Bibliothèque
L'oeuvre de Jean Cocteau a en grande partie été publiée chez Grasset et est rassemblée ici pour la première fois en un seul volume. Bernard Grasset a entre autres publié les deux chefs-d'oeuvre que sont le roman Les Enfants terribles et les Portraits-souvenir. L'un, roman mythique, l'autre, modèle de mémoires poétiques, ces deux livres suffiraient à la gloire de n'importe quel auteur. Ce sont bien d'autres grands livres qu'a publiés Cocteau rue des Saints-Pères : le Journal d'un inconnu, Démarche d'un poète, La Machine infernale, tous marqués de la marque étoilée, scintillante, unique et immédiatement reconnaissable du « ton Cocteau ». L'ouvrage comprend un livre qui n'a pas été réédité depuis 1953, rassemblant les articles de Cocteau pour Paris-Jour, avec en particulier un éblouissant récit du défilé de la Victoire en 1919, Carte blanche, ainsi qu'une chrono-biographie. En couverture, un autoportrait inédit de Cocteau. Préface de Charles Dantzig
Bien loin de la légende forgée après sa mort, Raymond Radiguet (1903-1923) n'est pas seulement l'auteur d'un des plus célèbres romans du XXe siècle, Le Diable au corps, d'un second roman non moins fascinant, Le Bal du comte d'Orgel, et d'un recueil poétique Les Joues en feu - tous publiés par Bernard Grasset. Son inventivité et sa personnalité lui ont valu l'amitié des plus grands, parmi lesquels, et le premier, Jean Cocteau, qui l'a « lancé » chez Grasset et est beaucoup intervenu dans l'écriture du Bal du comte d'Orgel, mais aussi Max Jacob, Kessel, Francis Poulenc, Satie, Stravinsky et Picasso - pour n'en citer que quelques-uns. Fréquentant les ateliers d'artistes et les bars de nuit autant que les salons parisiens, il mène une vie réglée autour de l'écriture lors de ses séjours en province. Léger autant que profond, il a su concilier ces principes apparemment contradictoires de sa personnalité. Exhaustive, cette « édition définitive » de ses OEuvres complètes montre combien prolixe a été cet écrivain mort à vingt ans, et qu'il a abordé tous les genres littéraires - poésie, théâtre, essai, conte, roman - avec la même insolence et le même talent. Édition définitive établie par Chloé Radiguet et Julien Cendres Chloé Radiguet est la nièce de Raymond Radiguet. Elle est l'autrice de Raymond Radiguet - Jean Cocteau, Fragments - Traits, Portrait (Deo Éditions, 2015), et de Brassens... à la lettre (Denoël, 2006). Julien Cendres est notamment l'auteur de Femme selon Chantal Thomass (Flammarion, 2001), d'À la splendeur abandonné suivi de La Censure, conversation avec Marguerite Duras (Joëlle Losfeld, 2002), du Pays de Perche (Concept Image, 2012), et de nombreux textes parus dans divers magazines et revues littéraires. En collaboration, ils publient Raymond Radiguet, Un jeune homme sérieux dans les années folles (Robert Laffont, 2023).
Magellan (1480-1521) entreprit en 1519 le premier voyage autour du monde. Il trouva une mort absurde aux Philippines, son exploit accompli. Dans cette formidable biographie, Zweig exalte la volonté héroïque de Magellan, qui prouve qu'« une idée animée par le génie et portée par la passion est plus forte que tous les éléments réunis ». Marie Stuart (1542-1587) reine d'Ecosse puis de France, doit en 1560 se réfugier auprès d'Elisabeth I d'Angleterre après une liaison malheureuse. Celle-ci la gardera captive vingt ans avant de la condamner à mort. Il fallait l'immense talent de Stefan Zweig pour faire revivre la femme et la reine, parée de mille grâces par les uns, peinte comme une criminelle par les autres. Qui était Marie-Antoinette (1755-1793)? Une débauchée futile ? Une icône pour la Restauration ? Nous la suivons de la chambre de son époux, jusqu'au lit de la guillotine. Zweig analyse une âme bouleversée par les événements, qui, sous le poids du malheur et de l'Histoire, se révèle à elle-même. Joseph Fouché (1759-1820) a servi avec zèle la République, le Directoire, le Consulat, l'Empire et la Monarchie. Elève chez les Oratoriens, il devint un pilleur d'églises. Conventionnel modéré, il vota la mort du roi. Fouché, c'est l'art du reniement, la grâce du traître. Stefan Zweig nous fait découvrir, à sa manière, une figure essentielle de l'Histoire.
La Danse pieuse Fuite au nord La symphonie pathétique Mephisto Le Volcan Le premier roman de Klaus Mann, La Danse pieuse (1926), fait scandale, par sa thématique homosexuelle. Tandis qu'en Allemagne, le nazisme étend son ombre, le fils aîné de Thomas Mann rejoint les Pays-Bas. Il est déchu de sa nationalité allemande et publie successivement Fuite au Nord (1934), La symphonie pathétique (1935) et Mephisto (1936), un roman de combat critiquant les intellectuels allemands accommodés au nazisme. En 1939 paraît Le Volcan, chronique plus ou moins romancée de l'émigration allemande aux quatre coins du monde. Klaus Mann laisse une oeuvre singulière, attachante, et d'une magnifique force intellectuelle.
Une sélection des plus grands succès d'Henry de Monfreid, tant du point de vue commercial que littéraire. Les titres phares sont : Les secrets de la mer rouge La croisière du Haschich La cargaison enchantée Abdi, l'homme a la main coupée L'enfant sauvage
« Interprété par les plus grands acteurs sur les scènes parisiennes et étrangères comme par de nombreuses troupes d'amateurs, joué aussi bien chez les sapeurs pompiers que dans les hôpitaux, les usines, les foyers ruraux, les prisons, les lycées, les maisons de la culture, les casernes, les salles des fêtes municipales, les cou-vents, que chez les malades mentaux ou à l'Elysée (Deux femmes pour un fantôme, comédie psychosomatique, fut représentée devant Georges Pompidou et les membres du Parlement), René de Obaldia, sans pour autant s'encombrer de théories, ne nous offre-t-il pas un théâtre populaire ? Dans maintes anthologies et encyclopédies où il figure d'abondance, c'est toujours la profonde singularité de l'auteur dramatique et du romancier qui est soulignée. Une oeuvre qui compte parmi les plus originales et les plus savoureuses de notre temps ». (Dictionnaire de littérature française contemporaine)
Mensonge romantique et vérité romanesque - La violence et le sacré - Des choses cachées depuis la fondation du monde - Le bouc émissaire« Les sujet étudiés dans ces quatre livres sont très différents les uns des autres : les romans modernes d'abord, les religions archaïques ensuite, la Bible et le christianisme enfin. Il y a dans ce recueil un diversité des outils d'analyse auxquels je recours : l'hypothèse du désir mimétique d'une part ; la théorie du bouc émissaire de l'autre ; la révélation destructrice du mécanisme victimaire enfin. Mais au coeur de ces quatres livres rassemblés ici - ce qui me plaît infiniment - l'essentiel est une question encore plus brûlante aujourd'hui qu'à l'époque où je me la suis posée. Il s'agit de la question de la violence dans son rapport avec le religieux. »René Girard
« Voilà qu'aujourd'hui, à 89 ans, désormais à la tête d'une quinzaine de livres, romans, essais et biographies, je me retrouve à préfacer un gros volume pour la collection Bibliothèque, qui va regrouper sous la même couverture rouge quatre de mes romans : La Part des choses, puis Les Trois Quarts du temps, Les Vaisseaux du coeur et La Touche étoile. Et voilà que j'ai ouvert par hasard le plus ancien des quatre, écrit en 1972, et dont j'avais toujours pensé qu'il relatait un tour du monde en bateau. Et voilà que j'ai fait une découverte tout à fait imprévue et même bouleversante : un roman pouvait dévoiler, à l'insu du scripteur, des aspects inavoués, soigneusement ignorés, parfois même prémonitoires de la vie future de l'auteur. C'est peut-être ce qui fait la magie du genre romanesque : il arrive qu'on y trouve ce que l'auteur n'a pas cherché à y mettre, une vérité que lui-même n'a pas encore découverte, une réalité cachée au-delà des mots. »
Si les romans et récits d'Henry de Monfreid continuent à captiver des générations de lecteurs, c'est parce qu'ils doivent autant à l'imagination fascinante de leur auteur qu'à sa connaissance de l'Afrique traditionnelle et à son expérience vécue de ces contrées de mystères. Ce recueil rassemble cinq des plus grands textes de l'écrivain-aventurier : Du Harrar au Kenya, Le cimetière des éléphants, Wahanga, Sous le Masque Mau-Mau et Le serpent rouge. Les deux premiers sont des récits autobiographiques, dans lesquels Henry de Monfreid raconte ses aventures depuis la déclaration de la guerre en 1939, jusqu'à la fin de sa détention en 1943 : arrestations, fuite en brousse, attentats - rebondissements et émotions fortes se succèdent à un rythme endiablé... Dans les trois romans qui suivent, Monfreid nous entraîne sur les traces de Djalia et de Karembo, le jeune guerrier Massaï. A travers une galerie de personnages inoubliables, c'est toute une partie de l'Histoire du Kenya qui défile, de la révolte sanglante des Mau-Mau en passant par une guerre sans pitié avec les Britanniques, jusqu'à l'indépendance du pays en 1963. Rapts d'enfants, sortilèges, chasse à l'homme dans la forêt vierge, fantômes et animaux sauvages... Tous les éléments qui font la force des grands romans d'aventures sont rassemblés dans ces pages qui livrent un témoignage unique sur l'Afrique coloniale.
« Voici un homme qui a tout reçu, la gloire littéraire, les biens de la fortune, les honneurs et l'amour. Peut-on dire qu'il a été heureux ? Hélène Morand s'explique sur ce sujet : "Ce qu'il y a de plus profond, de plus certain et de plus incompréhensible chez Paul, c'est son inaptitude au bonheur. D'où cette inquiétude, cette recherche, ce besoin d'être ailleurs." Tour à tour dandy glacé, Bouddha sarcastique, voyageur traqué, homme pressé (Morand-la-vitesse, formule qui a fait florès), mondain désabusé : mais pour cacher quoi ? Une faille secrète, une blessure qu'il fallait celer à tout prix, une faiblesse de caractère que personne ne devait savoir ? "Nous croyons que le voyage, cette fuite à travers l'espace, nous empêchera de sentir la fuite du temps." Rien que la terre répond à cette angoisse. Il ne me reste que la lune, disait Morand en riant. » Marcel Schneider
« Les romans écartés de ce volume sont coupables, à mes yeux de 2002, d'excès de psychologisme. Jalousie rétrospective, dépression, mal à vivre, mythomanie et affabulation, - malaise tous azimuths. Je lui préfère des images véridiques de la société française que j'ai connue, détestée, aimée, en tout cas passionnément explorée. Moins d'états d'âme et davantage d'Histoire ! Ces neuf histoires françaises sont arrachées au confort du roman d'analyse, dit aussi « à la française », qui tenta ma jeunesse. Allez, secoue toi, Nourissier ! Réponds à la question posée. Neuf illustrations du « cent fois sur le métier », ça doit bien te faire quelque chose, une pointe d'étonnement, une caresse de vanité ? Ou au contraire l'allergie, les démangeaisons, plaques rouges, incompatibilités... Le guignon ? La tentation du déni de paternité ? Tu as aimé ça ou non ? - Jamais personne ne répond à cette question-là ? - Raison de plus, essaie ! Horreur ou divine surprise ? - Eh bien, coco, j'ai assez aimé ça. J'ai aimé la cohérence entre les formes successives du même propos ; de 1958 à 1997, pendant quarante ans, j'avance sur la route choisie. Des « progrès » ? J'espère ne pas me rendre ridicule en avouant l'espèce d'amitié que j'ai découverte et qui circule entre mes livres et moi. Ce sera mon dernier mot : amitié. Moi qui ai tant répété qu'il ne fallait pas aimer ses personnages, ni trop s'aimer soi-même, j'ai bonne mine ! » F.N.
Jean Daniel est le directeur-fondateur du Nouvel Observateur. Il est l'auteur de très nombreux ouvrages personnels que Grasset a publiés depuis une vingtaine d'années et qui sont, aujourd'hui, rassemblés en un seul volume. Le Livre: Ce volume rassemble l'ensemble des textes autobiographiques de Jean Daniel. Et, puisque l'oeuvre de cet auteur est principalement une autobiographie mêlant engagement publics et états d'âme intimes, il s'agira, de fait, de la plupart de ses ouvrages. Cinq titres composent donc ce volume. -1-Le refuge et la source, publié en 1977. Ce livre, très sensible, évoque sur un mode « camusien » l'enfance de Jean Daniel en Algérie. C'est un texte splendide, dominé par la figure de son père, et qui s'inscrit dans la grande tradition des ouvrages d'éducation sentimentale et affective. -2- Le temps qui reste, publié en 1971. Ce livre de mémoires raconte, entre autres choses, l'aventure de la création du Nouvel Observateur. Il avait connu un énorme succès et imposé Jean Daniel au tout premier rang des mémorialistes de l'époque. -3- La Blessure, publié en 1992 . Ce livre tourne principalement autour de l'épisode dit « de Bizerte » où Jean Daniel avait reçu une rafale de mitraillette (tirée par des soldats français). Cloué sur son lit d'hôpital, il assista aux négociations Mendès-Bourguiba sur la future indépendance de la Tunisie. Dans l'oeuvre de Jean Daniel, c'est un peu l'équivalent de son Adieu aux armes. -4- Avec le temps et Soleil d'hiver, ces deux livres publiés en 1998 et en 2000 rassemblent des « carnets » de l'auteur. C'est une sorte de journal politique, culturel, idéologique et intime. On y croise tout ce que ce demi siècle a compté d'acteurs majeurs, de grands témoins, d'intellectuels éminents.