Colette
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Découvrez la vie audacieuse de Colette, icône littéraire et féministe, à travers une BD captivante signée Séverine Vidal et Kim Consigny. Une plongée graphique dans l’émancipation, les scandales et le génie d’une femme libre !
Dans la nouvelle "Jour gris" (1908), adressée à son amante, Colette décrit une crise de rage contre le vent, le froid, l'odeur d'iode d'un jour de tempête, et surgit une bouffée de nostalgie, quasi hallucinatoire, de sa campagne. « J'appartiens à un pays que j'ai quitté. » Mais Colette abolit le mirage et rejoint la signification, vitale, de cette appartenance. Ce pays, d'où naît le désir. Ce « jour gris » se termine par l'envie d'ouvrir portes et fenêtres et d'aller courir sur le sable.
Faire parler un chat, un chien, pénétrer un monde mystérieux, drôle, cruel et tendre, c'est tout le génie de Colette. Donner à entendre ceux qui nous observent, nous reniflent, nous pressentent, ceux qui nous adorent bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer est bouleversant, parfois hilarant. Colette chante la triste tendresse qui fait battre si vite le coeur des bêtes ». Et aussi la révolte qui fait battre si fort le coeur des femmes : "Je veux faire ce que je veux".
Colette aura plusieurs maisons, mais il en est une, sa maison du Midi provençal, qui occupe une place décisive. Avec l'achat de La Treille muscate, à Saint-Tropez, Colette se sait à la fin d'un parcours et à l'aube d'une révélation. Et si "La Naissance du jour" (1928) brille d'un éclat solaire, c'est que ce livre, véritable ode au génie d'un lieu, est indissociable de l'émoi d'un commencement. Tout en installant sa demeure, en s'affairant au jardin, à des plantations d'oliviers et de mandariniers, aux soins des fleurs, aussi profuses que subtiles, Colette a conscience d'inaugurer une "vita nova". (Chantal Thomas)
Lorsque Colette, âgée de soixante-quinze ans, commence d'écrire "Le fanal bleu", qu'elle projetait d'abord comme un journal, il n'est plus question pour elle de courir. Marcher, bouger même lui est douloureux et de plus en plus difficile. Immobilisée, elle ne quitte plus guère son logement du Palais-Royal ni son "radeau travail" comme elle nomme son lit. Le monde immédiat, elle l'observe nuit et jour de sa fenêtre. Mais elle garde un appétit insatiable, un désir inflexible, ce qui unit sans discontinuer le moi-même d'une fillette aux aguets à l'écrivaine insomniaque qui se balance sur son radeau d'écriture et affirme : "Je n'ai plus la maison, la cinquantaine est loin... Il me reste l'avidité. C'est la seule force qui ne se fasse pas humble avec le temps." (Chantal Thomas)
"On s'apercevra peut-être un jour que c'est là mon meilleur livre", disait-elle. De fait, Colette tenait énormément à cet ouvrage de 1932 qu'elle réécrivit en 1941, à 69 ans, et qui est à placer au même rang que "Sido" et "La Naissance du jour". Pionnière de l'autofiction, elle offre ici une enquête sur les femmes, le plaisir et les hommes, où l'on croise la femme cougar, le don Juan, le gay, la lesbienne, celles qui se travestissent ou revendiquent une identité masculine, et des thèmes comme le fait de mentir sur sa jouissance, la jalousie, le triolisme, etc. Refusant tout jugement, Colette laisse s'exprimer la fluidité des identités et des goûts, et montre, à l'instar d'une Flora Tristan, un féminisme pragmatique, un féminisme du quotidien.
"Moi, c'est mon corps qui pense. Il ressent plus finement, plus complètement que mon cerveau. Quand mon corps pense, c'est-à-dire quand je... quand il... alors tout le reste se tait. À ces moments-là, toute ma peau a une âme." Sensuels, libérés, parfois même d'une ironie cinglante, les textes de Colette publiés ici célèbrent au féminin le corps, l'amour et la jouissance, la volonté farouche de s'émanciper pour "être en femme, simplement".
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.