Xavier Carteret
Xavier Carteret
On trouve sur les insectes d'excellents livres de vulgarisation agrémentés de planches en couleur ou d'étonnantes photographies. Dans ce domaine, les coléoptères (scarabées, sauf celui d'Edgar Poe), les orthoptères (libellules d'Alain Cugno), les lépidoptères (on se souvient des forçats et des morphos d'Eugène Le Moult) se taillent la part du lion. Depuis la mort d'Eugène Séguy, excellent aquarelliste, artiste à lavallière, laborantin avant de devenir directeur du laboratoire d'Entomologie du Muséum, on cherchera en vain une iconographie sur les diptères en général, et on ne trouvera rien, absolument rien, en France, sur les Tabanides, malgré le nombre, la taille, la beauté (ou l'horreur) qu'inspirent les taons. Le présent atlas - dû à l'exceptionnel talent d'illustrateur de Xavier Carteret - comble en partie cette lacune. Il se réfère pour chaque espèce à la description originale, éclaire les querelles des entomologistes qui, aux prises avec les mouches à sang, ont débroussaillé la jungle de la nomenclature et, grâce aux clés dichotomiques, ouvre un chemin à une détermination précise des espèces.
Les documents manuscrits de la famille des Jussieu, professeurs de botanique au Jardin du Roy puis au Muséum d'histoire naturelle (1710-1853) ont été acquis en 1858 par le Muséum après la mort d'Adrien de Jussieu. Conservés à la Bibliothèque centrale du Muséum ils forment un fonds riche d'informations pour l'histoire des sciences, particulièrement celle du Jardin et celle de la Botanique. Parmi les plus anciens, se trouve un portefeuille contenant 98 dessins de champignons (en couleur), réalisés vers 1730, par Claude Aubriet (c. 1665-1742) sous la direction d'Antoine de Jussieu (1686- 1758). Claude Aubriet. peintre miniaturiste au Jardin du Roy. est connu pour la réalisation des illustrations des Elémens de botanique que publie Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) en 1694. Ces dessins sont loués pour leur précision par Carl von Linné lui-même. Les dessins de champignons par Aubriet furent exécutés à une période « clé » dans l'histoire de la mycologie, puisqu'en 1729. Pier Antonio Micheli publie dans son ouvrage fondamental (Novo plantarum généra) une étude précise des champignons, accompagnée d'excellentes gravures en noir et blanc. Les réalisations d'Aubriel souvent soignées et fidèles aux modèles, sont précieuses car les représentations en couleurs de champignons sont rarissimes avant la fin du xviiie siècle. Elles témoignent en outre du regard que l'on portait alors sur ces cryptogames, qui apparaissaient bien mystérieux du point de vue de leur organisation, de leur reproduction et. pour tout dire, de leur « existence » même. Cette publication intéressera vivement les mycologues et contribuera a faire connaître Claude Aubriet. En outre, elle souligne le rôle décisif que les illustrateurs scientifiques ont toujours joué au cours de l'histoire.