Yves Di Manno
Yves Di Manno
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Dans la continuité de « endquote », des Objets d'Amérique et de Terre ni ciel, Élagage s'intéresse à des voies mal explorées, ouvrant des pistes encore possibles à la poursuite de l'écriture poétique dans un monde qui ne veut plus rien savoir à son sujet. Tout en prolongeant le décryptage des domaines qui lui sont chers (la poésie nord-américaine, les surréalistes belges...), ce livre est aussi l'occasion pour l'auteur de saluer des complices plus immédiats à travers de nombreux portraits d'ouvrages, divers témoignages ou un feuilleton catastrophique inscrit dans l'extrême présent. Dans les pénombres du surréalisme, un codicille esquisse enfin le bilan d'un long parcours en renouant avec ses prémisses, ses espoirs initiaux, sa révolte fondatrice...
Plongez dans Élagage, le dernier chef-d’œuvre d’Yves Di Manno, où la poésie se réinvente face à un monde indifférent. Un voyage littéraire audacieux entre surréalisme, hommage aux complices et bilan d’une vie consacrée à l’écriture.
Le poète a tout emprunté : terreau, pelle, gravier - et jusqu'à son vocabulaire Puis il a saisi l'épée (un jouet Surgi du passé) Et traversé les Terres en chantant Les étangs d'est en ouest Arrachant par poignées de ses poches Les pages déchirées Des cahiers qu'il jetait En riant vers le ciel
Du temps passe, un livre persiste - dont on espère qu'il aura su préserver dans sa lumière et ses ombres d'alors l'urgence qui l'avait dicté. À l'orée de son périple, et au fil d'une dizaine d'années, l'auteur imaginait un livre-de-poèmes qui aurait relevé d'une narration morcelée, traversant les strates de la conscience et explorant les espaces - intérieurs ou extérieurs - que l'écriture lui révélait. Le ciel était encore à l'orage, si les premières éclaircies s'annonçaient : il s'agissait aussi, dans ces temps agités, de repenser la poésie sur des bases nouvelles, dans l'espoir qu'elle participe à une mutation plus essentielle de la « réalité ». C'est Bernard Noël qui avait accueilli Champs dans la collection « Textes », voici tout juste trente ans. Cette nouvelle édition propose la version définitive (et élaguée) des deux volumes parus chez Flammarion en 1984 et 1987.
Yves di Manno a publié une dizaine d'ouvrages cherchant, outre l'ébauche d'un nouveau sens, un point d'équilibre (ou de fusion) entre modernité et tradition, via le détournement des formes, et la négation même de l'emprise individualiste sur le poème. Ceci, au profit du chant commun, sans auteur ni patrie, dont le reflet pouvait décidément être perçu en toute terre étrangère et donc, à titre ici exemplaire, dans la poésie nord-américaine de ce siècle. Ce qui le conduisit, en marge de son « oeuvre propre », à traduire - notamment - William Carlos Williams, George Oppen, Robert Duncan et - bien sûr - Ezra Pound, figure emblématique et centrale d'une révolution d'écriture visant - entre autres - à réintégrer l'Histoire et la langue parlée dans la sphère du poème - l'auteur des Cantos ayant défini une voie susceptible d'être concrètement opposée, sans régression formelle, à la rhétorique mallarméenne où s'est enlisée, depuis un demi-siècle, une part non négligeable de la poésie franç