Convergences
Développant un important travail accompli par le Groupe Lyonnais d'études médicales philosophiques et biologiques, dans sa session de 1961, ce livre aborde un problème dont l'actualité ne fait que croître avec les années. Car si, depuis bien des siècles, l'homme agit sur l'enfant par l'éducation, ou sur l'adulte par le raisonnement et la persuasion, ce n'est que depuis une quarantaine d'années qu'il s'est aperçu que ses pouvoirs sur son semblable étaient autrement étendus. À la suggestion et à l'hypnotisme, aux données fournies par l'étude de l'inconscient, se sont superposés très vite, malheureusement, les procédés de maniement des groupes humains. On ne sait que trop actuellement ce que peut représenter d'autre part la « mise en condition » des individus isolés par des techniques dont le « lavage de cerveau » est devenu le modèle. En face de cette évolution, qui paraît à certains irré
Après des siècles d'un silence quasi-entier, plusieurs oeuvres ouvertement lesbiennes sont publiées au tout début du XXe siècle. Depuis lors, des années folles à l'après-guerre, de l'histoire militante des années 1970 à la naissance de l'édition spécialisée, jusqu'à l'effervescence du début du XXIe siècle, ce sont des centaines de textes qui disent et théorisent leur existence. Parcourant tous les genres, ils mettent en scène le lesbianisme, nomment et nourrissent une culture partagée, en réactivent la mémoire et les noms. Né du constat d'une mémoire immense, mais enterrée, éclatée et négligée, "Écrire à l'encre violette" souhaite rendre compte de l'ampleur de ce dialogue lesbien : il intègre et modifie le cadre de la littérature, ouvre d'autres perspectives en bousculant ses normes.
Souvent présentée sous le signe d'un troisième sexe alimentant l'imaginaire de l'hermaphrodite, l'intersexuation a longtemps été de l'unique ressort de la médecine qui s'arrogeait l'autorité de dire « le vrai sexe » et intervenait en conséquence. Mais, depuis quelques décennies, des témoignages se font jour, révélant les violences physiques et psychiques subies par ces enfants et ces adolescent·es dont on a voulu conformer le corps à l'image binaire du sexe, effaçant par là même leur existence corporelle, légale et culturelle. Cet ouvrage cherche à ouvrir le débat, à compléter et enrichir les recherches actuelles. Il aborde l'histoire de la médicalisation des personnes intersexes, les conséquences du paradigme interventionniste sur les individus et leurs mobilisations collectives à l'origine d'évolutions des institutions nationales et internationales sur le sujet. Au travers également de témoignages, Michal Raz montre la nécessité d'un changement de paradigme sur la binarité des sexes, sur le genre et la sexualité pour permettre de considérer l'intersexuation non pas comme une anomalie à réparer, mais comme une variation du corps parmi d'autres.
Toute technologie est ambivalente : si le Web a permis aux voix marginalisées - celles des femmes lesbiennes, bi, trans, handicapées, racisées, précaires, victimes de violences sexuelles - de se faire entendre, il s'est aussi fait l'écho de discours de haine, alimentant des violences qui intimident et poussent à quitter les réseaux. Bien qu'Internet ait, pour un temps, incarné l'utopie d'une agora démocratique, l'illusion s'est vite dissipée, dévoilant un espace devenu anxiogène à force d'être recomposé, marketé et accaparé par les groupes dominants. Dès lors, comment s'extraire de la toile des dominations et faire en sorte que ce territoire de tous les possibles ne demeure pas le terrain de jeu de la domination masculine ? Cofondatrices de Féministes contre le cyberharcèlement, Laure Salmona et Ketsia Mutombo, en médiatisant le hashtag #TwitterAgainstWomen à l'échelle internationale, ont ainsi contribué à faire naître un nouveau regard sur le harcèlement en ligne et à politiser le phénomène des cyberviolences genrées en pointant leur caractère systémique. Cet ouvrage est le produit de cette lutte et de l'engagement résolu des autrices à emmener le mouvement de recomposition de l'Internet de demain, pour qu'il devienne un espace de liberté et d'égalité pour toutes et tous.
L'utopie peut se penser à l'aune du désordre : telle est l'hypothèse de cet ouvrage, bâti sur une interrogation croisée des théories de l'utopie classiques et contemporaines et des mouvements de lutte sociale qui redéfinissent, depuis le XIXe siècle et jusqu'à nos jours, le sens de l'utopie. Les pensées révolutionnaires, anarchistes, féministes, queer, post- ou décoloniales, les philosophies cyniques, surréalistes, les imaginaires de la fête, mais aussi de la terreur, de l'effondrement, de l'apocalypse ou de la prophétie interrogent l'idée d'une utopie où aucun principe d'ordre n'est préétabli. Il faut pouvoir rendre compte de la dimension utopiste de ces pensées révolutionnaires qui, après la rupture et l'éclatement, ne visent pas le retour à l'ordre ; il faut pouvoir penser ces lieux depuis lesquels on rêve à l'épanouissement du pluriel, de l'instable, du complexe, ces présents et futurs où la poétique de l'harmonie laisse place aux esthétiques du désordre.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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S'il est un mode de relations humaines à la fois ineffable et sans arrêt décrit par les écrivains et les artistes, c'est bien celui entre mère et enfant. Quoi de plus clair, quoi de plus universellement éprouvé que l'amour maternel, et pourquoi donc lui consacrer ce volume de la collection « Convergences » ? C'est que l'on peut penser que l'esprit maternel traverse, au moins dans les civilisations dites occidentales, une crise dont les conséquences sur l'avenir de l'humanité - l'expression n'est pas excessive - risquent d'être tragiques. Si la famille « patriarcale » fait place à un couple d'adultes de droits égaux autour desquels gravitent, à plus ou moins grande distance, deux ou trois enfants, si la femme se met au travail par obligation ou volonté d'indépendance, si la campagne en faveur de la régulation des naissances trouve des justifications dans d'apparentes nécessités et de secrets égoïsmes, quelle place peut-on encore faire à l'esprit maternel ? Quels sont ses « motivations » et ses développements sur le plan social comme sur le plan professionnel ?
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.