Yasmine Chami
Yasmine Chami
Le destin du plus ancien bidonville de Casablanca alors que les autorités au pouvoir veulent déplacer, recaser disent-ils, ses habitants à des kilomètres du centre-ville. L'avenir d'un couple amoureux, celui d'un jeune architecte et de sa femme historienne alors que les enjeux politiques de cette affaire viennent les opposer profondément, détruire leurs convictions face à la pieuvre de l'urbanisme, la violence de la mondialisation, l'attrait du carriérisme. Et plus encore la représentation du masculin initiée par la famille dans les pays du sud.
Un chirurgien très respecté abandonne son épouse dans un aéroport. Il disparaît lors d'une escale alors qu'ils partent ensemble pour Sydney. Cette femme anéantie est sculpteur, sa pratique la sauvera. Ce livre explore ce qui, dans la vie d'un homme capable d'un grand amour, peut générer une telle lâcheté. Un magnifique roman sur les hommes, sur ce que leur mère et leur milieu leur lèguent ou leur imposent - ces empreintes, ces failles originelles dépassant de très loin l'exaltation du désir qui accompagne nos vies.
Médée attend son mari dans un aéroport où ils sont en transit pour Sydney. Il s'est éloigné un instant, qui soudain s'éternise, et déjà elle comprend qu'il ne reviendra pas. Pour affronter la violence du choc, Médée se fige. Elle s'installe dans l'aéroport et se laisse submerger par l'abandon, puis se redresse, portée par son art. Car cette femme est sculpteur et c'est là, dans ce territoire qui n'appartient qu'à elle, que Médée retrouve la puissance et la force.
Dans un grand sac de toile se trouvent toutes les photos de famille de Sara. À cinquante ans, entourée de ses deux fils et divorcée depuis leur naissance, elle pioche au hasard, et pour leur plus grand plaisir, les images du passé et avec eux retrouve les temps heureux du Maroc à l'orée des années soixante-dix et jusqu'au présent de leur petite enfance. Chaque visage, chaque scène ouvre en elle un récit, parfois nostalgique, souvent politique ; une lecture de ce pays revisité par son regard de femme indépendante, comme le furent avant elle et d'une autre façon sa mère et ses grand-mères.