Thierry Laugee
Thierry Laugee
Le dernier tiers du xixe siècle siècle américain fut celui d'une prise de conscience des dommages écologiques occasionnés par l'homme et de l'urgence de sensibiliser la population à la protection des espèces. L'American Museum of Natural History occupa un rôle central dans cette croisade pour l'animal et fut le laboratoire d'une réflexion majeure sur le pouvoir de l'image scientifique. L'instauration d'un système d'instruction visuelle destiné à l'ensemble des écoles de l'État de New York amena le Muséum à se réinventer, à repenser son rôle à travers ses collections. En analysant la mission assignée à la photographie animalière et à la taxidermie, autant de médiums usuellement négligés, cet ouvrage retrace l'histoire d'un militantisme visuel pour l'animal sauvage en milieu muséal et scolaire. Cette étude des photographes amateurs, des taxidermistes, des praticiens de muséum est également celle du rôle de l'image dans la constitution d'un mouvement national pour la conservation des espèces.
Ayant su attirer dans le champ de l'empiriquement observable des phénomènes relevant du jugement subjectif et donner l'allure d'une science à une croyance populaire, la physiognomonie a connu le succès d'une science capable de produire un savoir social particulièrement précieux dans un contexte de bouleversement des hiérarchies socioculturelles. À ce titre, elle a profondément marqué l'histoire des représentations et influencé la production et les projets d'artistes, de penseurs et d'écrivains. L'élargissement du champ d'investigation de la physiognomonie, son réinvestissement dans des constructions politiques ou sociales ainsi que les transpositions disciplinaires et médiatiques dont elle a fait l'objet, ont contribué à en faire un objet d'étude polymorphe. Les contributions réunies dans ce numéro observent les différentes manifestations de la postérité connue au XIXe siècle par le modèle physiognomonique qui postulait l'équivalence entre l'intériorité d'un individu et ses caractéristiques observables.