Histoire générale des systèmes politi
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Comment définir le concept d'empire ? L'espace constitue la marque distinctive de l'empire par rapport au royaume. Cet espace est organisé, l'empire est centralisé et unifié, les peuples sont soumis. L'armature politique et fiscale est essentielle, le droit prime la langue et la religion. L'empire est fondé sur une civilisation universelle et unique. Mais l'empire est inéluctablement voué à la mort, lente, par une décadence de l'autorité et des moeurs, brutale, due à l'ennemi extérieur, rival ou barbare. En Occident, il n'est pas d'empire sans référence à l'Empire romain. Il n'y a en définitive qu'un Empire, celui de Rome.
La monarchie, système originel et sacré, jouit de qualités structurelles dont témoignent sa durée millénaire, ses capacités d'adaptation, son extraordinaire polymorphisme et ses expansions à travers les âges et les civilisations. Peut-être le plus durable des systèmes politiques, les monarchies engendrent des coutumes, des textes qui maintiennent une certitude quant au droit de souveraineté, une légitimité imperturbable, éliminant ou réduisant les crises de succession. La monarchie se révèle aussi, au cours de l'Histoire, protéiforme, susceptible de transformations considérables au gré des temps et des moeurs. Elle est un régime évident, intemporel, s'imposant dans toutes les langues, dans tous les imaginaires comme référence du pouvoir.
Comment ce système politique est-il perçu par les contemporains ? Car représentations collectives et imaginaires sociaux s'entremêlent et leur analyse est déterminante pour l'historien aussi bien que pour le politologue. « Copyright Electre »
« Un système politique et social n'a ni plus ni moins à être féodal que tel autre, lui aussi défini par sa structure principale, ne sera "impérial" ou "monarchique", voire "capitaliste". L'illusion de la cohérence totale du modèle aménerait à ne plus voir les contradictions au sein de la société décrite. Tout n'était pas féodal dans les pays d'Extrême Occident au Moyen Âge. À l'inverse, des fiefs ou des quasi-fiefs peuvent se trouver dans des systèmes impériaux ou monarchiques. En fait on trouve aisément des formes juridiques féodales dans divers systèmes de gouvernement. Prise ainsi, la féodalité est presque de tous les temps et Ganshof qui avait fait le choix du "juridisme" (dans un livre qui fit date Qu'est-ce-que la féodalité ?) s'était aperçu de la difficulté. Ce qui permet de parler de système féodal, c'est le développement remarquable de ces formes et leur domination. Bien des sociétés malgré l'existence de telles ou telles institutions à peu près identiques au fief ou au vasselage des XI - XIII èmes siècles ouest-européens, ne peuvent être considérées comme féodales parce que la place qu'y tiennent ces éléments féodaux est secondaire dans le fonctionnement du système global. Et cela même quand ces éléments inexistants ou marginaux dans la plupart des secteurs sociaux ou géographiques, sont déjà essentiels dans l'un d'eux, où l'on pourra parler de proto-féodalité.Notre projet sera d'envisager comment des institutions fondées sur le fief ont pu être développées par tel ou tel groupe social au point de prétendre réguler l'ensemble de la société, de montrer aussi comment, par qui, et pourquoi elles ont été combattues et comment elles ont décliné. Pour essayer de vérifier la pertinence des éléments et du modèle à travers des avatars multiples, l'analyse devait partir de l'Occident, inventeur présumé de la féodalité, pour aller vers l'Orient, berceau des premiers systèmes étatiques et légaux. » Fin de l'introduction générale