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Contrairement à une idée reçue, héberger un ange, un vrai, avec de vraies plumes d'ange est à la portée de tout un chacun. Éole en fait l'expérience heureuse. Entraînés dans le sillage de l'ange arrivent, dans la vie d'Éole, deux petits jumeaux qui connaissent les sortilèges de leur âge, mais aussi Lil, tout juste sortie de l'enfance, avec joliesse et naïveté, avec impudeur et désir, toujours insaisissable. Autour d'eux, se croisent et se recroisent les trajectoires indépendantes d'un enquêteur aux préoccupations décalées et d'un privé inquiétant, d'une vieille dame et de son fils extravagant. On ne s'étonne pas davantage de ce monde étrange qu'Alice ne s'étonnait de rencontrer le lapin qui parle. Il va de soi que ce roman pourrait être entièrement autobiographique !
La guerre d'Indochine a eu lieu. Des générations l'ont niée sans la renier pour autant. Le Cri du gecko n'est ni un témoignage jaloux de sa véracité, ni un reportage de guerre romancé, c'est véritablement un roman. C'est le récit de vie et de mort d'Henry Bergère et des autres, ceux qui voudraient expliquer ou juger son geste. Geste malheureux. Henry avait tué Liliane. C'était la mort à neuf ans. Une mort involontaire qui fera souffrir toute une vie d'innocence meurtrie. Liliane, c'était sa soeur. Deux époques, deux récits pour rapporter le parcours d'un homme - enfant tombé dans le golfe de Siam, pour l'oubli. Un cheminement qui nous conduit de la France des années quarante à la guerre d'Indochine ; du quotidien d'un village français aux fumeries d'opium où des geckos - au cri surprenant - descendent des murs vers les vapeurs de la drogue. Le résultat est celui d'une intense émotion quand Henry nous entraîne dans sa fuite en avant. Voyage où s'entremêlent fiction, faits réels et personnages historiques.
Comment sortir de l'oubli un passé qui saigne, une enfance tragique, quand on se retrouve en plein coeur de l'Afrique, sur ce continent si pauvre et à la fois si peu enclin à exprimer la douleur ? Dans un tout petit village du Ghana un homme blanc est livré à lui-même. Les femmes sont belles et désirables, les nuits aussi. Et la piste, rouge comme la vie, d'où s'élèvent des nuages de poussière, emmène vers un ailleurs promis, où on vous attend sans vous connaître. Pourquoi part-on ? Pour fuir qui ? Pour chercher quoi... ? J'ai toujours aimé les pays pauvres. Aucun grand sentiment ne m'anime. J'aime la pauvreté parce qu'elle me ressemble. J'aime les pauvres parce que je les sens comme moi, démunis, fragiles. Parce que je sais, parce que je vois ce manque essentiel, effrayant, qui rougit leurs vies. En Afrique on oublie, on s'oublie. C'est un récit à deux voix : celle d'un homme « facile », Philippe, qui se laisse porter par les nuits africaines et séduire par les femmes, Fatou, Mama, Charity, et celle, du même homme, qui souffre de son absence de passé, d'origine et qui cache cette mort du dedans de lui, la mort interminable des abandonnés.
Antananarivo. Vendredi 3 janvier. Étrange envoi. Sans désir. La trouille de me barrer. Tout me poussait à rester. À m'incruster. À ne pas céder la place. Ma place ! J'avais tellement clamé. « Je fous le camp ! Les amarres sont usées... » Impossible de reculer. Freddie s'était mollement proposé de m'accompagner, avec le même manque d'enthousiasme qui caractérisait tout ce que nous vivions. Une mollesse assassine. Simon monopolisait son temps, ses regards et son cul. Mon départ ne la touchait plus. Je me dégottais une envie de partir seul. Foutaises. Fuite sans issue sur la plus grande île du monde. Retrouver, la quarantaine ébréchée, la sensation de la Route. Connerie ! Le blues s'est glissé en lui et le passé lui allume les neurones telle une ligne de coke. Mais la magie de Madagascar joue, malgré une mémoire destructrice. Peu à peu, il s'abandonne aux hommes rencontrés et à leur histoire, au parfum de l'ylang-ylang, au rhum de Dzarmandzar, jusqu'à ce que la silhouette qu'il fuyait devienne aussi floue que la douleur.