinité transmet-on à nos fils ?Comment les protéger des tentations masculinistes ?Ce livre ausculte la part de construction et celle de transmissiondans ce que l'on appelle " être un homme ", pour en déjouer lespièges, et imaginer d'autres voies pour nos fils. Dans ces textes,les auteurs et les autrices explorent ce qu'ils ont reçu de leurspropres parents - et de leur père en particulier - mais aussi deleurs pairs, mesurent la persistance des injonctions à la virilitéet évaluent le défi que représente, aujourd'hui, l'éducation d'unfils. Ces récits intimes disent les héritages, parfois invisibles, et lecourage qu'il faut pour interrompre certaines chaînes, surtoutau regard de la recrudescence actuelle des courants masculinistes.Car le mal-être des hommes recrutés dans leurs rangs neserait-il pas lié à la solitude, présente dès l'enfance et engendréepar cette impossibilité d'exprimer ses faiblesses, ses fragilités ?Dès lors, comment inverser la vapeur pour en préserver nos filsqui grandissent ?Sous la direction de Camille Abbey :o L'homme que tu deviendras, par Cécile Delarueo Pendant que le loup n'y est pas, par Renée Greusard et Clément Combeso Autobus de père en fils, par Guigui Popo La culture de l'homme parpaing, par Stéphane Jourdaino Psychanalyse de l'aspirateur, par Laurent Metterieo Le briseur de silences, par Sikou Niakatéo Devenir les alliés de nos enfants, par Martin Pageo Bats-toi si t'es un homme, par Paul Sanfourcheo Conversation avec mon fils, par Louise Tourret
« Je ne me sens chez moi que lorsque je suis au quartier. Un peu comme ce chien qui a toujours été en cage. Un jour, on lui ouvre la grille. Mais il ne connaît pas la vie en dehors de sa prison. Alors, après quelques pas à l'extérieur, envahi par la peur, il y retourne, puis referme la porte avec sa patte. Moi, je rêve de la quitter, ma cage. Mais personne ne me l'ouvre. L'extérieur ne me désire pas. L'extérieur est hostile avec moi, le pauvre du quartier. L'extérieur raconte que j'ai la rage, pour justifier la violence qu'il exerce sur moi. Et plus je subis, plus j'ai mal. Plus j'ai mal, plus je crie. Mais plus je crie, plus je donne raison au scénario de l'extérieur qui veut faire de moi un clebs enragé. » Grand, pauvre, noir, donc menaçant, le jeune Sikou se débat entre deux courants contraires : correspondre au stigmate ou s'en affranchir. Plus tard, devenu transfuge de classe, il comprend combien la masculinité noire l'assigne encore à un espace bien particulier, jusque dans l'intime. Un récit initiatique bouleversant qui raconte la difficulté de se constituer une identité propre lorsqu'on est sans cesse renvoyé au regard que le monde pose sur soi.