Vladimir Marinov
Vladimir Marinov
Freud avait en son temps remarqué comment Dostoïevski illustrait la psychanalyse dans chaque caractère de ses personnages et dans chaque phrase de ses livres. « Copyright Electre »
De nombreux ouvrages ont été écrits sur le célèbre cas étudié par Freud, il reste néanmoins des énigmes que l'auteur reprend : la corrélation entre théorie de la séduction et rêve, que ce cas remet en question ; l'impact d'une perspective transgénérationnelle dans la compréhension de l'homme aux loups ; le rapport de ce cas avec les pathologies que de nos jours on appelle limites. « Copyright Electre »
Avec Anzieu et Pontalis, avec Laplanche et Widlcher, avec Granoff et Lavie, Rosolato fut l'un des fils rebelles qui tua « symboliquement » le « père idéalisé » qu'était devenu Lacan au début des années 1960, pour fonder le « clan fraternel » qui prit pour nom l'Association Psychanalytique de France. Parmi tous ces rebelles, ce fut tout de même lui le plus proche du maître. Le présent volume se veut une invitation à mieux explorer l'oeuvre foisonnante de Rosolato et un hommage à la fécondité du dialogue dans le débat psychanalytique.
La source principale de la démarche de Vladimir Marinov est la clinique analytique : celle des dépressions graves, des anorexies et des boulimies, des fonctionnements limites, des perversions ou des psychoses. L'oedipe mélancolique, essentiellement prégénital et préobjectal, n'est pas exempt d'un certain érotisme mais il s'agit d'un érotisme macabre, nécrophile et nécrophage, souvent secret et inconscient. De concert avec la clinique analytique, l'auteur revisite certains textes cliniques majeurs de Freud, en particulier sur L'Homme aux rats et Schreber, ainsi que certains chefs-d'oeuvre de la littérature : OEdipe roi et OEdipe à Colone, Hamlet, La balade des pendues de Villon, Le corbeau de Poe et la Charogne de Baudelaire. Des tableaux de Bacon sont également mis à profit. Depuis le siècle dernier, les moyens de destruction des espèces humaines, animales et végétales ont pris une ampleur sans précédent. Nous en sommes aujourd'hui les agents actifs ou les témoins passifs. Est-il encore possible d'éluder la problématique du « commerce avec les cadavres », qui peut être vécue par l'humain comme une victoire macabre ? Ne faudrait-il pas tenir compte de cette dimension afin de lui opposer, lucidement, l'amour du vivant ?