Frontières
Début 2011, première onde de choc dans le monde arabe. Le peuple se révolte pour se libérer du joug des dictateurs. Du Maroc au Yémen, en passant par l'Algérie et la Syrie, les événements se succèdent à un rythme soutenu : fuite du président tunisien Ben Ali, procès de Hosni Moubarak en Égypte, mort de Kadhafi en Libye, démission de Saleh au Yémen... Depuis, les élections libres en Tunisie, en Égypte et au Maroc ont profité aux islamistes. C'est le deuxième choc du « printemps arabe » : ceux qui apparaissaient hier comme des forces rétrogrades sont désormais perçus comme une alternative crédible et, pour les Occidentaux, comme un moindre mal étant donné l'anarchie potentielle et la radicalité des autres forces en présence. Partout, l'avenir inquiète. Pour chacun des 22 pays de la Ligue arabe, l'auteur expose les rapports de force entre les tribus, les islamistes et les militaires. Une vision de l'intérieur absolument unique qui donne les clés pour décrypter l'actualité, particulièrement tragique aujourd'hui.
Début 2011, première onde de choc dans le monde arabe. Le peuple se révolte pour se libérer du joug des dictateurs. Du Maroc au Yémen, en passant par l'Algérie et la Syrie, les événements se succèdent à un rythme soutenu : fuite du président tunisien Ben Ali, procès de Hosni Moubarak en Égypte, mort de Kadhafi en Libye, démission de Saleh au Yémen... Depuis, les élections libres en Tunisie, en Égypte et au Maroc ont profité aux islamistes. C'est le deuxième choc du « printemps arabe » : ceux qui apparaissaient hier comme des forces rétrogrades sont désormais perçus comme une alternative crédible et, pour les Occidentaux, comme un moindre mal étant donné l'anarchie potentielle et la radicalité des autres forces en présence. Partout, l'avenir inquiète. Pour chacun des 22 pays de la Ligue arabe, l'auteur expose les rapports de force entre les tribus, les islamistes et les militaires. Une vision de l'intérieur absolument unique qui donne les clés pour décrypter l'actualité, particulièrement tragique aujourd'hui.
La dernière fois qu'ils se sont vus, il a ramassé des capitules de bardane et il les a lancés sur elle et elle a dit pas sur les cheveux, sois gentil, surtout pas sur les cheveux, ça colle comme une teigne ces machins - là, impossible de s'en défaire. Il ne lui en a pas lancé sur les cheveux. Il riait... Il ne savait pas encore que les rêves durent seulement aussi longtemps que dure la nuit. Et qu'au lever du jour, c'est autre chose qui vient. Quelque chose comme la bardane par exemple.
Je viens des pays pauvres. J'ai vécu. Je n'ai peur de rien. Je suis rentré clandestinement en France et j'ai été arrêté par les flics. J'ai eu du bol soit dit en passant. J'ai pu leur filer entre les doigts. Aujourd'hui, je suis dans un pays où tout le monde peut venir. Sans distinction de races ni de religions. Un pays sans contours. Sans frontières. Le pays de tous les hommes. Moi qui n'ai rien choisi ni rien décidé, j'ai voulu écrire pour dire ce que je pense de la vie et des charters, de la politique mesquine des ministres et des experts, et de notre présence sur terre. Notre présence à nous, les hommes, nous, bâtisseurs de murailles et de frontières, nous, créateurs d'exclusions.
Les copains qui y figuraient me venaient presque tous de l'enfance. Leurs adresses, périmées, dessinaient dans mon esprit le plan d'une ville disparue. Le second répertoire cachait des amis de caverne, de catacombes ; des personnages dont la voix, au bout du fil, sentait l'alcool. Je portais le troisième sur mon coeur, et tâtais souvent la poche de ma veste pour m'assurer qu'il était bien là. Il me servait en cas d'urgence, lorsque les voitures, au milieu des carrefours, me cernaient. Sur le dernier enfin, je n'acceptais que des êtres élus, pour qui j'eusse été prêt à mourir sur-le-champ. Ainsi, je me croyais paré.
Elle n'a pas encore choisi de vivre. Elle a peur de la solitude, de l'ennui, des amours déçues. Alors elle part, confronter le monde extérieur, embrasser les confins guerriers du monde - Liban, Algérie, Rwanda, Soudan : au milieu des conflits du Sud, elle comprend la part belle des choses, le désir acharné de vivre. En route, ils lui ont été transmis, elle les transmet à son tour. Entre carnet de bord et journal intime, Dominique Sigaud oppose la violence du réel à l'âpreté de l'expérience intérieure, sous une plume acérée, à bout portant.
Ses mains coupées, tombées sur ses genoux, en un geste grotesque de prière, le sang jaillissant à jets irréguliers, ses yeux s'agrandiraient à n'en plus finir, sa bouche hurlerait des paroles noires, on en finirait enfin avec le silence, les voix douces et les pas glissés, avec les éloges et les parures, on pourrait déchirer les fleurs et mordre la terre, et refuser... Jeanne, Louise : deux petites filles liées par une enfance secrète et violente, depuis le jour où un vagabond a saccagé le palais qu'elles avaient bâti autour d'une carcasse de cheval, dans un terrain vague en lisière de Paris. De récit en récit, à voix alternées, le destin de ces deux femmes se dessine, se tresse, se déchire à la vie de tous les jours, à la vie rêvée, à l'implacable réalité. Un style extrêmement serré, dense, qui traduit une violence sourde et contenue, celle des sentiments de Jeanne et Louise.
Depuis hier, je suis une héroïne de roman. Dans le lointain, je perçois le bruit du rasoir électrique de Mathieu. Je vais patiemment attendre qu'il ait fini de se raser avant de me jeter sous la douche. Je dois respecter le programme que je me suis fixé hier. Je dois être irréprochable. Quand, dans vingt ans, maman découvrira, par hasard, la vérité au détour d'une conversation, elle devra tomber des nues.
Qu'ils soient Arhuaco, Pumé, Mapuches ou Quechua, les Indiens d'Amérique du Sud subissent le mépris, le racisme et la violence des déplacements forcés, assistent à la déforestation et à la pollution de leurs terres et de leurs fleuves, et sont parfois encore réduits en esclavage dans les propriétés agricoles. Pourtant la lutte s'organise. Les Indiens se regroupent en organisations indigènes et en associations, apprennent à se défendre et à se faire connaître par le biais des médias ou du tourisme solidaire. Leur combat n'est plus celui de leurs ancêtres, contre le conquistador espagnol ou portugais : aujourd'hui, ils affrontent les multinationales et les États pour faire reconnaître leurs droits et leur identité. Une identité qui passe encore et toujours par la terre, qu'il faut reconquérir, respecter, préserver.
Qu'ils soient Arhuaco, Pumé, Mapuches ou Quechua, les Indiens d'Amérique du Sud subissent le mépris, le racisme et la violence des déplacements forcés, assistent à la déforestation et à la pollution de leurs terres et de leurs fleuves, et sont parfois encore réduits en esclavage dans les propriétés agricoles. Pourtant la lutte s'organise. Les Indiens se regroupent en organisations indigènes et en associations, apprennent à se défendre et à se faire connaître par le biais des médias ou du tourisme solidaire. Leur combat n'est plus celui de leurs ancêtres, contre le conquistador espagnol ou portugais : aujourd'hui, ils affrontent les multinationales et les États pour faire reconnaître leurs droits et leur identité. Une identité qui passe encore et toujours par la terre, qu'il faut reconquérir, respecter, préserver.
« Je veux mettre en garde les paysans du monde, les gouvernements et les consommateurs contre l'offensive du système capitaliste financier international qui insidieusement s'empare des meilleures terres et élimine ou marginalise les moins compétitifs, c'est-à dire l'immense majorité des petits et moyens agriculteurs. » Après les industries agroalimentaires et la grande distribution, le système capitaliste mondial investit aujourd'hui la terre agricole. Les très grandes entreprises de production se multiplient dans des pays comme le Brésil, l'Argentine, la Russie et l'Ukraine. Ce phénomène, né il y a vingt ans, touche toutes les régions du monde où les fonds de pensions acquièrent tous les jours de nouvelles terres, sans faire de bruit. En Afrique ou en Asie, des millions d'hommes et de femmes risquent d'être chassés de leurs terres. Est-ce inéluctable ?
« Je veux mettre en garde les paysans du monde, les gouvernements et les consommateurs contre l'offensive du système capitaliste financier international qui insidieusement s'empare des meilleures terres et élimine ou marginalise les moins compétitifs, c'est-à dire l'immense majorité des petits et moyens agriculteurs. » Après les industries agroalimentaires et la grande distribution, le système capitaliste mondial investit aujourd'hui la terre agricole. Les très grandes entreprises de production se multiplient dans des pays comme le Brésil, l'Argentine, la Russie et l'Ukraine. Ce phénomène, né il y a vingt ans, touche toutes les régions du monde où les fonds de pensions acquièrent tous les jours de nouvelles terres, sans faire de bruit. En Afrique ou en Asie, des millions d'hommes et de femmes risquent d'être chassés de leurs terres. Est-ce inéluctable ?
Très nombreux sont les États qui ont ratifié la Convention de Genève de 1951 relative au droit d'asile. Pourtant, les pratiques ne suivent pas : on ne compte plus les épisodes dramatiques aux frontières d'États forteresses, à Sangatte, à Patras en Grèce, à Lampedusa, en Israël... Des murs s'érigent. Dans les discours officiels, les demandeurs d'asile sont de plus en plus assimilés à des criminels. L'Union européenne sous-traite le refoulement des réfugiés comme pour se protéger d'un afflux massif, alors que très majoritairement, les réfugiés fuient dans des pays proches des leurs : Pakistan, Syrie, Soudan... Aujourd'hui, les demandeurs d'asile sont bienvenus... nulle part. Une synthèse unique d'Amnesty International qui formule 10 propositions concrètes pour que le droit d'asile redevienne une réalité.
Très nombreux sont les États qui ont ratifié la Convention de Genève de 1951 relative au droit d'asile. Pourtant, les pratiques ne suivent pas : on ne compte plus les épisodes dramatiques aux frontières d'États forteresses, à Sangatte, à Patras en Grèce, à Lampedusa, en Israël... Des murs s'érigent. Dans les discours officiels, les demandeurs d'asile sont de plus en plus assimilés à des criminels. L'Union européenne sous-traite le refoulement des réfugiés comme pour se protéger d'un afflux massif, alors que très majoritairement, les réfugiés fuient dans des pays proches des leurs : Pakistan, Syrie, Soudan... Aujourd'hui, les demandeurs d'asile sont bienvenus... nulle part. Une synthèse unique d'Amnesty International qui formule 10 propositions concrètes pour que le droit d'asile redevienne une réalité.