Boîte à outils
Cet essai retrace l'histoire des six grands conquis sociaux français - retraite, chômage, congés payés, congé maternité, assurance maladie et accidents du travail. Arrachés de haute lutte, ces droits collectifs sont le fruit de combats politiques, syndicaux et populaires, bien plus que de réformes pacifiques. À travers portraits, récits historiques et réflexions contemporaines, l'ouvrage redonne chair à ces conquêtes, souvent oubliées ou menacées. Il rappelle que la protection sociale n'est pas un héritage immuable, mais le résultat de luttes pour la dignité, la justice et la démocratie, toujours à défendre. Normalien, agrégé de philosophie, Dalibor Frioux est actuellement conseiller du président du Conseil économique, social et environnemental. Écrivain, il a également publié trois romans.
Dix ans après l'Accord de Paris, la tempête géopolitique a fait disparaître le mot « climat » des radars. Pire il est devenu tabou dans la sphère politique. Les États-Unis se retirent une seconde fois, le consensus autour du Pacte vert européen s'effrite, et une vague réactionnaire fait de la transition écologique une cible à abattre. Face à ce retour de bâton brutal, sommes-nous condamnés à abandonner l'agenda de la décarbonation ? Peu importe le nom qu'on lui donne, la transition écologique est devenue aussi vitale pour les Européens que leur réarmement face à la Russie. Neil Makaroff esquisse des solutions et un récit pour rassembler une majorité autour de la décarbonation et faire face à la vague réactionnaire qui en a fait un ennemi à abattre. Spécialiste des politiques climatiques européennes, Neil Makaroff est expert associé à la Fondation Jean-Jaurès.
La sécurité est-elle un tabou? La chasse gardée d'un camp politique plutôt que d'un autre? Qui fait la police en France? À l'heure d'échéances électorales cruciales, ce livre ambitionne de placer le débat sur la sécurité «au-dessus de la mêlée», en le faisant vivre de manière concrète, au travers du regard d'élus locaux, de l'expérience vécue par les forces de l'ordre sur le terrain et de données statistiques. Parce que la sécurité, droit essentiel à une vie sans peur et sans violence, doit sortir des postures et des proclamations idéologiques. Et nous concerne tous. Par Réda Didi et Jean-Marie Godard Réda Didi est directeur général de l'association Graines de France. Il a été adjoint au délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, et conseiller au ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Jean-Marie Godard est journaliste depuis les années 1990 (Associated Press France, Sipa News, Society et Marianne). Il a publié chez Fayard de Paroles de flics (2018), Une vie de flic, un commissaire de combat (2020) et Policier, enfant de la République (2022).
La seconde élection de Trump induit une relation internationale inédite avec l'Europe : celle de la séparation des valeurs et la fin de l'Alliance atlantique. L'Europe ne peut désormais plus compter sur la protection indéfectible des États-Unis. Si nous voulons leur aide dans lors d'un conflit à venir, il faudra payer. Elle met en avant une opposition idéologique inédite entre les deux : là où le pluralisme et l'État de droit sont reconnus et promus en Europe on observe le modèle inverse qui se déploie via le gouvernement, les prises de parole et les lois promulguées par Trump. L'Europe, bien que dans une situation de solitude inédite, doit se saisir des outils à sa disposition et surtout conforter sa position, car ce n'est pas en courbant l'échine qu'elle parviendra à renverser la table. Sylvain Kahn est professeur agrégé d'histoire, docteur en géographie et chercheur au Centre d'histoire de Sciences Po.
Le livre visera tout d'abord à remettre les tensions politiques et sociales qui fracturent les Etats-Unis depuis plusieurs années dans leur contexte historique. Il s'agira de décrire le lent processus qui a transformé un pays qui frappait les observateurs des années 1950 par l'absence de clivage et l'apolitisme de sa population en un pays apparemment au bord de la guerre civile où la perspective de la sécession de certains Etats n'est plus un scénario de science-fiction. À l'aune de cette situation, il s'agira ensuite de voir quels pourraient être les scénarios (positifs comme négatifs) pour l'avenir des Etats-Unis, et ce qu'ils peuvent nous dire sur l'avenir de nos propres démocraties européennes. Mathieu Gallard est spécialiste de l'analyse des tendances d'opinion et électorales et directeur d'études à Ipsos.
À la suite d'une mandat qui bat un record en terme de démission chez les conseillers municipaux, les élections municipales de mars 2026 s'annoncent tendues. À nous de retourner la situation pour en faire un sursaut politique, nécessaire en ces temps de crise. Cela n'adviendra que grâce à de véritables innovations démocratiques dès à présent détaillées dans cet ouvrage. Pour que ce changement survienne, ces initiatives doivent viser trois actes démocratiques précis : les élections, la participation et la délibération. Ce n'est qu'en mettant en places ces outils sur ces angles-là en particulier que nous parviendrons à changer le rapport à la politique, à réconcilier les citoyens avec la démocratie représentative et à nourrir leur engagement. Marinette Valiergue est membre de l'Observatoire de la vie politique et de l'association A nous la démocratie ! Dorian Dreuil est membre de l'Observatoire de la vie politique et cofondateur de l'association A Voté.
Le pouvoir d'achat s'est imposé dans le discours social et politique - largement mis en avant par les distributeurs - pour masquer l'impossibilité de penser et de proposer une véritable politique de la consommation. En cantonnant le monde de la consommation à des questions de ristournes ou de promos, on réduit le citoyen à un acheteur, voire une victime du système marchand, alors que c'est justement ce système qu'il nous faut repenser. L'objectif de ce manifeste est de déconstruire l'idée même de pouvoir d'achat pour pouvoir justement penser la consommation comme un enjeu et objet politique. Il est nécessaire de penser dès aujourd'hui à d'autres formes de pouvoir dans le système marchand, et notamment le pouvoir de vivre, autrement plus fécond que le seul pouvoir d'acheter. Benoît Heilbrunn est docteur en Sciences de Gestion et professeur de marketing à l'ESCP. Il est l'auteur d'un certains nombres d'ouvrages visant le comportement du consommateur notamment Le Logo, La Marque ou encore Le Comportement du consommateur.
À l'approche des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, en explorant les histoires souvent négligées et méconnues des athlètes féminines ainsi que les obstacles socio-politiques qui ont jalonné leurs parcours, cet essai a vocation à révéler le potentiel transformateur unique du sport féminin en tant que catalyseur de changement social. Chargée de mission auprès du Premier président de la Cour des comptes, Camille Andrieu est aussi professeure à Sciences Po Paris et HEC Paris, où elle étudie les dynamiques de transformation et de soutenabilité de l'action publique. Elle a créé un centre de réflexion local, Provence Avenir, et a publié Le XXIe siècle s'invente en Afrique (éditions Atlande).
En 2027, la gauche tentera de reconquérir le pouvoir après dix ans d'absence. Elle devra convaincre plus d'un électeur sur deux lors de l'élection présidentielle et/ou remporter une majorité de circonscriptions lors des élections législatives qui suivront. Elle en est loin. Bien que présente dans les métropoles, elle disparaît dans les territoires ruraux et en particulier auprès des classes populaires qui y vivent. L'auteur, élu d'un département hyper-rural, développe des pistes d'explication sur ce recul électoral. Comment la gauche peut-elle de nouveau être entendue par cette part de la population ? Comment peut-elle éviter d'être diabolisée, associée sans cesse aux élites et donneurs de leçons au contraire du RN qui ne cesse de progresser ? C'est à ces questions que ce livre répond. Rémi Branco est vice-président du Conseil départemental du Lot. Il a été chef de cabinet du ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.
La profusion des canaux d'information a bouleversé la manière de s'informer. Les réseaux sociaux constamment nourris par les internautes côtoient le JT du soir. Chaque évènement est bousculé par un autre dans les minutes qui suivent, ne laissant ainsi plus le temps de s'en imprégner. L'attention des personnes en permanence stimulée par cette masse de nouvelles les expose à des réactions de rejet et de déprime grandissantes. Des stratégies d'évitement sont mises en place et conduisent parfois à une mise en retrait du champ informationnel, stratégie évidemment dangereuse pour la vie démocratique. Comment se prémunir de ce nouveau syndrome de fatigue informationnelle ? Au-delà de l'analyse précise du syndrome et de son ampleur, les auteurs esquissent des solutions. Guénaëlle Gault est directrice générale de L'ObSoCo, spécialiste des mutations de la société et de la consommation, enseignante à Sciences Po Paris et à l'Université de Paris. David Medioni est journaliste et essayiste, spécialiste de l'analyse des médias et directeur de l'Observatoire des Médias de la Fondation Jean Jaurès.
La crise liée au Covid-19 a posé en des termes différents la question de la dette publique. Après des mois de « quoi qu'il en coûte », faut-il revenir rapidement à un objectif de rigueur budgétaire ? Ou annuler une partie de la dette publique ? Or les créances des pays les plus développés sont des instruments non seulement très populaires, mais indispensables au fonctionnement des marchés. Ce sont ces rouages de la « plomberie » monétaire que ce court essai propose d'explorer, afin de dépasser le seul sujet de la soutenabilité de la dette pour mieux éclairer celle qui mériterait notre attention : la soutenabilité du vivant, de notre espèce, de notre environnement, et des défis géopolitiques et inflationnistes qui appellent à un autre modèle énergétique. Michael Vincent est économiste, spécialiste des banques et de la finance. Après un début de carrière à la City, il travaille sur les questions de stabilité financière, enseigne à la Sorbonne, et est engagé au sein de l'ONG Greentervention et en tant qu'expert de la Fondation Jean Jaurès. Dorian Simon est un expert en dynamiques monétaires, spécialiste des marchés interbancaires et des taux d'intérêt. Il milite au sein de l'association Odace pour offrir des perspectives d'emplois aux étudiants.
La mixité sociale est aujourd'hui un enjeu majeur au sein de l'enseignement public. Nous sommes le pays, où le milieu social de l'élève conditionne le plus fortement sa réussite scolaire. Qu'en est-il de la promesse d'égalité véhiculée par l'école ? Comment faire du vivre ensemble une réalité, si les établissements entretiennent une logique inégalitaire et anti-démocratique ? Garantir la mixité au sein du milieu scolaire, c'est prépararer un projet de fraternité et d'égalité pour les générations futures, et cela peu importe leurs origines. C'est la place et le rôle de l'école dans l'équilibre et le futur de notre nation qui se joue également. Une école qui doit permettre une ascension sociale pour tous. Une école qui doit promouvoir l'altérité, la différence et non par l'entre-soi. Yannick Trigance, ancien député, est conseiller régional d'Île-de-France.
Alors que l'urgence climatique n'a jamais été aussi forte, l'hydrogène décarboné est de plus en plus perçu par de nombreux États et institutions telles que l'Union européenne comme un moyen d'atteindre nos objectifs climatiques, de sauvegarder la compétitivité de notre industrie et de développer l'emploi. L'hydrogène bénéficie actuellement d'une dynamique politique et commerciale sans précédent, avec un nombre croissant de plans d'action et de projets dans le monde, comme c'est le cas en France. Le moment est venu de développer les technologies et de réduire les coûts pour permettre à l'hydrogène d'être largement utilisé. Benoît Calatayud est responsable « transition énergétique » à la Direction de l'innovation, Bpifrance, et membre de l'Observatoire de la transition énergétique et sociale de la Fondation Jean-Jaurès.
Nous vivons un moment de crise sociale, écologique et morale ; donc politique et institutionnelle. Dans ce contexte, il semble que la Cour des comptes, institution à la fois très respectée mais mal connue du grand public, échappe par son positionnement singulier à la mainmise du pouvoir. Elle pourrait contribuer à renforcer la capacité d'action du citoyen en lui donnant, encore plus qu'aujourd'hui, les outils d'une meilleure compréhension de nos institutions. À l'heure où des services publics de plus en plus menacés peinent à faire face à leur mission, où la montée d'une colère légitime provoque sidération et incompréhension d'une partie des « élites », c'est un nouveau modèle de contrôle externe de l'action publique par la société elle-même qu'il appartient à la Cour de développer. Conseillère référendaire à la Cour des comptes depuis 2009, Adeline Baldacchino est aussi poète et romancière. Elle contribue régulièrement à divers médias (Ballast, AOC, Socialter...). Chargée de mission auprès du Premier président, Camille Andrieu a intégré la Cour des comptes après l'ENA en 2020. Professeure à Sciences Po Paris et HEC Paris, elle étudie les dynamiques de transformation et de soutenabilité de l'action publique. Elle a créé un centre de réflexion local, Provence Avenir.
Ce projet d'ouvrage ne porte ni sur les procès en tant que tels ni sur la personne singulière de Mila, mais sur "l'affaire Mila", qui se singularise par une pluralité de configurations originales et complexes : alternativement, successivement, simultanément, agresseurs et/ou victimes. Ni chronique judiciaire ni interprétation psychologisante des actes et des actions de celle qui fut et reste victime de harcèlements et de menaces de mort sur internet. L'interpellation par la médiation du tweet surgit en tant que sommation, apostrophe, injure ou désir public de meurtre sans victime. Nous sommes, par ailleurs, en présence d'un déplacement inhabituel en la matière : de l'espace des réseaux sociaux à l'espace judiciaire, tendant à démontrer que le cyberespace n'est pas une zone de non-droit... Smaïn Laacher est sociologue, professeur de sociologie à l'université de Strasbourg. Il est notamment l'auteur de Peuple des clandestins (Calmann Lévy, 2007) et Croire à l'incroyable : un sociologue à la Cour nationale du droit d'asile (Gallimard, 2018). Il a récemment publié, à l'Aube, Juger la terreur.
Près de 8 Européens sur 10 s'estiment conscients du changement climatique. Sont-ils pour autant éco-anxieux, solastalgiques ou dans la peur de l'effondrement ? L'Union européenne vise à devenir le continent le plus ambitieux sur le plan de la politique environnementale. Pour ce faire, elle devra amener les gouvernements nationaux à concrétiser des mesures à fort impact social, telle que l'interdiction de la commercialisation de nouvelles voitures thermiques d'ici 2035. Ce qui souligne un enjeu prégnant : quel nouveau contrat social sommes-nous prêts à conclure dans la poursuite de nos engagements environnementaux, alors que des millions d'Européens doivent aujourd'hui faire face aux contraintes de « fin du monde » comme de « fin du mois » ? Théo Verdier est vice-président du Mouvement européen-France. Rémi Lauwerier est ancien rédacteur en chef du site Le Taurillon, spécialisé dans le suivi de l'actualité européenne. Yana Prokofyeva est chargée de plaidoyer chez Surfrider Foundation Europe.