Yves Moatty
Yves Moatty
Depuis deux millénaires, Judas est l'archétype de l'avare, du traître, du Juif errant... Bouc émissaire par excellence, Judas, le déicide, porte sur ses épaules tous les péchés de l'humanité dont le Christ est censé nous avoir délivrés par son sacrifice. Et pourtant, sans Judas, rien n'aurait été possible, du moins si l'on s'en tient au récit de la Passion tel qu'il nous est traditionnellement rapporté. Sans Judas, pas de crucifixion et donc pas de résurrection. Imposée dans les consciences par l'Eglise, l'histoire de Judas apparaît n'être qu'un mythe. Que cachent les incohérences des rédactions successives des évangiles dits canoniques ? Le mythe est heureusement désormais remis en question. L'exégèse biblique, les découvertes archéologiques comme celles en 1945 des manuscrits de Nag Hammadi en Haute-Egypte, les recherches des historiens, les surprenantes intuitions de quelques chercheurs de vérité - et notamment les travaux d'Emile Gillabert centrés sur l'Evangile selon Thomas -, la publication enfin de l'Evangile selon Judas jettent une lumière nouvelle sur ce personnage honni entre tous... Judas ne serait-il pas plutôt notre mauvaise conscience ? Il est aujourd'hui temps de révéler les paroles que Jésus le Vivant a dites, et qu'a transcrites Judas, apôtre et jumeau du Seigneur.
Jésus et l'Inde En 1945, la découverte à Nag Hammadi, en Haute Egypte, de l'Evangile selon Thomas a livré au monde les paroles brutes de Jésus, occultées pendant des siècles. Rejetant toutes les conventions, Jésus y apparaît comme un maître de sagesse original et dérangeant, guidant ses disciples sur la voie du Royaume intérieur, présent ici et maintenant. Ses paroles directes et percutantes se révèlent si proches des grands enseignements de la métaphysique orientale qu'elles auraient pu tout aussi bien être prononcées par un rishi, un Bouddha ou un Lao-Tseu. Il est donc permis de se demander comment jésus a pu avoir accès à cette source, celle de la Tradition Primordiale. Nous ne savons en effet rien de sa quête spirituelle avant les débuts de son ministère officiel. S'est-il rendu en Inde comme le prétendent les traditions locales ? A la fin du XIXe siècle, un explorateur russe, Nicolas Notovitch, assure avoir eu accès au Ladakh à un manuscrit tibétain relatant "La vie inconnue de Jésus-Christ" et notamment son initiation auprès de sages indiens. L'existence de tels manuscrits a ensuite été confirmée par d'autres chercheurs aussi sérieux et réputés que Nicolas Roerich ou Swami Abhedananda. Outre les Actes de Thomas, apocryphe des débuts du christianisme, des textes sacrés indiens font état de la présence en Inde de celui qui a laissé sur place le souvenir d'un éternel Voyageur. L'hypothèse d'un séjour de Jésus en Inde, longtemps tenue pour fantaisiste, n'est donc nullement à exclure. Tel est le sens de notre démarche : En quête de la Source.