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22 juin 1941. Hitler lance l'opération Barbarossa contre l'union soviétique. Dix jours plus tard, Alexander Werth, correspondant de la BBC, arrive à Moscou. Jusqu'à octobre 1941, il partage le quotidien des Moscovites durant ce terrible été marqué par l'effondrement de l'Armée rouge. Le récit qu'il en a tiré est un témoignage unique sur un moment crucial de l'histoire de la guerre à l'est, celui où l'Allemagne nazie semble invincible. Ne disposant que des informations officielles, qui toutes minimisent systé-matiquement les reculs et les défaites de l'Armée rouge, tout en majorant les pertes de la Wehrmacht, Alexander Werth saisit toutes les occasions pour tenter de « prendre le pouls » de la vie réelle. Malgré les contraintes - espionite ambiante, méfiance et peur de l'étranger -, il rend compte avec brio de l'atmosphère à Moscou au cours des premières semaines de la grande guerre patriotique, à un moment où la menace ennemie se rapproche de la capitale soviétique, soumise aux premiers raids aériens. Alexander Werth quitte la ville alors que les détachements avancés de la Wehrmacht ne sont plus qu'à une trentaine de kilomètres de la capitale soviétique. À ce moment-là, la prise de Moscou semble inéluctable.
« Ces hommes combattaient sans aide ni de l'intérieur, ni de l'extérieur. Ils ont souvent été déchirés par le trouble de leur conscience [...]. Ces morts ne peuvent pas racheter tout ce qui s'est produit en Allemagne. Mais leurs actes et leurs sacrifices sont les fondements indestructibles d'une nouvelle renaissance. » Tels sont les mots de Churchill à propos de l' «autre Allemagne», ces Allemands qui ont résisté à Hitler. Parmi eux, Rudolph-Christoph von Gersdorff. Officier de la Wehrmacht, Gersdorff prend part à la campagne de Pologne avant d'obtenir sa mutation au sein de l'armée centre pour l'opération Barbarossa. Son but : accéder au cercle des conspirateurs réunis autour d'Henning von Tresckow. Après la tentative d'assassinat manquée de Tresckow, Gersdorff se résout à commettre un attentat-suicide contre Hitler. Le 21 mars 1943, il assiste, auprès du Führer et d'autres dirigeants nazis, à une inauguration à Berlin. Dans les manches de son manteau, deux mines et leurs minuteurs. Contrairement, à celui de Stauffenberg, cet attentat est resté méconnu. Pourtant, ce sont précisément ces explosifs que ce dernier utilisera le 20 juillet 1944. Survivant à cet échec, Gersdorff partit sur le front de l'Est où il découvrit en avril 1943 l'horreur de Katyn, ces fosses communes de milliers d'officiers polonais exécutés par les unités soviétiques du NKVD en 1940. Les Mémoires de ce survivant de la résistance allemande, d'une richesse inouïe, plongent au coeur du complot contre Hitler et mettent en lumière un destin exceptionnel.