Simon Wuhl
Simon Wuhl
Le père de Simon Wuhl, Isacher, pris dans la rafle du Vél' d'Hiv', a été déporté et mort à Auschwitz. Simon Wuhl qui n'avait que 23 mois, et sa mère Rébecca, raflés également, ont été relâchés de justesse car l'enfant n'avait pas deux ans. Au-delà du récit de cette tragédie familiale, l'auteur poursuit un double objectif : 1. Restituer la vie intense de son père avant la Shoah. Isacher en effet, a vécu une existence de juif sécularisé, engagé dans les combats de l'émancipation pour les Juifs et bien au-delà, lors de trois périodes : Dans la Pologne des années 1920 d'abord, en intégrant le mouvement des sionistes de gauche. Dans la Palestine des années 1930 ensuite, sous mandat britannique, travaillant comme ouvrier du bâtiment dans un kibboutz où il a rencontré la mère de l'auteur ; il s'est alors radicalisé politiquement comme militant communiste. Dans la France de l'avant-guerre enfin, où les parents de l'auteur, attirés par l'évènement du Front populaire pensaient ne rester qu'un an ou deux, avant d'être rattrapés par la guerre et la Shoah. 2. Rendre compte des difficultés matérielles à vivre et à survivre dans la France d'après-guerre, pour la mère de l'auteur surtout, et montrer que les conséquences de la Shoah se sont prolongées bien au-delà de la fin de la guerre. Par ailleurs, l'auteur accompagne le récit d'un certain nombre de réflexions sur le comportement de la police de Vichy et d'une administration pourtant issue de la troisième République; sur l'atmosphère de déni dans la France des années 1950 et 1960, d'une guerre dans la guerre, celle de l'extermination des Juifs ; et, au plan plus personnel, l'impact de la Shoah sur ses difficultés d'intégration et d'une vie sociale normale dans sa jeunesse notamment.
Face à la montée de l'incertitude économique, les politiques d'insertion peinent à trouver leur rôle : gestion sociale de l'exclusion ou levier d'intégration ?
Apparemment la cause est entendue : la lutte contre le chômage passe par le rétablissement de la croissance économique et, en attendant, par des actions préparatoires au retour à l'emploi (formation, action sociale). Pourtant, la reprise économique des années 1988-1989 en France, l'amplification des programmes d'insertion, n'ont eu que peu d'effets sur le processus d'exclusion économique d'une partie des chômeurs. Faut-il en déduire que le chômage d'exclusion devient un phénomène inéluctable ? Que d'autres voies d'intégration que celle de l'emploi seraient plus appropriées pour les chômeurs durablement écartés de la production ? L'auteur, montrant les limites et les menaces d'une telle perspective, se refuse à s'y résigner. Il réfute la thèse selon laquelle toute modernisation économique ne peut qu'engendrer l'exclusion des moins qualifiés. Analysant les marges de manoeuvre de notre système productif d'une part, les caractéristiques des politiques d'insertion d'autre part, il plaide pour un ancrage de la lutte contre l'exclusion dans le monde économique, avec une forte médiation de l'État.
L'une des caractéristiques des politiques de discrimination positive, qui introduit une rupture dans la tradition des sociétés démocratiques où l'égalité de traitement est fondée sur des droits individuels, est qu'elle s'adresse à des groupes sociaux définis comme désavantagés au regard des normes sociales en vigueur. Mais contrairement à la conception américaine, ces groupes ne sont pas définis en France selon des critères innés et permanents, mais en fonction de leur situation socio-économique susceptible d'évoluer, d'autre part l'orientation américaine implique une obligation de résultat alors que la position française n'introduit qu'une obligation de moyens. Ce livre est conçu comme un prolongement du volume précadent Egalité, bouveaux débats (Puf, 2002) mais selon un objectif différent : la dimension comparative entre différentes pratiques françaises et le renouvellement du débat théorique au niveau international sont mis en avant.