Vanessa Manceron
Vanessa Manceron
Bourgeoisie terrienne, fermiers, pisciculteurs, chasseurs, écologistes, néo-ruraux peuvent-ils cohabiter sur un territoire dont ils se disputent l'usage ? Comment, en Dombes, autour de l'étang qui se cultive, se pêche, se chasse et se préserve, se tisse le lien social entre ces groupes antagonistes ? Par l'attention portée aux multiples et subtiles hiérarchies, aux rapports de pouvoir qui traversent la société dombiste, l'auteur nous amène dans ce livre au plus intime du fonctionnement complexe des sociétés rurales françaises d'aujourd'hui. Avec cette analyse fine d'un système social entièrement sous tensions, où les réseaux de solidarité et d'affrontement se négocient et se redessinent en permanence, l'ouvrage dévoile comment une société locale se structure et s'invente dans la confrontation, comment elle se forme et se transforme avec et sous le regard des citadins. À l'heure où les zones humides, face à l'Europe du droit de l'environnement, sont le théâtre de nombreux conflits, Une terre en partage apporte une contribution précieuse et essentielle à la réflexion sur le dynamisme du monde rural, sur sa capacité à se perpétuer et à assimiler la nouveauté, à « faire société » entre ville et campagne, entre local et global.
On a parfois l'impression que les espèces végétales et animales ont appris à se dissimuler au regard des humains. Est-ce le résultat de l'usage des pesticides et du réchauffement climatique ? Vanessa Manceron s'est intéressée à une pratique scientifique discrète mais de plus en plus indispensable : connaître et reconnaître les plantes, les oiseaux, les papillons et autres insectes, les mondes vivants, tout autour de nous. Pour l'observer le mieux était d'aller en Angleterre, où la tradition naturaliste fait se côtoyer professionnels, universitaires et amateurs. Ce travail n'y est pas tenu pour un passe-temps marginal, mais considéré comme nécessaire. Cette science participative s'apparente à un savoir déambulatoire qui se déploie selon ses propres règles, en s'immergeant dans un territoire précis, délimité, pour y documenter régulièrement et systématiquement les espèces présentes, montrer comment elles se développent, gagnent du terrain ou régressent, voire disparaissent. Il faut apprendre à repérer les moindres indices, à les photographier mais aussi à les dessiner. On suivra ainsi les plantes, les papillons comme les multiples oiseaux présents dans nos champs en apprenant une autre manière de regarder, de se rendre sensible aux minuscules différences, aux sons, aux variations de couleurs. Et ainsi toucher du doigt une autre manière de vivre et d'habiter.