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Regards obliques s'attache à faire émerger du territoire une parole en écho aux vies passées présentes et à venir ; un espace où les âmes se superposent, errent et espèrent, à mesure que les lieux se transforment et nous transforment tout à la fois. Entre d'anciennes résidences de pouvoir aujourd'hui transformées (la Villa Estevan des Jardins de Métis, le Vieux presbytère de Sainte-Flavie et le Château Landry de Mont-Joli) et une modeste, mais tenace maison d'habitant, les artistes posent leur regard pour faire naître un dialogue avec les traces de ce qui nous précède et un présent qui interroge notre relation à la mémoire.
Les sutures se veut une tentative de capter les dernières lueurs d'un monde au bord du gouffre. On y perçoit d'abord le monologue d'une femme qui s'efforce de livrer avec transparence et délicatesse chacune de ses désillusions et de ses angoisses. En émanent des notes d'atelier, le journal d'une peintre qui s'évertue à dissoudre ses affects dans des paysages énigmatiques et obsédants. Peu à peu, les frontières entre la poésie et la peinture s'amenuisent, s'assemblent dans une seule et même épreuve, ce qui lui permet de transposer son regard sur une société malade où les catastrophes se perçoivent à échelle humaine : désastre écologique, perte de sens, éclatement du lien social. L'artiste et la poète en viennent à évoquer un avenir où l'humain est relégué au second plan et doit laisser place à une nature qui se déchaîne et se rebelle : « pour ne plus feindre l'activité cardiaque nous attendons d'expirer des forêts une partie de ses morts ».