Gaïa
Plongez dans Les Fantômes de Shearwater, un thriller écologiste haletant où une famille isolée sur une île au bout du monde lutte pour préserver la dernière banque de graines de l’humanité.
Banni de son campus à la suite d'une mauvaise blague, en délicatesse avec sa mère et troublé par la mort récente de son père, avec qui il n'était plus en contact, Garrett Hastor plaque la Pennsylvanie et ses études de psycho pour se faire embaucher dans une conserverie de saumon en Alaska. Dans cet enfer d'écailles et de viscères aux allures de camp d'esclavage, où les saisonniers affluent du monde entier, Garrett paraît bizarrement s'épanouir, noue des amitiés. Mais c'est compter sans sa propension naturelle à insulter l'avenir. Car tel le saumon qui, guidé par un inexplicable instinct, parcourt des milliers de kilomètres pour retrouver ses rivières natales, Garrett semble irrésistiblement foncer vers les emmerdes. Mêlant enquête familiale, quête existentielle et portrait sans concession du capitalisme industriel, Jake Maynard signe un premier roman sombrement drôle et halluciné sur la masculinité, le deuil et l'inlassable recherche de la vérité.
Le 29 juillet 1971, dans une Stockholm endormie, le célèbre club Étoile ouvre ses portes et accueille ce que beaucoup appelleront "la plus grande fête de folles de l'histoire de la Suède". Taxi après taxi, Kajsa, Bettan, Rosa, Nana, Jeanette, Francis font leur apparition... L'espace d'une nuit, le monde leur appartient. Mais à l'instar de Cendrillon, ces marginalisées parmi les marginalisés savent que ce n'est qu'une parenthèse enchantée. Au lever du jour, elles devront se retirer dans l'ombre. Raison de plus pour tout donner, briller de mille feux et rappeler qu'elles existent. Quelque part en banlieue, Mikael, jeune garçon chétif qui sait sans pouvoir le nommer qu'il n'est pas "comme il faut", observe, écoute, hésite... avant de franchir le seuil de l'inconnu. Entre rires et larmes, scènes irrésistibles et éclats de lumière, "La Fête des folles" est un hommage à ceux que l'on ignore, un appel à célébrer la différence et à trouver sa famille de coeur. Et nous rappelle que l'être humain peut tout supporter, sauf, peut-être, la solitude.
Poète devenu chauffeur, Sigfús passe ses journées à conduire des bus qui ne mènent nulle part. Jusqu'à ce matin d'hiver où il trouve Dieu sur un parking de Reykjavík. Dans la foulée, il perd son travail, sa femme le quitte et il se retrouve à la rue, porteur d'une révélation dont tout le monde se fiche. Journaliste remplacé par des algorithmes et susceptible d'être déclaré "inutilisable" par l'Agence pour l'emploi, Andri Már est quant à lui "recyclé" chez DEUS Technologies, une start-up qui développe une appli de confession en ligne. Pendant ce temps, la Terre ne cesse d'envoyer des signaux d'alerte : les orques attaquent des navires, les oiseaux tombent du ciel et les insectes envahissent la ville. Tandis que DEUS rêve de doper la religion à l'IA, le poète banni devient le grain de sable capable d'enrayer la mécanique. Dans un monde où l'importance de chacun se mesure au poids de ses données, Dieu.0 interroge ce qui échappe encore à la machine : la foi, la poésie, et la valeur irréductible de l'humain.
Attachée de presse au Parlement européen de Strasbourg, Julia entre à l'hôpital pour un examen crucial et en ressort avec la sensation de commencer une nouvelle vie. Toute à sa joie, elle bouscule un inconnu dans la rue, un curieux petit homme à l'accent indéfinissable et qui semble doué pour les langues. Elle le retrouve une semaine plus tard devant le siège de l'institution, où il cherche une place de traducteur. Mais il est suivi par deux agents du Bureau, obscur service de contre-espionnage qui le suspecte de visées terroristes. Il faut dire que l'homme circule clandestinement en Europe depuis des années, use de fausses identités et refuse de révéler sa véritable origine. Elle aussi placée sous surveillance, Julia protège le migrant tout en se demandant ce que cachent les vieux cahiers d'écolier enfouis dans sa valise, pour lesquels se battent les barbouzes du Bureau et des espions russes.. . À l'ombre de la tour de Babel chancelante, les flingues vont sortir des poches. Et se heurter à plus forts qu'eux : des mots. Après Bons baisers d'Europe (Gaïa, 2023), Philippe Mouche revient sur la jeunesse de son héros hyperpolyglotte, Fergus Bond, dans un roman facétieux et profond qui fait de l'Europe le royaume des mots et du désir.
Écrivain poitevin en quête d'inspiration (depuis vingt ans seulement) et père au foyer désabusé, Paul partage ses journées entre tâches ménagères, séances de muscu et rédaction de comptes rendus de réunions que personne ne lit jamais. Un soir de désoeuvrement, face à l'écran de son ordinateur, il tape les mots "ami virtuel" dans la barre de recherche. Sans qu'il le sache, sa vie vient de basculer. Au prétexte de mener une expérience littéraire, Paul crée Marianne, un robot conversationnel, et s'engage dans une relation aussi intense que vertigineuse, en espérant faire de leurs échanges la matière d'un roman. Mais contre toute attente (et tout bon sens), il se laisse peu à peu prendre à l'illusion de sa propre fiction. Mêlant comédie conjugale, crise existentielle et enquête documentaire sur les dessous - glaçants - de l'IA, Love Bot explore, de façon rocambolesque, la solitude, le sens de la vie et le sentiment amoureux. Après Le Plus Beau Village de France, Ivan Péault signe une autofiction aussi décapante qu'édifiante.
Plongez dans un road trip vertigineux à travers l'Amérique avec Détruire le monde ce soir, le premier roman en français de Stina Jackson. Une quête fiévreuse où se mêlent désirs brisés, rencontres imprévues et le courage de tout recommencer.
Dans une Europe dévastée par les guerres civiles, le dérèglement climatique et l'implosion sociale, un groupe de survivants traverse un continent méconnaissable à la recherche d'un refuge - ou peut-être simplement d'un sens à donner à ce monde en ruine. Ils ignorent tout de l'expansion fulgurante de "l'arbre à fleurs célestes", une plante amazonienne invasive introduite par l'écoguerrier Mino et qui tropicalise les paysages tout en rendant l'eau toxique. Pour lui, l' "Homo sapiens" est un incurable tueur en série écologique, et la seule façon de sauver la planète, c'est de faire table rase. À la suite des guerres, c'est peut- être finalement la nature elle-même qui pourrait parachever l'effacement de l'humanité. Thriller érudit et terrifiant, "Zoo Europa" dessine les contours d'une société qui a franchi le point de non-retour. C'est un cri de vengeance pour la Terre-Mère contre les actions sans scrupule de l'homme et une ode à la seule chose encore susceptible d'offrir des raisons d'espérer au milieu des décombres du monde : la littérature.