Vladimir Nabokov
Vladimir Nabokov
En traduisant Eugène Onéguine de Pouchkine, Nabokov propose une version littérale en anglais très contestée. Ce travail de près de vingt ans le conduit à une rupture avec son ami et critique littéraire Edmund Wilson. Au-delà de leur querelle, c'est la possibilité même de la traduction qui est interrogée. Ce volume, qui réunit tous les essais de Nabokov sur la traduction, retrace l'évolution de la pensée traductive du grand auteur multilingue, jusqu'à sa défense radicale du littéralisme. Une plongée dans l'histoire de la traduction au travers d'une traduction, qui a fait date.
"Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Lii. Ta. Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolores sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita." Avec une grande sensibilité et une extrême précision, Pierre-François Garel donne vie aux personnages de ce roman complexe et passionnant. Couverture : Photo © Nina Masic / Trevillion Images
Vertige du premier émoi amoureux, fin de la liaison d'un adolescent avec une femme mariée, amour terrorisé d'une femme pour son terrible mari... Perceptions, angoisses, sensations... Exhumées des archives Nabokov et publiées à partir des années 1990 dans The New Yorker, de magnifiques nouvelles à la langue envoûtante et aux sonorités lumineuses. Pierre-François Garel donne vie aux personnages de ces cinq savoureuses nouvelles qui explorent le sentiment amoureux. Couverture : D'après photo © Magdalena Russocka / Trevillion Images
« Mon amour pourrait emplir dix siècles de feu, de chants et d'exploits - dix siècles entiers, immenses et aériens, pleins de chevaliers gravissant des montagnes ardentes, de géants légendaires, de Troie en fureur, de voiles orange, de pirates et de poètes. » Dans les plus belles lettres à sa femme Véra, Vladimir Nabokov se révèle en amoureux adorateur et indéfectible, inventeur de génie des mots doux les plus fous, en filigrane de sa trajectoire d'écrivain. Traduit du russe et de l'anglais par Laure Troubetzkoy
Vladimir Nabokov et sa femme Véra se sont rencontrés en 1923, à Berlin, où leurs familles respectives avaient fui le pouvoir bolchevique. Tout au long du demi-siècle que dure leur mariage, ils ne sont séparés que rarement, mais alors il lui écrit chaque jour : ainsi quand Véra part se soigner dans un sanatorium de la Forêt Noire, quand Vladimir rend visite à sa famille réfugiée à Prague, où quand Véra tarde à le rejoindre à Paris. Plus tard, ses conférences dans le Sud des États-Unis suscitent de nouvelles lettres. Dans toute cette correspondance, pour nous à sens unique - Véra ayant détruit ses propres lettres -, on voit la passion de Nabokov pour sa femme, sa vie quotidienne dans le milieu de l'émigration russe à Berlin, les bouleversements auxquels tous deux sont confrontés dans leur vie matérielle et affective, le dénuement qui est le sien lors de ses débuts à Paris, l'intérêt croissant suscité par son oeuvre auprès des éditeurs et d'un public éclairé, le soutien indéfectible que lui apporte Véra. Ces lettres, outre ce qu'elles révèlent sur l'homme, nous font découvrir le laboratoire de l'écrivain - son énergie créatrice, la pléthore de sujets qui surgissent et disparaissent, l'intensité de son travail - et on y reconnaît l'originalité de son style : sa veine parodique, poétique, sa vivacité et ses jeux de mots.
"De tous mes livres russes, La défense Loujine est celui qui contient et dégage la plus grande "chaleur" - ce qui peut paraître curieux, sachant à quel suprême degré d'abstraction les échecs sont supposés se situer. En fait, Loujine a paru sympathique même aux gens qui ne comprennent rien aux échecs et/ou détestent tous mes autres livres. Il est fruste, sale, laid - mais comme ma jeune fille de bonne famille (charmante demoiselle elle-même) le remarque si vite, il y a quelque chose en lui qui transcende aussi bien la rudesse de sa peau grise que la stérilité de son génie abscons." Vladimir Nabokov. Pierre-François Garel donne vie avec brio à ce fascinant joueur d'échecs. Couverture : Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel et Otto Müller jouant aux échecs (détail). Brücke-Museum, Berlin. Photo © akg-images Titre original : Zachtchita Loujina (anglais : The Defense). Traduit du russe par Genia et René Cannac © 1964 by Vladimir Nabokov © Editions Gallimard 1964 pour la traduction française © 1974 by Vladimir Nabokov pour l'édition « Folio »
La Vénitienne, Bonté, Le rasoir, Le voyageur et Musique. Cinq nouvelles écrites dans les années 1920 et qui, par leur force et leur beauté, confirment si besoin était que Vladimir Nabokov n'était pas seulement un grand maître du roman mais aussi un formidable nouvelliste. Dans ces nouvelles où l'on croise des artistes et des expatriés, il flotte un air de nostalgie et de haute poésie comme ce portrait de femme qui capte sur la surface de la toile le rêve d'un jeune homme trop amoureux. Éric Caravaca est le lecteur de ces cinq nouvelles de Vladimir Nabokov. D'une voix sensible et précise, il souligne le romantisme sensuel qui émane de ces textes, ainsi que leur aura mystérieuse.