Stéphanie Roza
Stéphanie Roza
Le récent divorce d'une partie de la gauche avec le legs rationaliste, universaliste et progressiste des Lumières peut donner le sentiment que l'émancipation au sens moderne n'a qu'un lointain rapport avec ce qu'elle signifiait au XVIIIe siècle, voire qu'elle lui est franchement opposée. Le présent ouvrage entend revenir sur un lien historique parfois remis en question de nos jours : les cas de Babeuf, de Mary Wollstonecraft et de Toussaint Louverture rappellent que les principes fondateurs de toute perspective de transformation sociale trouvent leur source dans la Révolution française. Les grands débats de la gauche des XIXe et XXe siècles, de la Révolution russe aux luttes d'indépendance des peuples colonisés, de Marx à Sartre et de Kropotkine à C. L. R. James, confirment le lien identitaire des plus grandes figures de la gauche avec le message libérateur du siècle des Lumières.
1906, 1979 : deux révolutions, deux Iran. Comment un pays pionnier de la modernité politique a-t-il basculé vers la théocratie ?
L'histoire de la philosophie en 130 dates emblématiques. Un récit éclairant pour ceux qui s'intéressent à la philosophie et à l'histoire des idées. Le récit de l'histoire des idées o L'ouvrage propose un panorama complet et vivant de l'histoire des idées philosophiques, des origines orientales et grecques de la philosophie jusqu'aux mutations de la pensée au XXIe siècle. o Au fil des siècles, le lecteur découvre ainsi, en 130 dates emblématiques, dans une présentation très accessible et illustrée, les principaux auteurs, les oeuvres clés, les grands courants qui ont marqué l'histoire de la philosophie. Une organisation claire, une mise en page rythmée o Au début de chaque partie, le récit des principales évolutions et une grande frise chronologique. o Au fil des doubles pages, le récit de chaque événement, en textes et en images. o À la fin de chaque partie, des dossiers sur les grands concepts qui ont traversé l'histoire. L'équipe d'auteurs Une équipe d'enseignants et de chercheurs en philosophie : Véronique Decaix o Gweltaz Guyomarc'h o François Thomas o Stéphanie Roza o Sarah Margairaz. Avec une préface de Raphaël Enthoven.
Des textes inédits de l'un des premiers hommes de la Révolution. Antoine Barnave a été l'un des premiers défenseurs de la Révolution et l'un de ses orateurs les plus influents. Sa volonté, après 1791, de terminer la Révolution en consolidant une monarchie constitutionnelle comme sa défense de l'esclavage ont souvent éludé son rôle initial et la complexité de son positionnement. Arrêté et emprisonné en 1792, Barnave est exécuté l'année suivante. Si ses lettres à la reine sont bien connues, d'autres textes de cet auteur prolifique, dont certains avaient retenu l'attention de Jean Jaurès, étaient jusqu'à présent peu accessibles. Les auteurs de ce livre déploient les différents axes d'une pensée originale, tout sauf modérée, comme les réflexions de celui qui peut être qualifié de dernier historiographe des Lumières et de premier historien de 1789. Pour Barnave, la Révolution est l'aboutissement inéluctable d'une dialectique sociale mettant aux prises la bourgeoisie montante et la vieille aristocratie. Ses écrits permettent par ailleurs de resituer la Révolution au sein de l'empire colonial, en proie à la concurrence avec les autres puissances européennes.
Et si Marx nous aidait à comprendre l’aliénation numérique ? Stéphanie Roza décrypte comment les GAFAM transforment notre rapport au travail et à nous-mêmes, en s’appuyant sur un marxisme humaniste résolument actuel.
À partir des années 1930, la découverte des textes de jeunesse de Marx (les Manuscrits de 1844 et L'Idéologie allemande) amorce une réflexion sur la place de l'humanisme dans le marxisme, qui culmine vingt ans plus tard avec Jean-Paul Sartre et Georg Lukács qui, chacun à sa manière, tentent alors de réintroduire la subjectivité individuelle et son irréductible liberté dans une conception matérialiste et révolutionnaire de l'histoire. Il s'agit de régénérer un projet d'émancipation individuelle et collective après la terrible période de glaciation stalinienne. Mais quelle est la marge de manoeuvre des humains face aux forces sociales qu'ils engendrent par leur activité ? Comment concilier révolution et démocratie ?
Depuis plusieurs années déjà s'élèvent des critiques d'une radicalité inouïe contre le coeur même de l'héritage des Lumières : le rationalisme, le progressisme, l'universalisme. Ces critiques se revendiquent de l'émancipation des dominés, marqueur traditionnel des différents courants de gauche. Mais s'inscrivent-elles dans le prolongement de celles qui, depuis l'émergence des mouvements socialiste, communiste ou anarchiste, avaient pour horizon un prolongement et un élargissement des combats des Lumières « bourgeoises » ? Il est malheureusement à craindre que non. Une partie de la gauche est-elle dès lors en train de se renier elle-même ? Stéphanie Roza est chargée de recherches au CNRS, spécialiste des Lumières et de la Révolution française. Ses recherches actuelles portent sur l'héritage du XVIIIe siècle français dans le monde contemporain. Elle a publié Comment l'utopie est devenue un programme politique. Du roman à la Révolution (Classiques Garnier, 2015). A paraître : Lumières de la gauche (Editions de la Sorbonne).