Hypothèses
Ce livre propose, au travers de la personnalité et du destin d'André Gide, une subversion de cet étrange concept clinico-moralisateur qu'est la perversion, en se mettant à la leçon de cet immense écrivain. On y trouvera donc, en accord avec l'esprit de cette collection, des hypothèses sur le désir et les fantasmes inconscients de Gide, ses signifiants majeurs, les singularités de sa structure. Et, par voie de retour, l'inscription de la perversion dans la problématique bien plus vaste de l'agir, au sens freudien du terme, et dans la clinique de la métaphore paternelle, telle que Lacan l'a définie. On y tentera également, à la lumière de l'idiome gidien, d'interroger la connexion essentielle entre la structure psychique et son temps logique.
Ce livre entraîne le lecteur - habitué des ouvrages de sciences humaines - dans une aventure plutôt jubilante. Tout d'abord, il va - sans retenue - fouiller là où cela fait mal, en vue d'exhumer le point critique, où les maîtres de l'époque structuraliste (Lacan, Benveniste Jakobson, Lévi-Strauss...) se sont mis à bégayer. Ils n'auraient pas bégayé n'importe où, mais au moment exact de produire un savoir décisif sur la langue ! De là, aurait pu se monter une de ces rituelles entreprises d'extermination de « fausses » sciences. Mais, loin de récuser ce point instable et de l'imputer à nos aînés comme une regrettable erreur théorique, ce livre en fait le point d'appui d'une facétieuse traversée diagonale des sciences humaines où l'on rencontre... le stade du miroir, les paradoxes de l'auto-référence, l'objet a - de la théologie négative - l'Unheimliche (« l'inquiétante étrangeté » de Freud), la logique illogique du mythe, la forme auto-subversive de la promesse, la figure de l'hystérologie, et bien d'autres étrangetés. Deux compères, Logos et Sogol, mènent la danse ; l'un retient et logicise, pendant que l'autre renverse les propositions et pousse au paradoxe. Et il apparaît, chemin faisant, que les sciences humaines, là où elles se nouent entre inconscient, récit et énonciation, pourraient bien n'être concevables qu'autour de cette part mal dite, inéliminable grain de folie - ou de sable - qu'on ne cesse de vouloir rejeter. Il s'agirait - au bout du compte - de figurer ce à quoi pourraient ressembler des sciences humaines prenant au sérieux la division du sujet...
La question qui est au coeur du livre est la suivante : comment nous formons-nous nos opinions ? Pourquoi partageons-nous telle ou telle valeur ou croyance ? Le recours à la psychanalyse, au croisement avec l'anthropologie de la parole et du débat, permet d'y répondre concrètement. Philippe Breton propose une approche transversale en liant la psychanalyse et l'anthropologie de la parole pour éclairer la genèse de nos convictions. Un éclairage original qui dépasse le simple cadre de la sociologie politique pour explorer l'intime. L'ouvrage analyse comment la capacité à débattre et à forger des avis "souples" agit comme un régulateur de nos pulsions archaïques. Une réflexion essentielle sur la fonction civilisatrice du dialogue dans une société sous tension.
Une des grandes découvertes du XXe siècle a été celle de l'inconscient freudien et des pratiques autour de la clinique psychanalytique. Jacques Lacan a - entre autres - donné une consistance scientifique au discours psychanalytique avec la spécificité des fonctions du psychanalyste. Quelle est aujourd'hui la place du champ analytique dans notre monde ? Que sont devenues les visées de la psychanalyse et ses différentes utilisations thérapeutiques ? Ses spécificités ont-elles été respectées dans les combats sociétaux actuels ? Jean-Richard Freymann développe les « finalités » de la cure analytique chez Freud, chez Lacan et chez nombre d'éminents psychanalystes. Il les distingue de la fin de l'analyse qui se joue souvent longtemps après la cure et où se mettent au défi les capacités de créativité, la virtualité des sublimations et un rapport à l'Autre et au monde rendant supportable le destin humain.
L'acte est à la fois le reflet de la structure de la psyché et le témoin de l'évolution du contexte discursif. Plus la société va dans le sens du totalitarisme, plus le passage à l'acte fait fétiche. L'acte interprété comme un temps d'arrêt de la symbolisation est interrogé à partir des tensions sociales, de l'ancrage symbolique, du défaut d'imagination et de la certitude délirante. Dans cet essai, support d'un enseignement donné aux étudiants en psychologie et psychiatrie de Strasbourg, Jean-Richard Freymann réintroduit la dimension clinique qui a disparu de l'université. Son objectif est de donner quelques clés de compréhension de l'acte : définitions, concepts, repères qui introduisent des aspects philosophiques et politiques. L'acte est interrogé à partir d'observations précises : le crime des soeurs Papin, celui d'Althusser, du caporal Lortie. La question du rapport entre l'acte et le fantasme, entendu comme scénario inconscient qui anime le sujet, permet d'aborder ce qu'il en est de l'acte pour tout un chacun. L'acte vient-il obligatoirement à la place de la parole ? L'acte est-il une échappée à la parole ? A-t-il un sens ?
Demain, c'est la Toussaint. La narratrice, psychanalyste à l'hôpital psychiatrique, vient d'apprendre la mort par overdose d'un de ses patients psychotiques. Découragée, elle s'en veut et en veut à la psychanalyse de cet échec. Tentée d'abandonner son travail, elle y retourne néanmoins « à reculons ». Débute alors un étrange voyage où des personnages surgis du passé, fous du Moyen-Âge, acteurs des Sotties Mère Folle se mêlent aux malades de l'hôpital, mais aussi à de grands penseurs comme Erasme, René Thom, Artaud, Wittgenstein ou Schrdinger avec qui elle engage des dialogues imaginaires. Cette traversée dialogique, qui est aussi un retour vers son propre passé, la rend capable de recevoir et mettre en actes les enseignements de Gaetano Benedetti à qui elle rend visite à Bâle pendant le Carnaval. Il lui conseille de s'immerger dans le délire de ses patients afin de devenir leur égal fraternel et de leur ménager un espace auxiliaire où pourront être rendues conscientes les « aires catastrophiques » constitutives de leur folie. Le traitement possible de la psychose est à ce prix. Dans le contexte actuel de guerre et de pandémie, la réédition de Mère Folle qui met en scène la rencontre anachronique des Fous d'un théâtre politique très populaire en Europe après la Grande Peste et la Guerre de Cent ans avec ceux des asiles où l'auteur a travaillé comme analyste pendant trente ans, se révèle particulièrement précieuse.
Cet ouvrage, paru en 1989 chez Denoël, est considéré comme un «classique» de l'enseignement de la psychanalyse. L'auteur y propose une mise en perspective clinique qui l'amène à réinterroger les liens actuels de la psychiatrie et de la psychanalyse, le devenir de l'hystérie, les aléas du transfert, le sort de nos amours et l'avenir de nos théories dans leur confrontation avec la pratique quotidienne. A chaque fois, selon son style inimitable, Lucien Israël privilégie la parole qui nous éveille à nous-même. Lucien Israël (1925-1996) était professeur de psychiatrie, chef de service au centre hospitalier universitaire de Strabourg et psychanalyste.
Il est d'usage d'opposer la philosophie et la psychanalyse. L'ambition de ce livre est de montrer que cette apparente incompatibilité semble relier les deux disciplines au niveau même de leur incomplétude, comme si chacune était très précisément en manque de l'autre. À partir de son expérience clinique, Jean-Marie Jadin montre que la pratique analytique développe des idées particulières concernant les questions traditionnelles que se posent les philosophes. Et en retour, il éclaire certaines données de la théorie psychanalytique en déplaçant le centre de gravité vers la manière qu'a la philosophie de les traiter. Avec cette vision double, un certain relief sera donné aux thèmes classiques de la philosophie que sont la parole, le temps, la conscience, ou aux moins classiques, comme l'analogie, la perte, la triade de l'imaginaire, du symbolique et du réel, et enfin l'inadaptation de l'homme au monde. Jean-Marie Jadin philosophe en psychanalyste sur les processus qui créent l'inconscient : la condensation et le déplacement. Toutes ces questions formulées dans un langage accessible sont illustrées par de nombreux exemples cliniques.
L'angoisse est un étau qui affecte le corps de haut en bas. Elle serre la gorge, étreint la poitrine, contracte l'estomac, paralyse les jambes. Celui qui l'éprouve n'a pas de mots et pas d'images pour en rendre compte. Elle est la plus universelle conjonction du corps et de l'esprit, ce qui interroge le philosophe et pose un des problèmes les plus ardus à la psychanalyse dans sa pratique et dans sa théorie. Dans cette étude très complète, Jean-Marie Jadin propose un nouvel examen de l'angoisse, cet affect universel auquel nul humain ne saurait échapper. Il fait usage des outils théoriques de Freud et de Lacan, puise ses sources également du côté de l'astrophysique, de la peinture, de la littérature fantastique et bien évidemment de la philosophie avec Heidegger, Kierkegaard et Aristote, pour avancer des hypothèses personnelles nourries de nombreux exemples cliniques.
En prenant pour cible les idéaux de la société contemporaine (racisme, sexothérapies, condition-nements...), l'auteur situe en opposition le message de l'hystérique et les effets possibles du clivage du sujet. Il va écouter le pervers raté , celui qui est trahi par la composante de névrose qu'il recèle, et différencier trois positions structurales. A partir de l'histoire de René, l'auteur précise la place de l'ennui et de la tristesse chez l'enfant et les effets du désir de la mère dans la création du fantasme et la production de la folie. Une réédition des deux premiers séminaires de l'auteur.
Dans ce nouveau séminaire, Jean-Richard Freymann poursuit son exploration subversive de la clinique analytique, à partir de l'idée que les praxis avec l'inconscient renouvellent toutes les pratiques du colloque singulier. À regarder de près dans la cure analytique, il montre que l'inconscient est bâti sur un tissu complexe de mécanismes : le refoulement, la sublimation, l'idéalisation, la forclusion, le déni, la conversion... Il développe l'hypothèse personnelle que « chaque sujet est porteur de tous les mécanismes psychiques même s'il existe chez chaque être parlant un mécanisme prépondérant ». Les frontières entre les tableaux cliniques sont ainsi questionnées dans un retour à Freud pour interroger Freud avec Lacan mais aussi Lacan avec Freud. Témoignant de la vitalité de « l'école de Strasbourg », Jean Richard Freymann propose au lecteur un cheminement dans l'histoire de la psychanalyse, à la fois classique et moderne, pour découvrir une sorte de tresse de dynamiques psychiques qui traversent chaque être parlant.
Cet ouvrage répond à une nécessité contemporaine : à la dominance techno-scientiste de la médecine et au dogmatisme de nombre d'Écoles de psychanalyse, l'auteur oppose la subversion de la clinique psychanalytique. Jean-Richard Freymann reprend tous les tableaux cliniques à l'aune de la conflictualité du discours, pour essayer de rendre compte des enseignements de la pratique. En suivant l'ancienne nosographie, il saisit l'occasion d'un débat avec la psychiatrie d'aujourd'hui pour interroger les limites de nos classifications et ce qu'elles peuvent avoir de précaire. Chaque chapitre est organisé autour d'une question à partir de laquelle il revient aux fondamentaux en s'appuyant sur la clinique contemporaine. Il s'interroge sur la place de l'inconscient freudien aujourd'hui, malmenée par le discours dominant des DSM, et les conséquences que cela provoque méthodologiquement, culturellement, et dans la formation des nouveaux « cliniciens ».
Il s'agit, pour ces deux enseignants, de mettre en place les grandes entités cliniques autour des névroses, des psychoses et des perversions. Véritable outil de formation professionnelle pour tous les psys, cet ouvrage propose de nouvelles voies thérapeutiques à partir de la lecture psychanalytique. Sont mis en valeur les effets de la cure psychanalytique non seulement sur les névroses mais aussi sur les psychoses et dans le cas de scénarios pervers et s'ouvrent ainsi de nouvelles questions par rapport à la clinique, notamment psychiatrique.
Repenser l'amour aujourd'hui est-ce un anachronisme ? Le rapport entre l'Amour et le Transfert reste une des questions centrales de la psychanalyse qui concerne aussi bien sa pratique que sa théorie. Sait-on que c'est par le biais du transfert analytique que résident la plupart des guérisons psychiques ? En effet, continuer à vivre c'est souvent la gageure d'un transfert dont les composantes mettent en lumière, « mehr Licht », l'inconscient et les mécanismes psychiques. Dans ce troisième volet de son triptyque clinique - après L'inconscient pour quoi faire (érès, 2018), Les mécanismes psychiques de l'insconscient (érès, 2019) -, Jean-Richard Freymann met en chantier les rapports entre les différentes formes de l'amour et les portées inouïes du transfert sur le plan thérapeutique et sur le plan analytique. Dans le monde contemporain, la dialectique Amour et Transfert prend de nouvelles formes singulières. Que peut-on faire aujourd'hui de la bisexualité fondamentale de l'être parlant ? Et comment comprendre chez les « psys » cet amour des formes de transfert ?
L'expression « Entretiens préliminaires » peut induire en erreur. La qualification de « préliminaire » pourrait signifier qu'il s'agit d'une préparation à une autre chose considérée comme plus importante. Il n'en est rien. Au contraire, nous avons là le marchepied qui permet de pénétrer dans la cure analytique. C'est souvent l'échec ou le succès de ce premier temps qui va conditionner l'entrée dans le discours analytique. À quel moment peut-on se dispenser de la position de face à face pour passer sur le divan ? Quelles sont les conditions de ce passage du langage commun à la situation analytique, où ce n'est plus à l'alter ego que l'on s'adresse mais à un lieu Autre qui peut devenir constituant ? Les auteurs, psychanalystes confirmés, apportent leurs témoignages et leurs élaborations sur ce premier temps délicat où se décident les indications et les contre-indications à la psychanalyse. Ils montrent en quoi ces entretiens, qui se différencient des entretiens médicaux, des psychothérapies, des approches psychologiques, constituent une introduction à la logique de l'inconscient.
D'une langue à l'autre, d'une culture à l'autre, la question des Désirs et sexualités connaîtrait-elle un destin différent ? Des psychanalystes issus de différents horizons en débattent. Tout comme les désirs et les pratiques sexuelles appartiennent à une époque et s'inscrivent dans des discours, il n'est pas indifférent d'être psychanalyste à Paris, à Rabat ou au Caire et de rendre compte de sa pratique. On trouvera dans cet ouvrage des témoignages essentiels de psychanalystes sur des questions telles que l'étude des racines linguistiques du langage sacré, les termes refoulés du côté du désir et de l'amour, les significations historiques de la peur du féminin, le poids des traditions et des rituels, l'influence du politique, de l'héritage colonial et du bilinguisme... Jalil Bennani est psychiatre et psychanalyste à Rabat. Il est cofondateur et président du Cercle psychanalytique marocain. Il est notamment l'auteur de : Le corps suspect (Galilée, 1980), Le temps des ados (avec Alain Braconnier, Le Fennec, 2002), Psychanalyse en terre d'islam (Arcanes-érès, 2008), Traces et paroles (avec Mohammed Kacimi, Al Manar, 2008). Il est membre de la Fédération européenne de psychanalyse et de l'École psychanalytique de Strasbourg (FEDEPSY). Bertrand Piret est psychiatre, psychanalyste à Strasbourg, membre de la Fédération européenne de psychanalyse et de l'École psychanalytique de Strasbourg (FEDEPSY), président de l'association « Parole sans frontière ».
L'auteur effectue une lecture originale de l'oeuvre lacanienne à travers de la notion de « réseau » en mettant au jour des liens inédits avec l'oeuvre freudienne. Cet ouvrage revient sur les points communs des oeuvres de Lacan et de Freud et sur leurs différences, au moyen d'une approche inédite fondée sur le concept de « réseau ». Il y apporte ainsi des éléments de réponse à une question qui agite la communauté des chercheurs en psychologie, psychanalyse et des psychanalystes, sur la nature du « passage » de Freud à Lacan, c'est-à-dire sur le statut de la relecture effectuée par Lacan.
De l'asile à la psychiatrie en secteur, voici un récit de voyage en terre de psychiatrie, contrée semée d'embûches, de mensonges et de lâchetés « trop humaines » où se joue le vrai drame de la folie. Tout au long de son parcours de psychiatre, l'auteur voulut avec beaucoup de conviction faire évoluer les soins proposés aux patients, guidé par un attachement profond à la psychanalyse. Son témoignage croise l'histoire de la psychiatrie strasbourgeoise et de ses acteurs (Théophile Kammerer, René Ebtinger, Lucien Israël notamment) et interroge le devenir de cette spécialité.
Cet ouvrage témoigne d'une tresse, celle de la naissance d'un clinicien de génie, ivre de culture, toujours en quête de l'hystérisation du discours. Cet ouvrage comporte des textes majeurs de Lucien Israël, inédits (ou épuisés). Dans ces écrits cliniques très actuels et riches d'enseignement(s), il se révèle en tant qu'homme et en tant que praticien de la psychanalyse. Toute personne ayant quelque lien avec la psychanalyse y trouvera matière à émerveillement et questionnement.
L'auteur propose ici une théorie claire des concepts de Lacan issus de plusieurs périodes de son enseignement combinée à une clinique extrêmement fouillée de trois délires chroniques, qui furent aussi trois destins tragiques. Il en note les analogies et les différences. Si le premier, celui d'Elise Sauveur, est issu de la pratique de l'auteur, le second n'est autre que le délire de Daniel Paul Schreber, abondamment commenté par Freud et Lacan, et le troisième celui de Marguerite Anzieu, la mère du célèbre psychanalyste Didier Anzieu, dont le cas fit l'objet de la thèse de médecine de Lacan. Ils proviennent de la réécriture de trois exposés où un délire avait été scruté avec un outil théorique chaque fois différent, toujours issu de l'enseignement de Lacan. La relecture après coup en propose une synthèse. Jean-Marie Jadin est psychanalyste et psychiatre à Mulhouse.
L'enseignement de Lucien Israël permet de suivre le cheminement qui l'a mené de la neurologie à la psychanalyse et à sa transmission. En s'adressant aux médecins, il poursuit l'objectif, nettement exprimé, de subvertir l'Ordre Médical en y restituant la place légitime du « désir ». Ce livre présente chronologiquement un choix de textes, publiés dans des revues spécialisées aujourd'hui introuvables, qui mènent de la médecine à la psychanalyse en passant par la psychosomatique, encadré d'un travail éditorial rigoureux de présentation et de commentaires.Les différents articles restituent, autant que faire se peut, la vie même de son discours, en train de se déployer, une parole vivante d'un psychanalyste loin du jargon, si souvent rébarbatif pour celui qui n'est pas du sérail. Lucien Israël était médecin, psychanalyste à Strasbourg.
Trois pays représentent les pionniers de la psychanalyse dans le monde arabe et islamique : l'Egypte, le Liban et le Maroc. Dans ces pays, des sociétés psychanalytiques existent. L'introduction de la psychanalyse est liée à l'histoire de chaque pays, au contexte sociopolitique et aux individus qui s'y impliquent. Cet ouvrage constitue la première histoire de la psychanalyse au Maghreb et tout particulièrement au Maroc. Grâce au récit d'un passé commun au Maghreb et à la France, et à l'analyse qu'il nous en livre, il apporte un éclairage actuel sur ces sociétés, en rupture avec les représentations traditionnelles. Jalil Bennani est psychiatre et psychanalyste à Rabat, président de la Société psychanalytique marocaine.
Entre individualisme et traitement des masses, le travail de groupe éclaire les nouages singuliers et universels de l'humanité. Les difficultés des uns peuvent trouver une solution grâce aux autres à condition qu'un cadre référencé éclaire les processus psychiques en exercices. Bien au-delà de la simple socialisation, le sociodrame à l'instar du psychodrame peut permettre un travail symbolique et imaginaire sous le couvert d'une expression ludique qui sollicite également le corps dans son mouvement. L'auteur témoigne notamment de son expérience auprès d'adolescents délinquants en institutions. Liliane Godsztaub est docteur en psychologie, maître de conférences en psychopathologie clinique à l'université Louis Pasteur de Strasbourg. Psychologue clinicienne et psychanalyste, elle a démarré son activité professionnelle comme éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse.
Après avoir introduit la notion d'Amer-amour à partir des poètes pour mettre l'amour à l'épreuve de la cure analytique tant sur le plan de la genèse du transfert que sur l'évolution de la demande d'amour, l'auteur, dans ce nouveau séminaire, l'articule avec la violence, la haine, les effets du ravage, l'agressivité et plus spécifiquement la frérocité à entendre au sens de l'effet des rivalités oedipiennes et de ce qui joue de l'inscription symbolique dans un groupe humain. Comment penser le triptyque fraternité, frérocité, fraterniser ? Jean-Richard Freymann est psychanalyste (Strasbourg).
En traversant plusieurs moments fondateurs de la clinique aliéniste, psychiatrique et psychanalytique, l'auteur définit la part qui revient au regard, à la voix, au verbe, à l'entendement dans l'écoute clinique. Et il démontre qu'entre écouter et entendre persiste un écart toujours singulier à élaborer à partir du désir de savoir.
Préface de Marcel Ritter Jean-Richard Freymann nous invite à un retour aux sources, aux fondements de la clinique psychanalytique. Cet ouvrage, profondément ancré dans un travail de recherche à partir de la théorie lacanienne, redéfinit la portée de la clinique psychanalytique par rapport à toutes les psychopathologies, donne des voies thérapeutiques. Il constitue un outil de formation incontournable pour tous les psys, quelle que soit leur obédience technique.
Le rêve remet en marche une pensée figée par la jouissance. En partant de la clinique du rêve, l'auteur tente de produire une avancée sur la pulsion et dégage une voie nouvelle pour la cure analytique des psychoses. C'est à partir de la rencontre avec un analysant psychotique, en institution, que l'auteur expose un trajet, celui de l'expérience de l'inconscient. Ainsi cet ouvrage part de la clinique pour tenter, à partir des concepts freudiens et lacaniens mais parfois aussi kleiniens, d'affûter les outils qui permettent de penser ce qui se joue, dans cette zone indécise entre corps et langue où oeuvre la pulsion. Dominique Boukhabza est psychanalyste à Marseille. Elle est ancien psychiatre des Hôpitaux. Mise en vente le 6 septembre 2012
On peut souhaiter que le psychanalyste ait assez de culot non seulement pour mettre le politique à l'épreuve de la psychanalyse, mais aussi pour mettre la psychanalyse à l'épreuve du politique. Pour cela, la mise en tension avec la philosophie s'impose. Travaillant à l'intersection de la philosophie et de la psychanalyse, cet ouvrage les appelle à une confrontation réciproque sur différents problèmes éthiques, politiques, esthétiques... qui leur sont communs, sur des concepts aussi essentiels que ceux de pulsion, d'angoisse, de semblant..., sur les questions de l'université, de la langue, de l'exclusion sociale... Agrégé de l'université, docteur en philosophie, Bernard Baas a enseigné en classe de khâgne à Strasbourg.
L'auteur analyse ici la façon dont l'adolescent construit son lien aux autres, aux objets et à lui-même en fonction des discours modernes sur la place de l'individu dans le monde. A partir de sa pratique, il envisage les nouvelles expressions psychopathologiques de l'adolescence ainsi que leur sens pour l'avenir du sujet et de ses liens aux autres. Trois grands domaines sont étudiés : le rapport à l'espace et l'envahissement de l'espace public par les jeunes ; le rapport aux jouissances extrêmes (toxiques et violentes) ; le rapport à l'autre dans le lien sexuel.A chaque fois, l'auteur pose la question de l'articulation entre sychopathologie comme expression individuelle et inscription dans le lien social comme conséquence et suite de l'éducation et de la transmission intergénérationnelle. Serge Lesourd est psychanalyste, professeur de psychologie clinique à l'université Louis Pasteur de Strasbourg.
La vie amoureuse est au coeur de la psychanalyse, mais son approche accorde habituellement la première place au désir et au manque, ne laissant au plaisir que la portion congrue. Pourtant, la notion de « gain de plaisir » avait surgi sous la plume de Freud au temps de ses premières découvertes, associée au mécanisme du plaisir préliminaire. Il en avait même fait un principe, sous la domination duquel il avait placé non seulement les préliminaires amoureux, mais le jeu de l'enfant, le mot d'esprit, la création poétique, le théâtre... L'auteur parcourt les itinéraires de la confrontation au désir qui, entre plaisir et jouissance, est vécu par le sujet sur le mode de l'altérité radicale. Michel Constantopoulos est psychanalyste à Strasbourg.
Préface de Michel Patris À partir de fictions cliniques, Jean-Richard Freymann va mettre au travail ces trois opérateurs : passe, impair (un père) et manque, montrant que ces trois concepts « en roulette » peuvent se conjuguer topologiquement de différentes manières. Pour lui, la question du père reste au centre des névroses, des psychoses et des perversions, comme en témoignent les nombreuses vignettes cliniques, rhétoriques, épistémologiques, bibliques, s'appuyant sur J. W. Goethe, F. Kafka, S. Freud, J.Lacan qui étayent son propos. Le rêve du névrosé est-il de faire paire avec le père ? La fonction paternelle échappe-t-elle au réel, au symbolique, à l'imaginaire ? Père et manque, même combat ? Jean-Richard Freymann est psychanalyste, psychiatre, président de la FEDEPSY, chargé de cours à l'université Louis Pasteur de Strasbourg, directeur scientifique des éditions Arcanes. Michel Patris est professeur de psychiatrie, psychanalyste, chef de service au CHRU de Strasbourg.
Freud rejoindrait-il Erasme quand il dit que la cure analytique vise à « retrouver l'amour refoulé » et à permettre à « la voix de l'intellect d'être entendue après des rebuffades répétées et innombrables » ? A la lumière de sa clinique, il reconnaît l'antériorité de la haine sur l'amour, mais aussi l'effort que nous avons à faire pour témoigner que l'altérité est notre destin ! Il s'agit bien de vivre avec autrui... ou de le tuer ! Les « lunettes de Freud » sont remarquables pour faire lecture de notre déculturation actuelle, pour retrouver les bases d'une éthique respectueuse du fait humain, face à la faiblesse de la logique marchande, et pour prendre conscience du narcissisme infini qui nous détourne de la préoccupation d'autrui. Charlotte Herfray, psychanalyste, a été enseignante et chercheuse à l'Université Louis Pasteur de Strasbourg.