Le Temps et les mots
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« Dans la mort, je ne meurs pas, c'est le temps qui meurt en moi. » Ces mots de José Echeverria, cités par Jean Chevalier, indiquent ce que pourrait être la conclusion de cette passionnante enquête sur l'au-delà. Ainsi que Jean Chevalier le met en évidence, les révélations des religions, les pensées des philosophes, des rationalistes et des savants convergent vers cette assurance : la mort ne se comprend qu'en relation avec la vie, elle s'inscrit dans la relativité complexe de l'univers.
L'amour sublime est un dépassement de la réalité de l'acte amoureux. S'intégrant aux forces cosmiques, il donne au temps de l'étreinte une dimension d'éternité. Il pourrait s'agir de l'amour fou si nous n'étions pas conviés à aller plus loin. Vers une véritable fusion de l'un dans l'autre. Les mythes, porteurs de vérités essentielles, nous le proposent en idéal. Ils indiquent que les dieux du commencement étaient androgynes. Dans l'univers, un et un faisaient un. L'unité était antérieure à toute chose. Et comme les dieux, les premières créatures humaines étaient doubles : homme et femme à la fois. La séparation en deux sexes a été une punition divine. Depuis, chaque homme et chaque femme possède dans son inconscient le désir de l'unité perdue. L'union sexuelle ainsi réalisée dans « une certaine disposition essentielle de l'esprit » permet le retour à la condition première. La conscience individuelle se fond dans la conscience universelle. Des rituels sumériens à Tristan et Iseult, L'Amour sublime invite à un véritable voyage initiatique pour une transcendance de l'amour sexuel. Afin que l'étreinte atteignant à l'extase « témoigne de l'incorruptible essence du divin ». L'amour est ainsi affirmé comme la loi suprême du monde.