Vénus Khoury-Ghata
Vénus Khoury-Ghata
Après avoir appris aux enfants comment écrire un poème, Vénus Khoury-Ghata invite ses jeunes lecteurs à découvrir le vrai visage des arbres, mais aussi des oiseaux, du ruisseau, du jardin, des feuilles, des saisons. Chaque poème est une histoire ou une fable qui a su garder intact l'esprit d'enfance. L'ensemble procure un véritable bonheur de lecture. Une fête de l'imaginaire.
À l'espace meurtri du pays, se substitue l'espace de la page. Aux hommes qui meurent, se substituent les mots qui piétinent les chemins de l'écriture. Mots cris qui parcourent la peau du poème. Mots qui rougeoient, puis s'éteignent parce que, de l'autre côté des hommes, un pays s'ébroue dans la fumée de son sang. Et les morts se résignent à leur état de morts, s'assignent domicile dans la négation, installent l'instrument précis de leur corps dans l'immobilité. Ils habitent un lieu nul, sur ses frontières se cassent les rumeurs. Puis les corps repoussent, s'élèvent parallèles aux plus hautes plantes, gorgés de sève et d'écume. L'érotisme des derniers poèmes, n'est qu'une manifestation de la vie, même quand elle se greffe sur la mort.
Découvrez ce texte rare de Lothar Volkelt, réédition numérique d’un ouvrage paru au XXe siècle, où se mêlent mystère et poésie. Une plongée dans une écriture intemporelle, à redécouvrir en version ebook.
Un immeuble à moitié désert sur la ligne de démarcation qui divise une ville en deux. La guerre civile ayant pris fin, les habitants de cet immeuble se sentent oubliés, abandonnés. Le secteur chrétien leur tourne le dos, le musulman se méfie d'eux, ils hébergent un franc-tireur sur leur toit. Ils ont la nostalgie des années de guerre. Ils se trouvaient alors aux premières loges, les combats les plus meurtriers se déroulaient sous leurs balcons. L'histoire mettait en scène des carnages pour les distraire. Le lendemain de son accouchement, Flora, la femme chrétienne, franchit la ligne de démarcation, abandonnant son mari, ses enfants, son bébé pour rejoindre, dans sa maison, le notable musulman. Tout est soudain déchiré. Le secteur chrétien, humilié, crie vengeance, le secteur musulman n'a que mépris pour la femme adultère. Dans les murs éventrés par les bombes se faufilent le désordre et l'amour.
Tous les soirs, à l'heure où ces poèmes cadenassent leur porte, j'entends cet homme aimé arpenter les pages, indifférent aux mots qui disent sa mort. Mots douloureux qui le suivent à distance, attentifs au bruit de leur pas d'encre. Tous les soirs, à l'extérieur des murs de ces poèmes, une femme frappe aux vitres d'un coeur qui s'agrippe aux barreaux de son sang.
Jadis, il y aura de cela un an dans un millénaire, ils butèrent contre les angles de leur peau, se firent des bleus à l'ombre, puis sortirent de leurs yeux. La lune qui barra leur chemin fut lapidée à coups de galets qui leur revinrent grossis de leur écho.
Qui a giflé la lampe ? Qui a cassé Frédéric ? Qui a répandu des larmes sur la table et pourquoi pleure l'encrier ? Qui stoppera le saignement du parquet ? Arrêtez, il y a maldonne : ramassons les mots, mélangeons-les ; redistribuons-les de nouveau. Que chacun réintègre sa place exacte dans le langage quotidien : Qui a giflé Frédéric ? Qui a cassé la lampe (à pétrole) ? Qui a renversé l'encrier et pourquoi ma mère pleure-t-elle en nettoyant le sang répandu sur le parquet ? Pourquoi toutes ces questions ? Les pères n'ont-ils plus le droit de corriger leurs fils ? Le fils unique, l'aîné de trois filles : deux maigrelettes aux yeux ronds de stupeur, et une troisième, toute ronde et pulpeuse : Diane, c'est-à-dire moi, nullement chasseresse, mais chassée vers sa chambre par les cris du père et de son fils. Au thème principal - un fils réduit par son père à l'état de dépouille -, Vénus Khoury-Ghata relie bien d'autres motifs : la vie quotidienne et haute en couleur dans le Liban des années 50, les rapports entre les deux communautés religieuses, leurs coutumes, la saveur d'un langage imagé, le franbanais.
Faite d'images envoûtantes, l'écriture poétique de Vénus Khoury-Ghata est immédiatement reconnaissable. Ici, sous les auspices de Claude Lévi-Strauss, Vénus Khoury-Ghata a déplacé son univers vers l'Amérique latine, quelque part en Amazonie. Ainsi y croise-t-on chamans, dents de crocodile, griffes de lion, et autres sorciers... Par petites touches, tout en restant fidèle à elle-même, la poétesse s'intéresse à des rites nouveaux, un bestiaire et des motifs inédits qui dépaysent, prolongent et renouvellent son imaginaire.
Faite d'images envoûtantes, l'écriture poétique de Vénus Khoury-Ghata est immédiatement reconnaissable. Ici, sous les auspices de Claude Lévi-Strauss, Vénus Khoury-Ghata a déplacé son univers vers l'Amérique latine, quelque part en Amazonie. Ainsi y croise-t-on chamans, dents de crocodile, griffes de lion, et autres sorciers... Par petites touches, tout en restant fidèle à elle-même, la poétesse s'intéresse à des rites nouveaux, un bestiaire et des motifs inédits qui dépaysent, prolongent et renouvellent son imaginaire.
Tache d'effroi l'âme échappée du linge elle cherche un endroit où se poser la tourterelle grise est seule à s'affliger tu déformes le monde pour le rendre conforme à ton incompréhension un mort te tourne le dos cercle vide tes bras autour de ses reins il ne sait plus qui il était mais se souvient d'un peigne en écaille d'un livre ouvert et de ciseaux jamais refermés il n'est pas fétichiste mais absent de lui-même son corps ne lui tient plus compagnie Avec son style de conteuse hors pair, une écriture lumineuse et limpide, Vénus Khoury-Ghata nous offre ici de nouveaux poèmes empreints de nostalgie mais toujours éclairés d'images sensuelles et inattendues, qui font le sel de sa poésie. Car chez elle, l'âme et le sens de la vie demeurent intimement intriqués à l'écriture. Ici, contes, fables ou scènes de la vie ordinaire se métamorphosent en vécu par la magie de la mémoire et de l'imaginaire.
Tache d'effroi l'âme échappée du linge elle cherche un endroit où se poser la tourterelle grise est seule à s'affliger tu déformes le monde pour le rendre conforme à ton incompréhension un mort te tourne le dos cercle vide tes bras autour de ses reins il ne sait plus qui il était mais se souvient d'un peigne en écaille d'un livre ouvert et de ciseaux jamais refermés il n'est pas fétichiste mais absent de lui-même son corps ne lui tient plus compagnie Avec son style de conteuse hors pair, une écriture lumineuse et limpide, Vénus Khoury-Ghata nous offre ici de nouveaux poèmes empreints de nostalgie mais toujours éclairés d'images sensuelles et inattendues, qui font le sel de sa poésie. Car chez elle, l'âme et le sens de la vie demeurent intimement intriqués à l'écriture. Ici, contes, fables ou scènes de la vie ordinaire se métamorphosent en vécu par la magie de la mémoire et de l'imaginaire.
Le poète fou caché sous sa couverture continue à balbutier des choses. Ses mots refusent de mourir. Le vacarme des trains n'empêche pas le poète de se réciter ses poèmes, de les déclamer. Il entend des ovations. Il peut mourir en paix maintenant qu'il se sait apprécié. Moins fou, Mandelstam comprendrait que ce qu'il prend pour des ovations ne sont que des réclamations, ses camarades, des déportés comme lui, veulent du pain et pas des mots. Mort, ils continueront à lever son bras pour profiter de sa ration. En 1938, le grand poète russe Ossip Mandelstam a quarante-sept ans et se meurt dans un camp de transit près de Vladivostok. Staline, "le montagnard du Kremlin, l'assassin et le mangeur d'hommes", est le responsable de sa déchéance. Du fond de sa cellule, perdu dans son monde peuplé de fantômes, Mandelstam revoit défiler sa vie : quatre décennies de création et de combat, aux côtés de Nadejda, son épouse adorée, et de ses contemporains, Akhmatova, Tsvetaïeva, Pasternak et bien d'autres... Grâce à son écriture sensible et à son sens inné de la dramaturgie, Vénus Khoury-Ghata redonne vie à Mandelstam et lui permet d'avoir le dernier mot. Prouvant que la littérature est l'un des moyens les plus sûrs de lutter contre la barbarie.
Diane, qui a atteint un âge qu'on préfère taire, se rend dans une boutique de pompes funèbres pour acheter une concession et se retrouve avec un emplacement prévu pour deux cercueils... La voilà qui recherche parmi les hommes qui l'ont aimée celui qui serait prêt à devenir son compagnon du grand sommeil. Un roman aussi grave que fantasque, qui mêle la vie et la mort, l'amour et la solitude, l'émerveillement et le chagrin.
C'est un monde de matière et d'émotion brute qui se déploie dans les pages de Éloignez-vous de ma fenêtre, empli de nuit, de vent, de terre, d'os, de boue et de pierre que l'on mange lorsqu'on n'a plus rien à se mettre à la bouche. C'est aussi une réaction bouleversante à la tragédie survenue à Beyrouth l'été dernier qu'elle nous livre aussi, sous le titre ' 4 août 2020 - Beyrouth '.
C'est un monde de matière et d'émotion brute qui se déploie dans les pages de Éloignez-vous de ma fenêtre, empli de nuit, de vent, de terre, d'os, de boue et de pierre que l'on mange lorsqu'on n'a plus rien à se mettre à la bouche. C'est aussi une réaction bouleversante à la tragédie survenue à Beyrouth l'été dernier qu'elle nous livre aussi, sous le titre ' 4 août 2020 - Beyrouth '.
Immense poète russe, fervente amoureuse menant de front plusieurs liaisons à la fois : Rilke lui préfère Lou Andreas-Salomé, Pasternak en épouse une autre mais la protège jusqu'à sa mort, au bout d'une corde dans un grenier d'où elle avait vue sur le champ qu'elle grattait à mains nues à la recherche des pommes de terre oubliées des paysans. Une vie débordante d'épreuves : la misère pendant la guerre civile, sa fille de trois ans morte de faim dans un orphelinat, son mari qui se bat contre le régime soviétique... Rejetée par les poètes officiels, puis par la riche diaspora russe en France, elle retourne dans son pays pour mettre fin à sa vie d'errance. Enterrée sous une motte de terre anonyme dans le cimetière d'Elabouga, Marina Tsvétaïéva martyre de l'époque stalinienne.
Noor se sent aussi sèche que les feuilles flétries qui collent à ses semelles, que son puits déserté par l'eau. Elle s'alimente le moins possible, ne fait plus de feu pour chasser le froid accumulé sous sa peau, s'attache à ne rien modifier autour d'elle. Ils viendront accompagnés d'enfants et de chiens teigneux qui s'en prendront à sa chèvre utile pour le repas traditionnel prévu d'avance. Ils mangeront après avoir lancé les sept premières pierres appelées les salvatrices. Sept, répète-t-elle en s'aidant de ses doigts. Sept, comme les jours de la semaine, comme les cailloux qui fixent le toit de la réserve. Sept pierres pour fêler sa tête comme une grenade mûrie au soleil de l'été. Dans un village aux portes du désert, Noor attend son châtiment : coupable d'adultère et condamnée par une fatwa, elle doit être lapidée. Sur la place, les pierres sont déjà prêtes. Noor n'imagine pas pouvoir se soustraire à la justice et aux traditions ancestrales : elle doit payer pour sa faute. C'est compter sans l'intervention de l'étrangère, une Française au service d'une mission humanitaire qui, pour la sauver, déploiera des trésors d'énergie et de volonté... Formidable conteuse, Vénus Khoury-Ghata brosse les portraits de femmes au destin tragique, déchirées entre le respect de la tradition, l'aspiration à la liberté et le droit à l'amour et au plaisir.
Gens de l'eau chante la vie d'une communauté tel un mythe. En attendant le retour des hommes partis à la chasse, les femmes effacent leur douleur avec l'eau de la pluie. Tous les gens de la terre sont considérés comme des frères étranges, familiers et parfois menaçants. Vénus Khoury-Ghata fait défiler avec talent les images concrètes et d'une beauté bouleversante. Dans ce nouveau recueil, elle livre une poésie ample, directe et quasi magique.
Trois officiers français, morts en 1941 dans le Djebel druze suite au bombardement alliés dans la montagne syrienne sous protectorat français, sont exhumés cinquante après. Le squelette d'une femme est trouvé parmi eux. Qui est-elle ? Que faisait-elle dans ce temple romain détruit par l'aviation anglaise ?Au même moment, une jeune Française travaillant dans un hôpital parisien est renversée par une voiture. Plongée dans un long coma, elle n'en sort que pour déclarer qu'elle n'est autre que la fille morte sous les décombres du temple de Djebel druze.Partie sur les lieux, elle y retrouve les traces de son ancienne vie et les personnes qui ont survécu...
Le photographe ne voyait que la mère qui lavait ses cheveux rouges puis les nattait sous l'oeil de verre qui suivait ses bras nus levés haut pour fixer la masse de tresses au sommet du crâne. Clic clac malgré les regards désapprobateurs des voisins. Ne voyait qu'elle et ses cheveux mélangés à l'argile rouge. La boîte noire retombée sur la poitrine de l'homme, la mère n'aurait pas dû sourire mais rentrer chez elle, refermer sa porte, dérouler sa natte. Après le passage d'un photographe occidental, la femme aux cheveux rouges disparaît brutalement de la palmeraie où elle vivait, laissant derrière elle ses deux enfants bouleversés. Le mari et les enfants suivront les traces de la mère de ville en ville, et la retrouveront des mois plus tard sur les murs de Séville, devenue top model célèbre grâce au photographe. Ascension rapide suivie d'une chute brutale : l'engouement de l'Occident pour l'étrangère est de courte durée ; les mannequins noirs ne sont plus à la mode, remplacés par les Slaves éthérées... Misère et maladie rattrapent la reine d'hier. Avec son incroyable talent de romancière, Vénus Khoury-Ghata nous entraîne dans les rues et les faubourgs de Séville, et livre un roman tragique et drôle sur l'exil, la famille et la condition des migrants.
Tu écris comme on crie pour appeler à ton secours, transformer les morts en vivants, retrouver des lieux perdus. Jamais de plan, tes personnages te dictent les mots qu'il faut. Tu écris comme tu jardines, la terre creusée en profondeur comme pour mieux t'ancrer dans le sol français, écris pour liquider un contentieux avec toi-même et ton passé. Tu as rarement recours à l'imagination, ta vie dépasse toute fiction. C'est dans ta nature de perdre les hommes qui t'aiment, dans ta nature d'écrire ce que tu vis, le vécu ne prend sens qu'une fois écrit noir sur blanc ou serré, braise dans ta main, la brûlure confirme que tu es encore en vie. Une femme s'interroge : pour quelles raisons n'a-t-elle pas su garder les hommes qui ont partagé sa vie ? La passion d'écrire est-elle incompatible avec l'amour ? Vénus Khoury-Ghata parle de toutes les femmes qui vivent dans une grande solitude après une disparition. Vénus Khoury-Ghata rend le deuil presque supportable.
"S'il faut croire la rumeur tu battais les arbres femelles, battais le pavé et les tapis sur les rambardes entrais dans les livres des deux pieds faisais le tri entre enfants raturés par les parents et ceux fignolés par les cigognes entrais des deux pieds visiteur attendu de tout temps accrochais des baisers rutilants sur les joues des filles des médailles de maréchal-ferrant sur les épaulettes des garçons puis repartais des deux pieds sans avoir salué la femme grise qui tournait le potage sans décliner le jour et ton nom." Vénus Khoury-Ghata.
Deux jours à dos d'âne pour trouver la fiancée idéale. Jambes et bras épilés, mains teintes au henné, une fille à marier doit ressembler à un miroir. Chacune espère être l'élue et partir vivre en ville. Le désert est fait pour les hommes, leur regard croit voir des oasis avec des palmiers lourds de fruits quand les femmes ne voient que du sable sur du sable. Un regard circulaire a suffi au rabbin pour trouver l'élue. Il choisit Yudah pour son nom, une contraction de Yahuda, et pour ses yeux baissés lorsqu'il l'a regardée. Toute femme est belle pour le rabbin du moment qu'elle n'est ni manchote ni borgne. Yudah est une jeune fille juive du désert algérien. Le jour où le rabbin Haïm la chosit pour être la nouvelle épouse de l'Émir Abdelkader, sa vie bascule. Yudah rêvait de palais mais se retrouve dans un campement de tentes balayé par le vent. Occupé sur d'autres fronts, l'Émir, lui, demeure invisible. Bientôt Abdelkader rend les armes : il est débarqué avec ses généraux à Toulon pendant que le reste de ses fidèles est envoyé sur l'île Sainte-Marguerite. Yudah est de ce voyage. C'est donc en France qu'elle poursuivra sa quête, inlassablement, à la recherche d'un époux qu'elle n'a toujours pas vu... Le destin merveilleux de la jeune fille du désert se réalisera-t-il?
Dans un village aux portes du desert, Noor attend son chatiment : coupable d'adultere apres avoir ete violee par un homme et enceinte a la suite de ce viol, elle doit etre lapidee. Elle n'imagine pas pouvoir se soustraire a la justice. C'est compter sans une Francaise, venue pour une mission humanitaire et qui, pour la sauver, deploiera des tresors de volonte. Formidable conteuse, Venus Khoury-Ghata brosse les portraits de femmes au destin tragique, dechirees entre le respect de la tradition et le droit a la liberte. Roman de la chair, celle qu'on cache des regards, celle qui enfante, celle qu'on moque, frappe, mutile, blaspheme, mais aussi roman de la solidarite feminine, « Sept pierres pour la femme adultere » vous emporte, vous envoute et vous bouleverse dans cette lecture portee par deux femmes, deux voix de l'Orient et de l'Occident. « Une main te glisse un biberon entre les doigts, une autre t'aide a t'asseoir, cale ton dos avec des coussins, remplace tes chaussures par des babouches confortables. Elles sont aux petits soins pour toi. Elles feront pareil pour toute nouvelle accouchee. Un loukoum fourre dans ta bouche pour enlever son acidite au lait. Un verre de jus d'amande pour le faire affluer. Deux gouttes d'essence de fleur d'oranger pour chasser les coliques, et pour la nuit la tisane de pavot, prodigieuse de sommeil. » V.K.-G.
Un immeuble dans un quartier résidentiel qui tourne le dos à la ville. Des chats et des vieux à tous les étages. Tout passant à la peau mate est pris pour un cambrioleur, tout cagoulé est un potentiel terroriste, tout huissier est nanti d'une mallette.Une femme, " qui peut se passer de pain, d'eau, de lait, même de confiture, mais pas de chats, ni surtout de mots ", voit rejetée par la mairie de Paris sa demande d'être enterrée sous sa pelouse, à côté de ses chats : " le noir Pacha, qui collectionnait les embouts de tuyaux d'arrosage ; la végétarienne Lulu, égérie de Gourmet, payée en boîte de conserves refilée à Lucifer, chat de la gardienne ; l'obsédé sexuel Aristote, mort sous les coups de bec d'une tourterelle qu'il tentait de violer ; Bandit, qui filait à la seule vue d'un képi ; Rimbaud, bêchant la terre en ligne droite, pour y enfouir ses crottes ; Messaline, qui s'allongeait sous tous les chats, même castrés ; Juliette aux longs cils et Roméo aux moustaches incandescentes, et tant d'autres dont l'odeur continue à imprégner ses draps et ses tapis. Tous enterrés de nuit, à la barbe des voisins qui ne l'auraient pas admis, sous l'oeil humide de la lune..."Une chatte prend la plume pour défendre la requête de sa maîtresse.
Adam m'aimait à cause du désert, de l'odeur de sable qui collait à la plante de mes pieds, aimait Mathilde parce qu'elle lisait et écrivait. Elle tapait ses romans, tapait jour et nuit pour oublier qu'elle était une femme. Mathilde n'aimait pas le plaisir. Pauvre Mathilde qui n'a connu qu'un seul homme, un mari, pas un amant. Elle s'est privée de la halwa de la vie, de ce qui fait scintiller une femme comme lune de septembre. Mais les responsabilités l'ont vieillie : gérer un domaine a blanchi ses cheveux et noirci son coeur. Ma soeur m'a tout appris sauf à aimer. Adam s'en est chargé. Mathilde me manque. Une seule main ne peut applaudir. Elle était la main droite, j'étais la main gauche et Adam était les applaudissements. À l'occasion d'une conférence sur l'écrivain Adam Saint-Gilles, Anne rencontre sa veuve, Mathilde, et passe la nuit dans son gîte rural. La nuit devient des mois. Anne ne quitte pas les lieux malgré les rudes tâches exigées par Mathilde : débiter du bois, redresser une haie affaissée lui vaudront la lecture d'un roman inédit, promise jour après jour. Anne, esclave consentante de Mathilde. la découverte, à l'autre bout du domaine, de Zohra clouée dans un fauteuil roulant, demi-soeur de Mathilde et jadis amante de Saint-Gilles, éclaire d'une lumière crue la face cachée de la vie de l'écrivain...
Adam m'aimait à cause du désert, de l'odeur de sable qui collait à la plante de mes pieds, aimait Mathilde parce qu'elle lisait et écrivait. Elle tapait ses romans, tapait jour et nuit pour oublier qu'elle était une femme. Mathilde n'aimait pas le plaisir. Pauvre Mathilde qui n'a connu qu'un seul homme, un mari, pas un amant. Elle s'est privée de la halwa de la vie, de ce qui fait scintiller une femme comme lune de septembre. Mais les responsabilités l'ont vieillie : gérer un domaine a blanchi ses cheveux et noirci son coeur. Ma soeur m'a tout appris sauf à aimer. Adam s'en est chargé. Mathilde me manque. Une seule main ne peut applaudir. Elle était la main droite, j'étais la main gauche et Adam était les applaudissements. À l'occasion d'une conférence sur l'écrivain Adam Saint-Gilles, Anne rencontre sa veuve, Mathilde, et passe la nuit dans son gîte rural. La nuit devient des mois. Anne ne quitte pas les lieux malgré les rudes tâches exigées par Mathilde : débiter du bois, redresser une haie affaissée lui vaudront la lecture d'un roman inédit, promise jour après jour. Anne, esclave consentante de Mathilde. la découverte, à l'autre bout du domaine, de Zohra clouée dans un fauteuil roulant, demi-soeur de Mathilde et jadis amante de Saint-Gilles, éclaire d'une lumière crue la face cachée de la vie de l'écrivain...
Un roi, François Ier, qui songe plus à ses amours et à ses chasses qu'à l'avenir de la France. Une régente, Louise de Savoie, qui tient fermement les rênes et manoeuvre en coulisses contre le rêve italien de son fils. Une future reine, Marguerite, qui aime trop son frère et voudrait diriger les consciences... Le cousin connétable, Charles de Bourbon, dont on murmure qu'il pactise avec l'Empire de Charles-Quint et l'Angleterre d'Henry VIII ! Blois, Saint-Germain, Lyon, mais aussi Milan, Madrid... Deux frères, jeunes écuyers jetés dans la grande Histoire et dans une aventure qui bouleversera leur existence. Un roi prisonnier. Des enfants disparus dans d'étranges circonstances. D'autres, de sang royal, pris en otages. Des passions amoureuses, des trahisons, des revirements, des exécutions. Un amour interdit. Un autre incestueux. Et Diane de Poitiers, dont l'énigmatique ascendant saura gagner le coeur d'un roi... pour instituer la « Cour des Dames ». La Régente noire est le premier opus de La Cour des Dames, une série consacrée aux intrigues de la première Renaissance. Un temps épique et fastueux où s'affirme, sous les règnes de François Ier et Henri II, le pouvoir de quelques femmes d'exception.
Décembre 1802. Un navire de guerre français, Le Banel, fait naufrage au large de Ténès, village de pêcheurs algérien. La plupart des marins périssent, noyés ou massacrés par la tribu des Bani Haoua, descendus de la montagne. Seules survivantes : cinq femmes. Cinq femmes que la France oublie, que les Bani Haoua convoitent et qui seront distribuées au plus offrant. Parmi elles : Laouza, la petite blanchisseuse de Toulon, qui séduira le dey d'Alger, Hélène de Coutavray, première enseignante française sur le sol algérien. Il y a aussi Marie, seconde épouse d'un cultivateur du rif et Elise, mariée à douze ans au fils de l'émir d'un ksar. Mais le destin le plus lumineux demeure celui de mère Jeanne, dite "Yemma B'net", devenue guérisseuse et membre du conseil des sages du village. A sa mort, les Bani Haoua lui érigent un sanctuaire, aujourd'hui considéré comme un lieu saint. Vénus Khoury-Ghata, qui confirme ici son talent de conteuse, brosse des caractères romanesques éblouissants. Son récit, inspiré de faits authentiques, compose la plus envoûtante des fresques où s'entremêlent avec bonheur les couleurs et la puissance épique du monde méditer- ranéen. Vénus Khoury-Ghata, d'origine libanaise, signe ici son dixième roman. Son précédent livre, La Maîtresse du notable (Seghers) vient de recevoir le prix Libératur du roman étranger de la foire de Francfort. La société des gens de lettres lui a décerné son Grand Prix en 1993 pour l'ensemble de son oeuvre poétique.